c'est pas moi je l'jure!

flagrant délire

Mortecouille le bordel!!!! C’est inimaginable, je ne vois même pas comment les universités canadiennes peuvent se sortir de ce merdier, et je suis TRES heureuse de ne plus devoir enseigner à partir de septembre!

Quand j’ai parlé au mec de Kingston en février, je lui ai demandé s’ils allaient reprendre les cours en présentiel en septembre. Il m’a répondu que, comme toutes les autres universités canadiennes, ils attendaient de voir ce que les autres universités canadiennes allaient décider, avant de prendre leur décision! Et là, ça y est, la Colombie Britannique a jeté les dés et décidé que toutes leurs universités allaient reprendre en présentiel en septembre!

Ici, avec la peur des variants, les problèmes de manques de vaccins, et l’arrivée d’un été rempli d’inconnues, il est encore difficile de prendre une décision, mais la pression est énorme, parce qu’on ne veut pas faire “moins bien” que “les autres” et donc on reçoit plein de messages contradictoires! Certains disent qu’il serait difficile de forcer tout le monde à reprendre en présentiel à 100% et qu’on risque de devoir repasser en distanciel au milieu du semestre. D’autres pensent que les vaccins feront des miracles d’ici septembre et que de toutes les manières, si BC le fait, on est obligés de le faire aussi pour ne pas perdre la face. Le président de l’université vient de dire que “si on repasse ne présentiel, il est évident que tout continuera à être disponible en ligne pour ceux qui le nécessitent!”

Cela signifie quoi? Que tous les profs doivent s’attendre à devoir enseigner en présentiel ET en ligne en même temps?? C’est ubuesque et probablement impossible à exiger!! Il est impossible de faire la même quantité de travail de classe en ligne qu’en personne, donc avec deux groupes différents en une classe, comment ces différences pourraient-elles être gérées?!

J’ai enseigné “mon cours” (de l’automne) pendant douze ans en présentiel, et je peux dire sans hésitation que mes étudiants en ligne ont appris 2/3 seulement de ce que mes étudiants en présentiel pouvaient apprendre. Tout est plus difficile et moins efficace (discussions, examens, activités, etc.), et tout prend plus de temps à préparer et à faire. Et les étudiants en font tout simplement moins aussi.

Ce semestre, j’enseigne un cours que je n’ai jamais enseigné, et c’est génial parce que je n’avais aucune attente, et personne ne m’a dit ce que je devais faire ou ne pas faire. Donc je fais ce que je veux et comme je veux. Ca n’avance pas vite, et je suis sûre qu’on pourrait en faire plus si on était dans une salle de classe, mais je m’en fiche, je fais de mon mieux et mes étudiants aussi (et je ne vais pas employer ces étudiants-là dans mon centre donc je m’en fiche encore un peu plus de ce qu’ils apprennent ou non! Je ne m’en fiche pas complètement, hein, n’allez pas me traiter de mauvaise prof, mais je n’en fais pas beaucoup plus que la moyenne qu’on exige, contrairement à cet automne, où je me suis tuée physiquement et mentalement pour en faire le plus possible).

Maintenant, si on me demandait d’enseigner l’un de ces deux cours en hybride, en classe avec un masque avec la moitié de mes étudiants (masqués eux aussi) et l’autre moitié en ligne, je pense que je refuserais, ou bien que je déciderais de tout faire en ligne pour me simplifier la vie, même si ça me briserait le coeur!

Je plains mes collègues! L’université est en ruines et la pandémie rend les choses encore pires, et je suis soulagée de partir, c’est le bon moment!

21 comments

  1. Je t’l’avais dit que c’était le bon moment! Chez nous, pas de nouvelles encore, bien que nous venons de procéder à une révision du calendrier universitaire pour l’année à venir et qu’il est prévu que nous rentrions en présentiel en restant flexibles. Cela veut effectivement dire être prêt à toute éventualité. Dans mon cas, j’ai demandé de continuer à enseigner l’une des trois sections de mon cours d’introduction à l’histoire du Canada exclusivement en ligne, ce qui veut dire que le matériel créé pour cette section sera utilisé par les deux autres sections en “enseignement hybride” tel que j’en avais fait l’expérience l’année dernière (2019-2020) jusqu’à ce que la pandémie frappe. Mon quatrième cours à chaque session est présentement prévu comme entièrement en présentiel, mais ça sera à voir… Je limiterai donc de toutes manières ma présence sur le campus. Toutefois, on avait prévu, sans me le demander, que mon cours de la session du printemps à venir (en mai, juste là, tout de suite, donc) serait entièrement en présentiel et j’ai immédiatement opposé un refus et requis qu’il soit déplacé en ligne. Cela m’a été accordé… mais on me demande de préparer une justification médicale à ma requête. Heureusement, ma médecin de famille est extrêmement coopérative et elle m’a fourni le document requis, mais quand même… Fô l’faire!
    Étant donné le manque flagrant de respect des règles sanitaires de base dans cette province (encore aujourd’hui, les restos dans mon coin étaient bondés et on recommence à voir des gens se présenter dans les commerce sans masque et sans vergogne), il ne faudra pas se surprendre d’une troisième vague imminente que semblent déjà indiquer la tendance à la hausse du nombre de cas et la transmission communautaire avouée du variant soit-disant britannique.

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    • Ici c’est plutôt le contraire: l’université a été hyper stricte et interdit à pratiquement tout le monde d’aller sur le campus, et tout doit rester en ligne jusqu’à fin août. Je suis très choquée par ce que tu racontes sur ton cours de printemps!

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      • Disons que j’ai appris que j’enseignais supposément en présentiel au printemps presque par accident et que ça m’est effectivement tombé dessus comme une tonne de briques. Aussi, c’était au moment où Red Deer traversait la crise de l’éclosion de cas à l’usine Olymel il y a quelques semaines. Il semblerait que, en catimini, le collège a changé sa manière de gérer les permissions et l’autorisation de ma doyenne associée n’était plus suffisant: il me fallait faire évaluer mon cas par le service de santé du collège (lequel, tel que je l’ai appris en les contactant, a sous-traité cette gestion à une agence externe dont je n’ai jamais entendu parler et à laquelle je ne fais vraiment pas confiance). Il se passe des choses étranges du côté de chez Swann pendant que nous sommes absents du campus. Je doute qu’il y ait une quelconque reddition de comptes. Y’a toujours de l’emploi chez les militaires? 😛

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    • J’ai testé l’enseignement à distance en présence avec masque et nécessité de contrôle de présence des étudiants à distance, et je souhaiterais éviter de recommencer ! J’ai passé ce semestre dans la peur de devoir revenir en présence dans de telles conditions. Finalement, je pourrai terminer mes enseignements à distance tout en organisant en présence les contrôles écrits et examens, avec contraintes sanitaires drastiques, et parfaitement justifiées, qui obligent à utiliser plusieurs amphithéâtres en parallèle. Mais j’appréhende la rentrée prochaine. Le fait de devoir enseigner en portant un masque, d’être soumis à des contraintes pouvant drastiquement changer à tout moment. En fait moi aussi, je commence à me demander si je ne devrais pas changer de métier ou d’employeur…

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      • Je ne sais pas si la réalité française ressemble à la nôtre, mais l’année dernière, je me doutais bien que notre gouvernement de droite allait prendre sa revanche face aux supposés «intellos inutiles qui posent des questions embêtantes» lorsque les décisions budgétaires allaient se prendre cette année. Et ils n’ont pas déçu à cet égard. L’électorat principal se retrouve parmi les travailleurs du secteur pétrolier dont les emplois sont, qu’ils le veuillent ou non, menacés par une restructuration de l’économie énergétique à long terme que la pandémie n’a fait qu’exacerber à court terme. Nous, qui avons pu continuer à travailler, devons maintenant payer le prix pour ce privilège. Dans une province où les revenus gouvernementaux proviennent pour une large part des redevances pétrolières (en chute libre depuis bien longtemps avant la pandémie) et où l’idée même d’une hausse des impôts et taxes est impensable, on se doute bien d’où les fonds viendront. Les coupes annoncées dans le dernier budget provincial sont proprement destructrices pour le secteur de l’enseignement postsecondaire et comme nous sommes, dans l’institution où je travaille, en (perpétuel) processus de renégociation de notre convention collective, on veut nous imposer des coupures salariales massives qui s’ajoutent aux centaines de petites coupures effectuées dans tous les services et programmes depuis une dizaine d’années. Nous sommes donc invités à payer le prix du refus d’évoluer de notre gouvernement… et chez nous, en tout cas, ies voix ne s’élèvent pas pour protester.
        Et en plus de tout ça, le gouvernement provincial annonce l’intention de revenir à l’enseignement entièrement présentiel à l’échelle de la province dès septembre… Ils rêvent simplement en couleurs!

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      • Olivier, c’est un bon système d’avoir l’enseignement à distance et les contrôles en présentiel. Si j’avais le choix, moi, j’aimerais bien avoir la première semaine en présentiel pour que tout le monde apprenne à se connaître, et après on pourrait faire du distanciel la plupart du temps. J’espère que ta rentrée prochaine et les mois qui suivront ne seront pas trop compliqués!!!

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  2. La zia

    Classes divisées en deux. Double enseignement : Mi-presentiel et mi/distanciel c’est le lot de ta cousine prof de philo en lycée depuis octobre. Faut pas s’étonner qu’elle soit crevée avec ça !!!!

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    • Oui mais est-ce que TOUS les étudiants font du mi-présentiel et mi-distanciel? Parce que moi je parle de devoir avoir certains étudiants qui sont coincés en Chine et qui ne font QUE du distanciel et pendant ce temps, les autres étudiants ne font QUE du présentiel. Là je ne vois pas comment c’est faisable de façon équitable pour tous. Mais ma pauvre cousine quand même, fais-lui un bisou de ma part!

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  3. Bleck

    Je suis en train de me demander si charcutier/traiteur ou bûcheron ne serait pas une activité plus épanouissante pour vous, parce qu’à vous lire c’est pas du gâteau…

    Bleck

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      • Oh mais tu as déjà pondu d’autres œufs et tondu d’autres ours ! Ce n’est pas la première fois que tu fais de gros changements dans ta vie.
        Je pense qu’au fur et à mesure qu’on prend de l’âge (éh oui, c’est qu’on n’est plus des minettes de 20 ans 😉 ) prendre des décisions disruptives devient plus difficile et demande plus de courage, alors le moins qu’on puisse dire c’est que tu ne t’encroûtes pas ma chère !
        Nul ne sait sur quoi ça va déboucher, mais entretemps tu oses, tu apprends, tu progresses, tu vis !

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  4. Wam

    Passage rapide pour te dire que j’ai rêvé la nuit dernière que je t’avais invitée pour un brunch à la maison ce midi, toi, et ton mari Pasquale (!??!)
    Voilà voilà.
    Fais ce que tu veux de cette infirmation capitale 😃

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