c'est pas moi je l'jure!

histoire de vache

Bien avant que le “bio” ne devienne à la mode, au début des années septante, mes parents ont décidé de faire un retour à la terre. Ils m’ont donc élevée, ainsi que des poules, des chèvres, des lapins, et même un (?) cochon (en fait il a forcément dû en avoir plus qu’un, parce que l’un d’eux est mort de botulisme et l’autre a fini en boudin), au milieu de champs de citrouilles et des rangées de haricots (le tout strictement bio, donc). J’ai grandi en mangeant ce qui venait du jardin et de nos animaux (et je pense qu’à un moment, à force de manger du crottin de chèvre, il y a dû avoir une mutation génétique quelque part, parce que le crottin de chèvre est définitivement LE truc que j’emporterai sur mon île déserte!).

La vie à la ferme n’a pas duré plus de cinq ou six ans mais après notre (semi-)retour à la civilisation, mes parents ont continué d’utiliser des produits bios. Pour eux, depuis toujours, c’était pas “pour le fun” mais la seule solution à un développement durable et sain pour la planète et les humains. J’ai donc grandi avec cet idéal gravé dans ma cervelle.

 

Magasin où je fais parfois mes courses. "Organic" = bio en anglais.

 

Petit à petit, le bio est apparu un peu partout, même dans les supermarchés, jusqu’à devenir un produit à la mode, ces dernières années. Et autant cela me réjouit (c’est plus facile pour moi de trouver des produits bios et je suis contente que de plus en plus de gens en utilisent), autant certaines choses m’attristent:

– Comme c’est “à la mode” de manger bio, les prix, après être descendus sont en train de remonter en flèche et “vivre bio” devient un mode de vie de riche.

– La réaction de beaucoup est que c’est “juste” une mode énervante qui passera comme les autres. Pour moi qui mange le plus bio possible depuis bientôt 40 ans, ce n’est pas une mode, et ça ne devrait l’être pour personne. Ca devrait être une “réalisation après moultes reflexions” que c’est ce qu’il y a de mieux pour nous et pour la planète.

 

le bio, même hors de prix, ça a l'air de bien marcher ici!

 

– Il y a des excès et des abus, des labels plus ou moins sérieux, des vérifications plus ou moins consciencieuses, des champs bios à côté de champs pas bios qui en prennent parfois plein la figure. Dans certains cas, aussi, il est permis d’appliquer le label “bio” sur des produits dont seulement 51% (parfois même moins) des composants sont réellement bios. Donc j’achète le moins possible de produits “transformés” (biscuits, trucs en boîtes, etc.). En même temps, je me dis que même si seulement 51% du produit est bio, mieux vaut 51% que 0%.

En ce qui me concerne, le bio (et si possible local), même s’il n’est pas parfait, est mieux que le pas bio. Je déteste l’idée de boire des antibiotiques inconnus dans mon lait, de manger des pesticides dangereuses dans mes fruits et mes légumes, et d’absorber les hormones inutiles de ma viande! Il y a déjà assez de cochonneries dans l’air, dans l’eau, dans notre environnement en général, pas besoin d’en rajouter. Et si par la même occasion ça aide une nappe phréatique ou une rivière à rester propre, all the best!

Le cornbread (ou pain de maïs) est une spécialité du sud et du sud-ouest des Etats Unis mais on peut en trouver même au nord du pays, souvent servi avec un bon BBQ ou un Chili con carne, par exemple. Il peut être léger, moelleux et délicieux ou compacte, lourd et étouffe chrétien, et peut être aussi bien sucré que salé. Ca faisait très longtemps que je voulais essayer d’en faire, et voilà ma recette, concoctée après avoir lu moultes recettes différentes sur le sujet:

– 1 tasse de semoule de maïs (j’ai utilisé de la semoule moyenne, mais si votre four est aussi capricieux que le mien, je vous conseille de la semoule fine)
– 1 tasse de farine avec levure incorporée (ou incorporer 4 petites cuillères de levure sèche dans votre farine)
– 1 pincée de sel
– 3 oeufs
– 1 tasse de lait
– 60 g de beurre fondu et refroidi
– 1 tasse de fromage râpé bien fort (j’ai utilisé du extra-sharp cheddar mais un gruyère bien fort devrait faire l’affaire)
– 2 piments jalapeño épépinés et coupés très finement

Mélangez (bien!) ensemble les ingrédients secs dans un saladier puis ajouter 2/3 du fromage et les piments et bien mélanger. Dans un autre saladier, mélangez les oeufs, le beurre et le lait.

Ajouter le mélange avec les oeufs dans le mélange sec sans trop trop mélanger (comme pour des muffins).

Verser la pâte dans un moule (d’environ 20×20), lisser le dessus, puis rajouter le reste du fromage par-dessus. Faire cuire à 210 ºC (415 ºF) pendant 20-25 minutes (moi, je l’y a laissé 30 minutes et l’extérieur a un peu trop doré et la semoule moyenne est devenue un peu “croquante” sur les bords). A la sortie du four, couper les cornbread en gros cubes d’environ 5 centimètres. Servir chaud avec du beurre et une salade ou une soupe.

Réussite: 9.5/10. J’étais super fière de moi, c’était léger et délicieux. Et facile à faire! Les piments n’avaient pas rendu le cornbread épicé mais avaient donné un bon petit goût derrière celui du fromage. Mon seul problème a été la cuisson, j’ai toujours du mal avec mon four… J’ai mangé quelques cubes puis j’ai mis le reste au congélateur pour l’hiver.

PS. Jour 11 du défi du 400ème.

PPS. Ne me tombez pas tous dessus à la fois siouplaît. Je suis encore bien faible😉

17 comments

  1. Il y va aussi, je l’espère, du bien être des animaux. L’idée de manger un poulet qui aurait, du temps de sa courte vie, l’élevage en batterie, sans parler des cochons torturés et isolés, des vaches bouffant leurs congénères and so on, m’est assez difficile à digérer.
    C’est rigolo, parce que samedi je suis allée dans un immense super marché bio ouvert il y a quelques mois et où je n’étais pas encore allée, j’avais fait des photos pour mon billet du jour et pouf j’ai croisé mon mouton, donc j’ai dévié de sujet et je le retrouve chez toi🙂

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  2. Ayant grandi dans une ferme, je ne peux que t’approuver. Je me bats pas mal avec certains membres de ma famille d’ailleurs, à essayer de leur faire comprendre à quel point leur manière de consommer a un impact. Mais ce n’est pas gagné! Le “tout-près-tout-emballé-àmettre-direct-au-four” a encore de beaux jours devant lui je crois😦 On n’arrête pas de me répéter que je tiens le discours du “bio-local-non-transformé” juste parce que je suis célibataire et sans enfants, mais que plus tard, le facteur temps me rattrapera.

    Je note ta recette, ce sera ma tentative de réconciliation avec la semoule de maïs.

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  3. catherine

    tu as tout à fait raison pour le bio, mais parfois je me demande si ce qu’on achète estampillé bio l’est vraiment!
    de plus le bio est bien plus cher (ici aussi) et ce n’est pas à la portée de toutes les bourses..
    et parfois pas de première fraicheur par exemple les fruits et les légumes ne se conservant pas bien..
    difficile de vivre dans un monde parfait!

    j’espère que tu vas vite te remettre, et nous concocter d’autres bonnes recettes!

    bon début de semaine

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  4. je ne crois pas que le bio soit une mode, en tous cas pas parmi les gens que je fréquente… Pour moi le bio est également très important et ce depuis mon enfance car ma mère mes tantes, étaient très dans le bio… Pour elles cela signifiait LOCAL en premier lieu avec les maraichers du marché paysan… Les achats à la ferme etc…
    En france avec les AMAP, les marchés bio, les petits supermarchés bio. Je trouve que c’est moins cher qu’avant… Quand en ville on ne trouvait du bio que dans des petits magasins pas très bien achalandés….
    Vraiment je ne pense pas que cela soit une mode mais une prise de conscience progressive…. Je vois ici que les amap attirent de plus en plus de monde. Les gens s’aperçoivent que le bio c’est bon, ce qui n’a pas toujours été le cas. Notamment dans les années 70 en ville où les légumes bio étaient souvent pas très frais, faute d’avoir beaucoup d’acheteurs… Maintenant qu’il y a beaucoup plus de demande, les légumes et les fruits sont frais et très gouteux.
    En revanche j’achète toujours local. Des tomates qui ont fait des milliers de kilomètres et sont emballés sous plastique, ce n’est vraiment pas cohérent…
    Bien sûr une part des industriels exploitent le “filon bio” et c’est con. Mais ce n’est pas cela qui doit nous faire croire que tout le bio n’est qu’une mode.

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  5. je trouve l’idée du bio formidable, et le bio local, surveillé et sous règlementation, c’est vraiment parfait.

    hélas comme tu le dis, il y a deux écueils : le premier c’est le prix, car je ne peux payer 8€ le kilo pour des poivrons ou 4€ pour un cèleri rave, qu’ils soient bios ou non:/. Et c’est exact qu’après une petite baisse, les prix repartent à la hausse, je ne sais pas si sur le continent américain c’est pareil qu’ici mais en europe ça correspond à une hausse phénoménale des denrées, surtout les fruits et légumes dont les prix explosent.

    Le second écueil, c’est ce que j’appellerais le faux bio : comme c’est à la mode, c’est très tentant pour les importateurs de faire pousser du bio dans des pays lointains, ou la main d’oeuvre n’est pas chère (et très exploitable)… Mais où, surtout, on n’est absolument pas regardant sur la législation et ls cahiers des charges !

    Il en résulte un non-sens total ou des produits prétendument bios sont :
    – pas murs, puisqu’ils sont cueillis verts à l’autre bout du monde et murissent sur des bateaux:/
    – couverts de traitements très toxiques car les cahiers des charges ne sont pas respectés à la pousse, et qu’il faut ben assurer leur bonne tenue durant le transport😦
    – ont un bilan carbone désastreux puisqu’ils ont parcouru la moitié de la planète, sans compter les trajets dans toute l’europe depuis le grossiste en belgique ou en afrique !
    -étaient vendus un peu moins chers (bien pour les reconnaître), mais plus maintenant, puisque le bio se vend bien autant le vendre au même prix que les autres, celui là.

    C’est vraiment du n’importe quoi car des familles paient plus cher pour ces produits en pensant protéger leurs enfants et eux-mêmes, et la terre de culture, alors qu’en fait ils contribuent à l’empoisonnement et l’exploitation de populations à l’autre bout du monde, sans compter toutes les conséquences négatives listées ci-dessus. Un comble !!!

    je lisais récemment que la bonne solution autant que possible, c’est de vérifier les provenances avec grand soin, et d’acheter local. La plupart des associations de consommateurs mentionnent ici qu’il est presque profitable pour les familles d’acheter du non bio et de bien laver les légumes au savon neutre, plutôt que d’acheter ce bio là.

    l’idéal ça pourraît être les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), où on va chercher chaque semaine un panier de produits de saison, bio et produit presque à la demande (en fonction du nombre d’inscrits).

    Et puis ensuite, si on est millionnaire, le bio européen du supermarché… (ceci est une constatation bien désolée😦 …)

    ton pain de maïs est superbe, j’en ferais bien !
    par contre j’ai des soucis avec l’énoncé, j’ai besoin de précisions : ta tasse, c’est bien une de 250ml ? et sinon tu dis “(ou incorporer 4 petites cuillères de levure sèche dans votre farine)”. Hmm… 4 cuillères à café ça fait plus que la dose pour 1kg de farine, c’est énorme. ça ne doit donc pas être ça, mais j’ai du mal a déterminer la quantité.
    la levure sèche, c’est bien la levure chimique, pas la levure de boulanger sèche ?

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    • une tasse, ici, c’est 8 onces liquides (fl oz), donc… attends, je vais calculer ça… 236,5 milliltres. Une fois que tu as ton volume d’eau correcte, tu le gardes comme référence pour la farine et tout le reste. Les 4 petites cuillères de levure sèche c’est de la “dry yeast” alors tu traduits comme tu veux, moi je suis incapable de traduire la yeast et backing powder et backing soda et autres trucs comme ça. C’est ce qu’il y avait marqué sur une des recettes dont je me suis servie à la base. Moi, j’avais de la farine a levure (et sel) incorporée donc je ne me suis pas posé la question si c’était beaucoup ou pas. Peut-être que la farine de maïs a besoin de plus de levure que la farine normale? Bref, tu vois pourquoi je fais rarement de la pâtisserie?😉

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      • ah merci pour la précision !😀
        pour la levure, en fait ça doit être de la levure chimique, mais laquelle entre baking soda et baking powder… Je ferai des essais, à mon avis la texture et la montée nécessaire sont à peu près semblables à celles d’un quatre quarts. je mettrai la dose habituelle que je mets dans ces préparations et on verra bien si ça marche !

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  6. JvH

    Nous aussi on mange principalement bio (pas tout, surtout les fruits-légumes dont on mange la peau, les produits laitiers, les oeufs et la viande), et ça me fait hurler de lire dans la composition des produits transformés bio qu’ils utilisent de l’huile de palme, du sirop de glucose-fructose etc, qui sont des ingrédients que je ne souhaite pas manger, ou de trouver des pommes de terre d’Égypte alors que j’habite au pays des patates. Bref, bio oui, mais lire les étiquettes, OUI!

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  7. ah tiens, le commentaire de catherine me fait penser à rajouter qu’en plus, ce “bio fantoche” est couvert de plastique en multicouches, ce qui en fait un des produits non transformés les plus polluants pour l’environnement après consommation. Un autre comble !

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  8. Au sujet des AMAP… http://mahieinthesky.wordpress.com/2010/06/08/mon-amap-a-moi/
    Demain c’est le jour de l’amap je vous refait une photo du panier d’automne😉 Avec les amap c’est ultra frais, ultra bon et variés! Et c’est local. Nous connaissons nos producteurs : c’est une assoc’ on se réunie régulièrement pour des causeries au sujet du fonctionnement de l’assoc’ etc etc… On est pas seulement des acheteurs on est aussi, à force, des “amis”. L’amap de mon bled regroupe 150 familles.
    Je suis en train de travailler à notre blog, je vous donnerai le lien quand ça sera prêt🙂
    Annuaire des amap en France : http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php

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  9. Ton billet est très intéressant et je me retrouvais enfant gambadant à travers champs pour remonter les vaches à la traite du soir.
    Les poules étaient en liberté avec dame canne et ses canetons, le cochon mangeait tous les restes et remuait son petit tire-bouchon car il était content. Le jardin grouillait de bonnes choses et ça sentait bon la ferme ! Le foin, la paille… UN PUR BONHEUR
    J’ai mangé également des produits “bio” enfin tout au moins issus de la ferme sans produits chimiques. A l’époque on ne mettait pas ces produits qui font pousser les blés et maïs à la va vite, la terre avait le temps de se reposer entre deux semis. Maintenant c’est le profit, mais partout c’est comme ça.
    Je priorise tout le temps les produits des fermes, le lait cru… Les poulets fermiers, ! J’élève des poules mais uniquement pour mes oeufs je ne mange pas mes poules (sentimentale) je vais les acheter à la ferme ou au marché fermier.
    Par contre, quant à parler du bio je m’en méfie comme de la peste car trop de magasins sortent de terre un peu partout…
    Ce qui compte c’est manger sain.
    Bonne journée
    Bon Ap chez Mamounette

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  10. Patton

    Soyez vigilant(e) sur le ….BIO ….
    C’est un formidable attrape -gogo .
    Le vrai Bio , c’est ce qui vient du potager du coin , ou vous étes assuré que le produit est naturel , ou de votre copain fermier qui éléve ses poulets , cochons , etc… sans chimie additionnelle . Ca réduit le choix , croyez moi !
    J’ai acheté une laitue ( Bio ! ) venant de nos Hortillons Amiénois ( Jardins maraichés ) ….
    Ca ressemblait à du plastique ….
    Donc …. méfiance . Le Bio : c’est pas une assurance de qualité , ni de gout .

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  11. Je suis aussi d’avis qu’il faut demeurer vigilants au sujet des produits offerts en supermarchés. Il y a de la supercherie parfois.

    Un peu comme sur tout, récemment j’écoutais une émission radio qui parlait de ces modes d’étiquetage et de mentions sur les emballages, et qui donnait en exemple des paquets de chips SANS cholestérol…. alors qu’il paraît qu’il n’y a JAMAIS eu de cholestérol dans les chips….

    Sinon, tu dois avoir de supers souvenirs de cette période de retour à la terre!

    Par réflexe je pense que c’était avant la période CH?

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  12. Pingback: Tweets that mention histoire de vache « c'est pas moi je l'jure! -- Topsy.com

  13. béo, c’est exact ! il y a peu de temps, ces crétins de fabricants de bonbons avaient sorti la sucette “sans matières grasses !” bah oué, 100% sucre comme toutes les autres sucettes ou presque😀

    à quand la plaquette de beurre garantie sans sucres oO ?

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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