c'est pas moi je l'jure!

à la santé d’hier

Aujourd’hui j’ai déjeuné avec une amie qui est prof dans le département de psychologie et qui travaille parfois sur la mémoire. On a parlé de recherche récente dans ce domaine, et comme il est encore impossible de savoir exactement ce qui se passe dans le cerveau sans avoir besoin de le couper en petits morceaux, et de combien c’est frustrant pour notre génération (Gen X) qui commence doucement à vieillir mais en même temps à vivre de plus en plus longtemps, et qui va devoir faire face à ces problème de démence sénile pour lesquels on n’a encore ni cause ni remède. Ca fait peur!

Je lui ai demandé ce qu’elle pensait du test génétique qui existe pour savoir si on a un risque d’avoir la maladie d’Alzheimer (APOE, allèle e4), et elle m’a dit que rien n’était encore certain là-dessus, que certaines personnes n’avaient pas ce marqueur mais avaient la maladie d’Alzheimer et vice-versa. Donc ce n’est pas très utile. Je ne sais pas si je dois dire tant mieux ou dommage…

On a aussi parlé d’un truc que j’ai soudain eu envie de faire cet été, quand je n’étais pas sûre de retourner à mon boulot: créer une maison de retraite assez petite, pour une dizaine de personnes souffrant de démence sénile, mais dans un environement où il y aurait beaucoup de musique (cours, chorale, musicothérapie, etc.), un grand jardin, et des chats abandonnés. Les bénéfices de la musique ne sont plus à prouver, et j’ai l’impression qu’un des grands problèmes des personnes souffrant de démence sénile est qu’elles deviennent inutiles, elles sont enfermées, médicamentées, et devant la télé toute la journée, et elles ne sont plus motivées à faire quoi que ce soit. S’occuper d’un jardin ou d’animaux qui ont besoin de soins, avoir des tâches précises même si petites et des occupations utiles et saines, se sentir indispensable, être proches d’animaux qui réduisent le stress et l’anxiété, et faire partie d’une “famille,” je crois que ça aiderait beaucoup de ces personnes à mieux faire face à cette terrible détérioration de leurs capacités mentales et physiques.

Mais évidemment ce n’est qu’un rêve, puisque je n’ai ni les qualifications ni l’argent nécessaire à la création de ce genre d’endroit, et puis je ne voudrais pas que ce ne soit réservé qu’aux riches qui peuvent se le permettre et qui ont donc déjà probablement tout ce dont ils ont besoin pour leur confort. Mais ça serait cool, non?

A part ça, je suis en train de lire Dementia for Dummies, qui n’est pas particulièrement détaillé ni réjouissant, mais j’ai quand même appris deux-trois trucs intéressants (en particulier qu’il y a plus de septante maladies dont les symptômes peuvent être (ou ressembler à) la démence sénile). Et pour ceux que ce thème intéresse, je suis aussi en train de lire un bouquin recommendé par ma frangine et qui est vraiment très beau et bien écrit: Le vieux roi en son exil, d’Arno Geiger (traduit de l’allemand).

(Photos prises avec mon téléphone au maximum de l’éclipse solaire partielle du 21 août (11:30am en Alberta) et que je ne peux absolument pas expliquer!)

12 comments

  1. Chantal

    Oui, ce serait très cool. Ma mère, morte depuis bientôt 24 ans, lorsque nous parlions de la vieillesse et du moment où on ne peut plus vivre seule, me disait son envie de finir sa vie dans un lieu comme celui que vous décrivez, elle ne faisait pas référence à la musique mais sûrement qu’elle aurait aimée aussi. Elle parlait d’un endroit avec peu de personnes continuant à avoir des activités “utiles” et pas seulement “distrayantes”, par exemple épluchant les légumes pour les repas, s’occupant du jardin, ayant des “responsabilités” et pas prises en charge dans tous les aspects de leur vie, infantilisées, comme si elles n’avaient plus aucune idée de ce qui leur plaisait, était bon pour elles. Il est vrai que nous n’évoquions pas spécialement la démence sénile, n’ayant pas de proches atteints de ce mal.
    Ma mère a soigné et accompagné la fin de vie de sa tante, de sa mère, de son mari. Je pense qu’elle avait une petite idée de combien ça peut être compliqué, difficile pour l’entourage et elle ne voulait pas peser sur nous, ses enfants.
    Je profite de ce premier commentaire pour vous dire que j’aime beaucoup votre écriture, votre humour, vos recettes (j’ai notamment fait la tarte aux endives et jambon qui ne doit pas s’appeler comme ça, succulente), découvrir votre vie à ATPN, Câlinette.
    Bonne continuation.

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    • Merci pour le gentil message 🙂 Ma mère a aussi vu son père mourir de la maladie d’Alzheimer et sa mère mourir d’on ne saura jamais vraiment quoi mais une sorte de démence lucide… Et donc j’imagine que c’est d’autant plus difficile pour ma mère de sentir qu’elle aussi s’en va vers ça. C’est difficile, vraiment, de vieillir!!

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  2. j’ai déjà vu un reportage sur un lieu comme tu le décris, et les personnes n’étaient pas complètement séniles, mais comme ta maman, qui peut encore rester seule.. j’avais été touchée par le reportage, tu vois, il y a quantité de personnes compatissantes dans le monde.
    les reflets que tu montres sont particulièrement intéressants, peut être y a t’il 2 lunes en fait, ha ha!!
    prend soin de toi, bises du matin

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  3. MAG

    J’ai admiré les photos, pour voir en fin d’article qu’elles avaient été faites avec un téléphone. Donc pas de montage esthétique comme je le pensais. Magnifique.
    Quand on parle Alzheimer et toute autre maladie génétique qui affectent les personnes jeunes, je trouve cela épouvantable.
    Quand on parle de démence sénile, frontale ou autre, je partage tes réflexions. Je critique le mode de vie actuel, générateur en grande partie de ces pathologies du grand âge. Je pense au village de mes grands-parents, qui fabriquait des centenaires à ne savoir qu’en faire comme le chantait Jean Ferrat. Je n’y ai jamais vu un aïeul désœuvré ; jardinage, cuisine, animaux, indépendance, chambre sans aucun chauffage, vie au rythme du soleil. La démence sénile était très rare, durait peu, était le signe de l’approche du décès. Plusieurs membres de ma famille sont décédées brutalement, d’un arrêt cardiaque, dans leur sommeil ou au cours d’une promenade. Mon père lui-même, qui avait tenu à vivre au village ses dernières années, a été alité trois semaines, à 91 ans, le temps que le corps et la tête s’éteignent. C’était une longue période pour le village.
    Par contre, une de mes grands-mères, qui avait choisi le confort de la maison de retraite proche, a connu 4 ans de sénilité, comme tous ceux du village qui y sont allés.

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  4. Autrefois la démence sénile était rare parce que les personnes âgées n’étaient pas autant soignées que maintenant…
    Une de me proches est atteinte de démence sénile, elle est très âgées mais “très bien soignée” et je suis certaine que dans les années 70 ou 80 elle n’aurait pas survécu à beaucoup de “ses délires”… Elle aurait cassé sa pipe avec un reste de dignité. Enfin c’est une autre histoire. Mais je ne trouve pas très réjouissant de “devoir” vivre vieux dans des institutions aussi “chouettes” soient elles… Une mes grand-mères qui avait Alzheimer a vécu plusieurs années de “tunnel” pour ne pas dire de “soupirail” comme ça… Ce n’est pas une vie qui vaut la peine d’être vécue. Arrivé à une certain stade… Sourde, aveugle et avec Alzheimer… Sincèrement… 😦
    Tes photos sont incroyables en dehors de cela.

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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