c'est pas moi je l'jure!

la parade des chapeaux melons

Normalement, je ne devrais pas enseigner de cours cette année, mais quelqu’un a trouvé un job ailleurs à la dernière minute, et donc on m’a demandé d’enseigner son cours en automne. C’est une quinzaine d’étudiants des Premières Nations, qui participent à un programme spécial d’un an dans notre université, et malgré le fait que c’était à la dernière minute et que ça augmente considérablement ma quantité de travail, j’ai dit OK.

Le prof qui devait enseigner le cours avait commandé un bouquin et écrit tout un plan de cours pour cette classe, mais il était un littéraire (ils allaient devoir lire et analyser des textes, ce qui n’est pas DU TOUT mon truc). J’ai fait un plan de cours entièrement différent, mais il était trop tard pour commander un autre bouquin. J’ai donc dû passer quelques centaines d’heures à chercher des trucs pas trop nuls sur internet. Heureusement, tout le monde s’en fiche de ce que j’enseigne. En classe, le prof est reine, et personne n’a le droit de me dire de faire les choses autrement!

Ce petit groupe d’étudiants est sur le campus depuis un mois pour apprendre les bases de la vie militaire. Et mercredi, j’ai pu aller les rencontrer! C’était génial de voir des étudiants en chair et en os devant moi pour la première fois depuis presque deux ans! Hélas, ils étaient tous en uniforme et portaient tous un masque noir et un béret noir, donc pour l’instant, la seule personne que je suis capable de reconnaitre est celle qui porte des lunettes! Pour moi qui ai déjà un mal fou à reconnaitre les visages en général, je ne peux même plus utiliser leurs vêtements ou à leur coupe de cheveux pour m’aider à les reconnaitre, c’est l’angoisse absolue!

On a un peu papoté mais c’est difficile, d’autant plus que je ne comprends pas souvent ce que les gens disent quand ils portent un masque 😦 On va rigoler cet automne!!!

Vendredi matin, je suis allée à une cérémonie pendant laquelle mes futurs étudiants ont reçu leurs insignes, signifiant qu’ils avaient terminé leur formation de base et étaient maintenant officiellement des étudiants de première année! C’était une cérémonie modeste, mais j’étais contente d’y assister parce que ça m’a permis d’un peu mieux connaitre leur monde.

Par contre, le soleil se cachait toutes les 10 minutes, donc on gelait et on étouffait en alternance pendant toute la cérémonie. Moi, j’enlevais et je remettais mon gilet toutes les dix minutes, mais mes pauvres futurs étudiants devaient crever de chaud, dans leurs uniformes!

Et aujourd’hui, le dimanche avant la rentrée, je viens de découvrir qu’au lieu d’enseigner lundi après-midi, mercredi après-midi, et jeudi matin, je dois enseigner lundi après-midi, jeudi matin, et vendredi matin.

Ce que j’ai retenu de l’histoire, c’est que 1) en Ontario il faut toujours avoir un gilet dans son sac, 2) les militaires ne s’excusent jamais, et 3) comme dit l’un de mes futurs employés, ex-général de l’armée canadienne: “Surprise is a principle of war, not a principle of administration.” (Ce que j’interprète ainsi: on a le droit d’être surpris par ce que la guerre nous envoie à la figure, mais on n’a pas le droit d’être surpris par les emmerdements et les cafouillages de l’administration parce qu’on SAIT que l’administration fait toujours n’importe quoi!”)

23 comments

  1. Magali

    Tu as signé un contrat pour ce travail supplémentaire ?
    Dommage que tu n’aies pas de chef parmi tes étudiants, tu aurais pu le reconnaître par ses chaussures noires.
    Si tu es reine dans ton espace de cours, je te propose un mode de reconnaissance infaillible que j’ai utilisé pendant des mois. Mes scottish ont fait des petits (sans mon autorisation).
    6 chiots copies conformes, que j’ai identifié par des noeuds de couleurs différentes. C’était génial.
    C’est possible de trouver 17 couleurs, ou moins en jouant sur des rosaces simples et/ou à feuilles.
    Ou mieux, tu as toujours réponse à tout.

    Like

  2. Isabelle

    Je comprends votre soulagement de refaire cours face à des personnes, même si vous ne pouvez les reconnaître ( je les imagine avec les noeuds de couleurs… ). Votre traduction et interprétation de la dernière phrase résument bien ce que vous vivez en ce moment.

    Like

  3. Mince, moi aussi je reconnais beaucoup les gens à leurs cheveux… (D’ailleurs, c’est bien simple, j’ai déjà repéré la rouquine et celle qui a des cheveux rouges.) Je comprends ton désarroi face à des visages et des tenues uniformisées.

    Like

  4. Moi aussi j’ai beaucoup de difficultés à comprendre les gens quand ils me parlent avec un masque. Ayant des problèmes auditifs, je lis sur les lèvres pour m’aider à comprendre ce que les gens disent mais avec les masques, c’est tintin… pour moi c’est comme si qqun me parlait avec une patate chaude dans la bouche. Bien hâte que cette connerie finisse!

    Like

  5. Il me semble que les étiquettes avec les noms seront plus acceptables par des militaires que des petits noeuds de rubans de couleurs….mais on peu toujours être surpris !
    Ceci dit, je te comprends 100%, étant donné le mal que j’ai aussi pour mettre des noms sur des visages

    Like

Merci pour vos commentaires que j'adore :)

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: