c'est pas moi je l'jure!

dans l’temps des animaux

Dans mon pays précédent, j’étais végétarienne à 90%. Je n’utilisais de viande que pour les endives au jambon que j’adore et quelques plats de poisson. A l’extérieur, je mangeais la viande préparée par mes hôtes si j’étais invitée quelque part ainsi que parfois au restaurant, le poisson et les légumes n’étant pas considérés comme des aliments commestibles au fin fond d’un champ de maïs.

Pourquoi j’essayais de ne pas trop manger de viande? A cause des myriades d’antibiotiques et d’hormones dont la viande est saturée, à cause du traitement abominable des animaux dans les “fermes” et les abattoirs et de ceux qui y travaillent*, à cause d’un obscurantisme délibéré face à Creutzfeldt-Jakob, à cause des problèmes de pollution liés à la surproduction de viande*, et enfin parce que la viande, c’est tout simplement pas très bon pour la santé en général et pour les reins en particulier, surtout si on n’en a qu’un.

A mon arrivée dans mon nouveau pays, j’ai soudain eu besoin de beaucoup plus d’énergie qu’auparavant, ce qui s’est traduit par un besoin de viande, étrangement. Heureusement, au bout de quelques mois, mon métabolisme s’étant stabilisé, j’ai pu prendre la décision d’arrêter de manger de la viande (mais pas du poisson) pour de bon cette fois. Ici, la plupart de mes collègues sont végétariens, tous les restaurants offrent des options végétariennes et/ou du poisson, et il y a plusieurs restaurants végétariens et même végétaliens, ce qui me facilite grandement la vie.

Par contre, il faudrait peut-être que j’abandonne l’idée que je peux, avec succès, remplacer la viande par des légumes dans toutes les recettes…

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J’ai suivi la recette de choux farcis Finlandais trouvée ici en remplaçant simplement la viande par une petite courgette, une tomate, et des champignons frais coupés en petits cubes. J’ai roulé cette mixture avec un jaune d’oeuf, du riz complet (cuit), un peu de chou haché, un peu de crème liquide, du sel, et du poivre dans des feuilles de chou blanchies, puis j’ai passé le tout à la poêle. J’ai ensuite laissé cuire pendant une heure et demi au four avec un peu de bouillon de cuisson du chou et quelques filets de sirop d’érable. Le résultat était mangeable mais pas génial. Fade, surtout. Ca manquait probablement d’agneau…

Réussite: 3/10…
*En cas de doutes, lire cet excellent bouquin.

19 comments

  1. Valérie de Haute Savoie

    Ah mais ciel tu étais dans un champ de mais ?????????

    Essayes de mettre du soja (bien ferme) avec des graines de moutardes par exemple. Ou bien mets du quinoa c’est super bon et il y a des protéïnes, si tu mets directement les céréales “crues” peut être que en cuisant elles pomperont l’eau en surplus et cela donnera de la fermeté ?
    Nous mangeons de la viande, mais surtout du poisson (par goût) – il est vrai que le prion nous a quand même refroidi.

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  2. J’ai pour ma part du mal a me passer totalement de viande, mais si j’y pense bien, je n’en mange vraiment qu’une a deux fois par semaine. Des morceaux choisis et chers car elle est elevee sans antibiotique ou autre pestcides et hormones de croissance. Ce bouquin est absolument a lire, en passant, moi qui travaille dans la Food industry, j’en ai vu des vertes et des pas mures 😕

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  3. Il faut que tu nous racontes ça, Bluelulie, ça m’intéresse beaucoup 🙂 Quant à la viande bio, c’est effectivement la seule que je mangerais si je devais en manger, et j’essaye de manger bio le plus possible (lait, légumes, etc.) même si ça coûte beaucoup plus cher (mes chers parents ayant fait leur “retour à la terre” en 68 m’ont inculqué ces bonnes habitudes bien avant l’apparition des OGM).

    Très intéressant comme reportage, Valérie (et j’aime bien voir des trucs de la télé française). Ceci-dit, c’est sûr que c’est difficile de connaitre les résultats à long terme. En Amérique du Nord, rien n’est marqué sur les produits qui contiennent des OGM donc en gros, on ne sait jamais ce qu’on achète. Vous avez de la chance en France. Ceci-dit, il devient de plus en plus impossible de les éviter, puisque pratiquement tous les légumes sont modifiés, maintenant (j’en avais parlé ailleurs à propos des pastèques…). La dernière du jour, c’est que maintenant, la viande (+ lait + oeufs) d’animaux clonés est sur le marché Nord Américain (toujours sans qu’on puisse savoir quelle viande l’est et quelle viande ne l’est pas). Encore une bonne raison de ne pas manger de viande 🙂 Et je me réjouis de voir comment ça va passer en France, ça… Moi je dois avouer que je m’en fiche un peu de tout ça, du moment qu’on a le choix de manger des OGM ou pas, comme on a le choix de manger bio ou pas. La façon dont c’est fait ici est malhonnête, je trouve.

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  4. Valérie de Haute Savoie

    Tu sais je ne suis pas sûre que nous ayons vraiment le choix, mais je suis aussi le plus possible bio. Je fais d’ailleurs mon pain – catastrophe pour la ligne 😦
    De la viande clonée………. tu me fais peur !
    Bon en même temps tu sais, mon fils adoré est greffé du foie – un peu aussi de la cuisine du diable pour certains. 😉
    Quand j’étais petite, mes parents étaient aussi très bio, et je me souviens d’un numéro de Que choisir qui titrait “variez vos poisons”.
    En gros c’est ce que nous pouvons faire.
    Ici en Hte Savoie, nous avons un producteur assez important de yaourth, qui soigne ses vaches à l’homéopathie, et ça marche…. ne perdons pas espoir.
    Voilà un commentaire un peu foutraque non ?

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  5. Hehe, j’aurais probablement pu l’écrire, cet article, kiara, parce que tout reportage télévisé fait tout ce qu’il peut pour se faire de l’audience et choquer les auditeurs. Mais je peux aussi démolir l’article 🙂 Je dois avouer que si je regarde le reportage et l’article d’un point de vue purement rhetoric, je ne suis convaincue ni par l’un ni par l’autre. Comme je l’ai expliqué dans mon commentaire précédent, je m’en fiche de ce que les gens font ou ne font pas, mais moi je veux avoir le choix de manger ou ne pas manger des OGM ou des trucs bios ou de la viande ou du chocolat ou de n’importe quoi, et je veux juste être informée (sur les emballages, par exemple). Comme avec les cigarettes, je connais le risque et ça ne m’empêche pas d’en fumer de temps en temps. C’est une question d’information honnête et complète, c’est tout… Pis t’en as mis du temps à réagir, je l’attendais lundi ton commentaire d’avocate 😉

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  6. Ben j’essayais de ne pas réagir justement… et ce qui m’ennuie dans ta réponse c’est le “je connais le risque” et la comparaison avec les cigarettes. Ce qui m’ennuie c’est justement le fait que la majorité des gens considèrent qu’ils savent ET présuposent que les OGM c’est dangereux. Ca traduit un manque d’information – mais je crois qu’au point où le débat en est arrivé, il y a aussi un refus d’acquérir cette information de la part du grand public à présent.
    On me rétorque souvent que je ne suis pas objective sur le sujet, étant une plant scientist, mais je crois que le public n’est pas objectif non plus, il a décidé que les manipulations génétiques c’était le mal, et il le compare le plus souvent à la vache folle (???) et là tu viens de faire la comparaison avec le tabac. J’ai juste envie de dire que je ne vois pas le rapport.
    Ceci dit je n’ai absolumment rien contre un étiquetage clair, bien au contraire. Et je boycotte les marques qui font leur pub en mettant en gros et en rouge “GM free”. Ca me gonfle cet abus de désinformation.
    Allez, j’arrete de faire l’avocate et je repars à ma paillasse ! 😉

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  7. Je compare avec le chocolat, aussi 🙂 Je pense très sincèrement que n’importe quoi peut être dangereux pour la santé ou pas, ça dépend des quantités. Là où je compare avec la cigarette c’est que pendant longtemps, on a pensé que c’était OK pour la santé de fumer et il a fallu se battre pour prouver le contraire. Ce qui me rend sceptique face aux OGM c’est qu’on dise que ça ne cause pas de problème comme qu’on dise que ça en cause… parce qu’à long terme, 10 ans, 20 ans, ON N’EN SAIT RIEN! Y’a pas eu d’étude qui prouve ou déprouve (c’est un mot, ça?) qu’un mec qui bouffe du maïs transgénique pendant 20 ans aura plus de problèmes de santé qu’un mec qui n’en bouffe pas, point. Je comprends entièrement ton point de vue (et c’est pour ça que j’attendais ton commentaire) mais quand je dis “je connais le risque” je veux dire que je connais le risque que personne ne le connaisse et ça tu pourras pas me dire le contraire, sauf si tu peux me filer les résultats d’une étude comme celle que je te décris. Et même encore là, je serai sceptique, quoi que démontre l’étude, parce que il y a des grandes corporations qui payent des études depuis des années et on sait que les résultats ne seront pas entièrement clairs (et en plus j’ai fait moi-même de la recherche et je sais très bien comment on peut faire dire aux statistiques ce qu’on veut qu’elle dise). Promis, c’est pas seulement pour les OGM que je pense ça, mais pour absolument tout.

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  8. En meme temps si on découvrait le sucre de nos jours, on interdirait sa mise sur le marché à cause de ses effets nocifs (si, si).
    Ensuite, “manger du mais transgénique” ne veut pas dire grand chose dans le sens où ca ne me dit pas quelle protéine est surproduite ou exprimée dans la variété dont tu parles. Et si on prend le mais transgénique résistant a la pyrale par exemple, la proteine qu’il contient est toxique pour les chenilles, pas pour les hommes. Tu peux me dire qu’apres 10 ans de haute dose d’ingestion de cette proteine un homme pourrait développer une allergie, pourquoi pas, mais je ne vois pas la différence avec une allergie aux cacahuètes ou au latex. L’avantage des OGM de ce point de vue est que leur pouvoir allergisant est testé. Contrairement aux nouvelles variétés de végétaux produits sans technologie trangénique, i.e. par hybridation par exemple.
    Là où moi je vois un problème, c’est d’un point de vue économique (prix des semences etc) et surtout d’un point de vue écologique (propagation des genes de résitances aux agents sélectifs aux bactéries du sol ou aux espèces sauvages compatibles; possible diminution de la diversité au sein d’une même espèce du à l’avantage sélectif artificiellement apporté à l’OGM qui pourrait s’hybrider avec des variétés voisines.) Et ce sont des problèmes qui méritent d’être soulevés et réglés, et pour lesquels des solutions sont trouvables (comme la culture hors-sol/en serre par exemple).
    Le problème avec ce refus inconditionnel des OGM qui se répand tout autour de la planète, c’est qu’il devient extrement difficile d’obtenir du funding pour adresser ces questions essentielles pour les organismes de recherche publiques. Puisque le public a décidé que l’OGM était le mal, les politiques ne vont pas nous donner de l’argent pour travailler dessus. Et en attendant toute le recherche et l’évolution de cette technologie est dans les mains de Monsanto, qui a quartier libre pour faire tout et n’importe quoi, y compris décider du prix des semences sans crainte de la compétiton d’autres producteurs de semences, y compris des tests en plein champ quand peut-être ce n’est pas une bonne idée (et je ne dis pas là que TOUS les tests sont une mauvaise idée), bref, tout ce qui peut être génant quand une entreprise dont le but est de faire de l’argent a le monopole d’une technologie.
    Bref.
    J’avais pas dit que je ne voulais plus débattre moi ?…
    Désolée, promis j’arrete !

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  9. Non non, continue, c’est vraiment interessant ce que tu dis. C’est vrai qu’on entend pas souvent ce point de vue et que c’est malheureux. Et je suis entierement d’accord qu’il faut continuer la recherche sur les OGM (et justement de la recherche faite par beaucoup de laboratoires differents). J’ai jamais dit le contraire!

    Tiens, en fait de desinformation, j’ai trouve un article assez cool ce matin, Unhappy Meals. Je te le lie dans mes “Pages” a gauche.

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  10. Oui, tu as sans doute raison, j’aurais plutot du dire pour être correcte qu’il y a une poignée de grosses entreprises qui se partagent le marché – et que les laboratoires publics ont 2 choix: soit ne pas essayer de s’approcher de cette technologie et des retombées économiques qui pourraient en découler parce qu’il ne peuvent de toute façon pas financer leur recherhce à la base OU s’associer à ces entreprises sous forme de bourses ou de contrats (mon collegue de thèse travaillait sur un projet Rhone-Poulenc a l’époque), et dans ce cas ils sont hués par le public qui pensent que ces labos ont vendu leur ame au diable.
    Alors perso je fais mes petites Arabidopsis transgéniques pour faire ma recherche à moi, c’est pas pour manger, ça ne dérange personne, et mon chef de thèse a renoncé à faire des tomates à haute teneur en lycopène, et est dans le colimateur de greenpeace – il parait que c’est un vendu qui n’a aucun sens moral et qui joue avec l’avenir de notre nature. Mouais. (Ceci dit il était pas marrant marrant comme directeur de thèse, hein !! 😉 )

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