c'est pas moi je l'jure!

el pintor del arco iris

123: viens me chercher, la voie est libre!

321: il faut encore attendre, l’autre ne dort pas.

C’était notre code secret. Si la voie était libre, j’allais le chercher, de l’autre côté de la ville, et je le reconduisais chez lui vers 5 heures du matin. La nuit, on la passait ensemble comme des fous, chez moi, collés l’un à l’autre comme deux aimants inséparables, deux explorateurs de nos corps comme Magellan à la poursuite de la route des épices.

On s’était rencontrés un jour à la gare, comme ça, tout bêtement, et à la seconde où nos yeux s’étaient croisés, nos corps avaient su qu’ils avaient été séparés depuis bien trop longtemps! On ne parlait pas, on n’avait rien à se dire, je ne pouvais simplement pas décoler ma peau de la sienne, il ne pouvait simplement pas démêler son corps du mien.

Deux mois, ça avait duré. Deux mois sans sommeil, deux mois où chaque jour était la nuit et chaque nuit un feu d’artifice. Nos corps n’avaient dû être qu’un dans une vie précédente, mais je n’aurais jamais pu me résoudre à devenir fermière dans l’Idaho et il n’aurait jamais accepté une femme avec un doctorat. On s’en fichait, mais on savait que nos escapades nocturnes n’étaient qu’un arc-en-ciel qui s’évaporerait plus rapidement que dernières gouttes de pluie à l’arrivée du soleil.

C’est drôle, récemment, lors d’un cours de cuisine, j’ai appris à faire un nouveau plat. Et à la seconde où je l’ai goûté, j’ai sû que c’était le plat dont sans le savoir, j’avais toujours voulu connaître la recette, celui dont j’avais dû me régaler au paradis pendant quelques centaines d’années, les saveurs et les couleurs qui correspondaient le mieux à chaque détail de mon ADN, le petit quelque chose dont ma vie aurait toujours manqué si je n’avais pas appris cette recette!

38.jpg

Il faut:
– 2 feuilles de phylo (je pense que ça marcherait avec de la pâte feuilletée
– quelques cuillères de beurre fondu
– un peu d’huile d’olive
– de l’ail à volonté, coupé finement
– 1 oignon ou des échalottes, coupé finement
– beaucoup de champignons divers et variés
– 2 poivrons rouges
– beaucoup de fromage de chèvre frais
– des herbes (thym, persil, etc.)
– du sel et du poivre.

1. Faire chauffer l’huile dans une poêle et y faire revenir l’oignon et l’ail. Rajouter les champignons (ne jamais laver les champignons! Les nettoyer avec du sopalin) jusqu’à ce qu’ils soient bien cuits. On peut ajouter un peu de jus de citron.

2. Pendant ce temps, faire cramer les poivrons entiers (pas coupés) au four jusqu’à ce que la peau soit noircie. Les mettre ensuite dans un sac en papier, le fermer, et laisser refroidir. Quand c’est moins chauf, enlever les poivrons du sac en papier et là, on s’amuse à enlever la peau et les pépins pendant une heure! Couper la chair en fines lamelles.

3. Prendre la pâte phylo et en badigeonner la moitié de beurre fondu. Replier la partie non beurrée sur la partie beurrée. Mettre des champignons (comme sur une crêpe) sur une ligne à 1/3 du bas de la pâte phylo (ne pas aller jusqu’au bord). Avec les champignons, ajouter du fromage de chèvre et puis quelques lamelles de poivrons.

4. Entourer le mélange avec le bas de la pâte, puis replier un peu (1-2 centimètre) les côtés de la pâte avant de continuer à rouler (pour pas que le mélange s’échappe par les côtés). Ca fait une longue bûche. Couper très légèrement le haut de la pâte (comme sur la photo) pour que ça soit plus facile à manger ensuite) puis badigeonner avec le reste de beurre fondu.

5. Faire cuire au four environ 25 minutes (jusqu’à ce que ce soit doré) à 200 degrés. Laisser refroidir 5 minutes avant de servir.

Normalement, c’est plus joli que sur ma photo. Là, je ne sais pas pourquoi, mais mes rouleaux se sont un peu affaissés (peut-être que je n’avais pas assez serré mes rouleaux), et en plus, la farce s’est un peu échappée au milieu, ma phylo devait être trop sèche (sortir la phylo de son sachet d’emballage à la dernière minute et travailler rapidement et précautionneusement, ça sèche très vite et c’est très friable). Bref, c’était pas super joli, mais qu’est-ce que c’est bon!

Réussite: 9/10!

7 comments

  1. Quel beau feu d’artifice cet homme arc-en-ciel. Qu’importe la brève durée quand les corps flambent. Une belle aventure des sens qui rappelle de joyeux souvenirs, des escapades en pleine nuit.
    C’est bien beau d’éveiller tout ça Dr Caso, mais pense un peu que je ne vais pas pouvoir bien replonger avec ton alléchante recette qui me semble bien au-delà de mes compétences. Bon allez zou, un c*rambar à la place !

    Like

  2. Alcib, les sushis c’est très bon, surtout en charmante compagnie 🙂

    meerkat, je me laisserais bien tenter par le carambar moi aussi, tiens 😉

    Candy, faudra me dire ce que ça donne, hein 🙂

    Clio 😆

    Like

  3. Je confirme, ça marche aussi avec de la pâte feuilleté 🙂 Et aussi avec de la chair de tomate à la place du poivron, voir même les deux en même temps.
    *je me donne faim toute seule à commenter, c’est grave docteur?*
    (j’aime beaucoup la manière dont tu racontes tes escapades arc-en-ciel 🙂 )

    Like

Comments are closed.

%d bloggers like this: