c'est pas moi je l'jure!

elle a peur des hirondelles

Je suis un peu chiante, dans la vie, je crois. Par exemple j’adore organiser des fêtes, mais je n’aime pas du tout aller à celles de mes amis ou du boulot. Je n’ai aucun problème à manger seule au restaurant, mais traverser une grande place vide de monde me rend malade. J’adore parler devant une audience lors de conférences, mais je ne supporte pas de donner mon avis pendant les réunions avec mes collègues. J’adore les débuts d’années, lorsque je rencontre mes nouveaux étudiants, mais je me sens terriblement timide lorsqu’on me présente à des gens que je ne connais pas. Y’a pas de doute, je suis chiante!

Hier, à la radio, j’ai entendu une discussion sur le “social anxiety disorder” (anxiété sociale?), une maladie où les gens sont très mal à l’aise en société, où ils ont peur qu’on les observe et les critique, où un rien les angoisse ou les inquiète, où ils craignent que tout ce qu’il font puisse être embarassant ou humiliant, où ils ont presque peur d’exister. Et en écoutant ces symptômes, je me disais “ah, ça c’est exactement moi!” Et pourtant…

Finalement, je pense que le fait que je marche de traviol et ma déprime chronique ont dû me rendre particulièrement sensible au regard des autres. D’un autre côté, mon caractère de cochon et les qualités parfois hyper-sociables de ma mère (qui doit être bi-polaire) ont dû me donner un certain talent à “briller en société.” En relisant mon premier paragraphe, je me rends compte qu’il semblerait que je ne suis à l’aise que quand je contrôle entièrement la situation, quand c’est moi qui ai créé l’événement, la rencontre, le cours, la présentation, la situation, quand je suis la cheffe, la prof, l’experte, l’instigatrice, le guide, l’héroïne, la responsable, la meneuse, le porte-drapeau, la protagoniste. Ce qui me fait me poser une nouvelle question: est-ce une question de contrôle ou bien d’égocentrisme?

soupe de cresson

1. Pour 4-5 personnes ou plusieurs repas: Prendre une grosse botte de cresson. Bien nettoyer les feuilles et les mettre dans une casserole (j’utilise aussi les tiges).

2. Prendre 3 grosses pommes de terre. Les éplucher si la peau est trop épaisse (je la laisse toujours) et les couper en petits morceaux. Mettre les morceaux dans la casserole avec le cresson.

3. Recouvrir les légumes d’eau, ajouter un peu de sel, et laisser cuire (à feu moyen) jusqu’à ce que les pommes de terre soient cuites (15-20 minutes).

4. Enlever presque tout le bouillon (le réserver) et passer les légumes au mixeur. Rajouter le bouillon jusqu’à ce que la consistence soit celle qui vous plaise (soupe, purée, etc.). Servir bien chaud avec un peu de crème à battre (pas tournée, comme la mienne…).

Réussite: 10/10! Repas parfait pour un soir d’hiver, plein de vitamines et léger (ce qui ne fait pas de mal après les fêtes!).

15 comments

  1. Ah oui la phobie sociale…

    Mon frère en a souffert pendant des années, ça commence à aller mieux. Dans son cas, à la base, c’était un gros problème de bégaiement qui l’a conduit à éviter les autres. Il ne pouvait pas faire les présentations orales à l’école ni manger avec les autres le midi dans une cafétéria. Il sortait dehors et marchait pendant des heures en attendant son cours suivant, de sorte qu’il revenait avec les mains toutes gercées de froid. Il a fini par ne plus pouvoir aller à l’école du tout.

    Mais bon maintenant ça va mieux, il a repris ses études, etc.

    Tout ça pour dire que même quand on a l’impression d’entrer dans un “trouble psychiatrique”, c’est souvent juste des “traits” et non une “maladie”, à moins que ça n’en vienne à rendre significativement malheureux, ou que ça atteigne de façon significative le fonctionnement (comme mon frère qui a dû abandonner l’école pendant 3 ans, ça s’appelle de l’évitement, et en phobie, plus tu évites, plus tu as peur…).

    Bref, désolée pour le roman et ne t’en fait pas trop pour tes traits de personnalité, ils font sûrement tout ton charme 🙂

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  2. The Swedish Chef reloaded

    “Je suis un peu chiante, dans la vie, je crois” : Ah c’est donc ça, j’comprends mieux 😉 , et je ne fais pas de commentaire sur le caractère de…

    Quand j’ai vu la photo, je me suis dit que pour une fois tu avais raté ta recette et que tu avais oublié dans un coin ta préparation et que ça avait germé. Je sais, je suis mauvaise langue…

    Pourquoi, pour une fois tu ne ferais pas exprès de raté un truc (pas important, hein, j’me comprends) pour voir ce qui se passe ? Tu te rendrais compte que le regard des gens ne changera pas : ceux qui t’apprécient continueront à le faire et les autres, de toute façon…
    Moi, je dis ça, je dis rien 🙄

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  3. je ne crois pas que ce soit de l’égocentrisme, ce sont des situations plus rassurantes, c’est tout… ah les réunions et les avis à donner aux collègues… ça me rend terriblement timide aussi !

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  4. Je me reconnais assez bien dans ce que tu écris. Je disais toujours : « Je préfère m’adresser à 500 personnes qu’à 5 ». En lisant tes premières lignes, je pensais justement à la notion de « contrôle ». Je crois que c’est tout à fait normal, quand on a dû surmonter des difficultés (timidité, sentiment d’exclusion, etc.), de préférer les situations où le sent plus fort, plus à l’aise, que dans celles où l’on devient vulnérable. Si le fait de s’affirmer devant un groupe, dans un milieu professionnel ou devant un public, est un défi en soi, l’intimité est un autre défi.
    Si l’on a souffert durant l’enfance ou l’adolescence du jugement ou du rejet, pour quelque raison que ce soit, ça laisse des traces dans la confiance, l’estime et l’affirmation de soi. Il est normal qu’après cela on ait envie de choisir ses champs de bataille.
    Ce qu’il y a de bien dans le fait de ne pas être à l’aise en société, par exemple (petits groupes, soirées mondaines, etc.), c’est que les autres ne le savent pas forcément et qu’ils nous traitent comme si nous l’étions (à l’aise) ; finalement, on se rend compte qu’on n’est pas moins bien que les autres ;o)

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  5. Ben moi aussi j’adore recevoir et je déteste être invitée, et moi aussi je préfère parler devant 500 personnes que de donner mon avis dans une réunion à 4.
    Mais j’ai jamais cherché midi à 14 heures, je me dis que c’est mon caractère et c’est tout, tant que ça ne m’empêche pas de vivre ma vie je n’ai pas l’intention d’essayer d’y faire quoi que ce soit.

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  6. La sensation de contrôle est tout à fait normale à mon avis. Je trouve pas mal plus inquiétant de tenter une approche avec des gens qui s’ils ne s’y attendent pas vont fuir carrément ou prétexter une autre activité quand: lorsque c’est eux les instigateurs alors là… ils ont toute la vie pour vous embêter avec leurs petits détails 😦

    Moi je te trouve juste normale… faut juste savoir que la normalité dans mon dictionnaire ne veut absolument rien dire. Ce qui compte c’est d’être vrais! On aime= yep!
    On aime pas= pas grave on évite au max…

    Dailleurs: j’ai pas souvenir d’avoir mentionné mon admiration pour la fois où t’as quitté le repas avant le dessert 😉 Parce que ça: faut le faire! Tant que c’est en accord avec ton toi!

    PS: si jamais c’est pas clair ce que je tente d’expliquer: c’est normal. 😆

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  7. Comme Béa, être fille et chercher à controler me semble synonyme. Avoir un peu peur de donner son avis c’est vraiment bien, j’en connais plusieurs pour qui ce serait une vertu. Et pour t’avoir rencontrer, tu n’es pas chiante.

    Par contre traverser une place quand il y a personne, je ne comprends pas pourquoi ça te chiffonne, si la place est vide, personne ne va te voir non?

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  8. en tous cas, toi t’as pas besoin de psy, tu fais le boulot toute seule!
    C’est chouette d’arriver à prendre ce recul, à mettre des mots sur ce qui te touche, et surtout de ne porter aucun masque, de te mettre à nue sans complexe finalement!

    Du coup je crois qu’on apprend pas mal sur nous-même en te lisant…

    (voilà donc le commentaire le moins constructif! Juste contemplatif! lol)

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  9. Dre Papillon, mon charme… hum… en tous les cas une personnalité bien à moi 😉

    TSC, t’inquiètes pas, je rate plein de trucs tout le temps, et pas seulement dans ma cuisine 🙂

    rose, contente de voir que je ne suis pas la seule 🙂

    Heidi, tu me connais trop bien 😉

    Alcib, oui mais cette peur n’est-elle pas ce qui fait la différence entre les gens qui vont très loin et le reste du monde?

    Tietie007 bienvenue par ici 🙂

    Marie D., je cherche pas midi à 14 heures mais je me dis que ce genre de timidité m’empêche quand’même d’être à l’aise dans beaucoup de situation, ce qui n’est pas forcément agréable 🙂

    !Béo! huhuh, merci 🙂

    moukmouk, même si c’est irrationnel, c’est comme ça que je le ressents…

    elPadawan, 😆

    Candy, j’offre aussi des consultations à mes lecteurs, $100 de l’heure, c’est quand tu veux 😉

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  10. swedishshef

    Quoi ?? Tu rates des trucs ? Un mythe vient de se casser la gueule 😆

    Offrir une consultation contre des $ ou des £ ou encore des CHF, moi j’appelle ça vendre, même si c’est pas cher. Merci l’€ 😉

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