Je ne me souviens pas de comment j’ai rencontré Ross. Peut-être à la caféteria, lors d’une activité organisée par nos dortoires, ou sur le chemin des cours. Je ne me souviens même pas de ce qu’il étudiait. Mais je me souviens qu’il me rendait visite dans ma chambre le mercredi après-midi, seul moment où les garçons pouvaient entrer dans le dortoire des filles. On mangeait ensemble à la caféteria avant de faire nos devoirs. Le soir, on regardait des films avec des copains dehors, assis sur des coussins autour d’une petite télévision branchée dans la prise à barbecue. Un jour il m’avait offert une rose.
Je l’aimais bien. Il était drôle, vraiment gentil, mignon, pas bête, et un peu “enrobé.” Etre avec lui était confortable, doux, calme, tout le contraire de ce à quoi j’étais habituée, tout le contraire de moi, aussi. On ne se disputait jamais, et il faisait tout pour me faire plaisir. Lors d’une de nos visites au mall, on avait regardé les diamants et il avait bien noté les bagues que j’aimais. Mais moi, j’étais déchirée entre mes besoins de calme et de sécurité et mes besoins de folie, d’anarchie, de complications, d’impromptu, de chaos, de passion, de résistance. J’avais l’impression de l’utiliser et je savais que j’aurais du mal à vivre avec quelqu’un qui était toujours d’accord avec moi.
On a passé la fête du 4 juillet chez lui, dans le Missouri, avec sa famille et ma soeur. Ma soeur a tout de suite compris la situation et m’a confirmé que ce n’était pas un homme pour moi parce qu’il était “trop gentil.” Et parce qu’il aimait plus jouer à des jeux vidéo que de papoter ou visiter la ville avec moi. Et puis aussi parce qu’il voulait une vie trop simple. A la fin de ce séjour, je lui ai dit que je voulais pas qu’on se marie et je l’ai profondément blessé. Pour ma part, je suis depuis ce jour profondément triste d’avoir dû me séparer de quelqu’un simplement parce qu’il était “trop gentil” avec moi.
Pour continuer la collection des copines, voilà une photo de quelqu’un qui n’a jamais dit non à un peu de douceur…

Oh tu réveilles un très lointain amoureux, si doux, si prévenant et que j’ai comme toi profondément blessé (à ma grande tristesse) pour l’avoir éconduit…. 😦
Je vois que toi aussi tu n’as aucune honte à montrer ta dureté vis à vis de tes pauvres coquinettes. Mais quelle cruauté franchement… !!
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Comme je te comprends ! La trop-gentillesse, qui donne l’impression de ne pas avoir de désirs propres et de ne vivre que par fusion avec l’autre, met très mal à l’aise. Ça peut sembler agréable, mais en fait, à moins d’être très dominatrice, c’est stressant.
C’est un peu comme les chiens, trop dépendants de leur maître. Mieux vaut les chats, leur petit caractère, et leurs câlins “quand ils veulent” ! (ce qui ne les empêchent pas d’être des tendres)
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Cela m’est déjà arrivé, mais j’avais 17 ans, je pense qu’il l’a un peu mal pris… mais ce n’était qu’une petite amourette 🙂
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C’est bien compliqué les filles… Il me semble gentil, mignon et pas bête est très très loin au dessus de la moyenne des hommes qui sont par ailleurs, ou vieux, ou laid ou con ou marié ( parfois même tout cela en même temps). Ouf! par chance je suis un ours.
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Valérie, tu me rassures, merci, je ne suis pas la seule à être cruelle avec les hommes et les chats 😉
Lune, c’est exactement ça, il n’avait jamais sa propre opinion parce qu’il voulait tellement me faire plaisir et ne pas me contrarier… En fin de compte, je ne savais jamais ce que LUI aimait, ce que LUI voulait faire, ce que LUI préférait… Il s’est finalement marié avec quelqu’un d’autre donc j’imagine qu’il y a des gens qui aiment ce genre de passivité.
bouh, bienvenue par ici 🙂
Moukmouk, j’imagine que tu le savais déjà, que les filles c’est bien compliqué 😉
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Est-ce indiscret (oui sûrement en fait ^^’) de te demander pourquoi son souvenir ressurgit en toi ici et maintenant ?
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