c'est pas moi je l'jure!

le travail c’est la santé

Le boulot, c’est comme un mariage chinois: on ne connait pas la personne avec qui on va se marier jusqu’au jour du mariage, et ensuite on est obligés de faire marcher l’affaire parce que le divorce c’est trop déshonnorant! Alors parfois on fait semblant, semblant d’être amie avec la fille qui nous a poignardé dans le dos, semblant d’être d’accord que Ze Boss a toujours raison, semblant qu’on croit que la critique est constructive, semblant qu’on est pas fâchée de ne pas recevoir ce qui nous a été promis, semblant que c’est OK de s’être donné un mal de chien pour rien, semblant que ça ne nous dérenge pas que l’autre gagne deux fois plus alors qu’il a deux fois moins de diplômes, semblant qu’on sait de quoi on parle, semblant que les gens sont intéressants, semblant qu’on n’a pas peur, semblant que ce qu’on fait est important, semblant que nos collègues sont géniaux, semblant qu’on ne se sent pas horriblement seule, semblant qu’on ne s’est pas mariés pour l’argent. Et parfois dans la vie, c’est pas que les autres qu’il faut convaincre!

Heureusement que dans sa cuisine, on n’a plus besoin de cacher quoi que ce soit à ses casseroles. C’est bon, c’est moche, c’est raté, c’est pas assez cuit, c’est trop salé, c’est superbe, quoi que ce soit, on n’a pas besoin de faire semblant. Bien sûr, sur son blog pseudo-culinaire, on pourrait cacher la vérité et dire que tout est beau tout est bon mais y’en a marre de prétendre. Moi, je suis fière d’être une cuisinière nullissime parce que je me soigne (cours de cuisine à $130/3 heures, si c’est pas de la thérapie de choc, ça) et je n’ai pas peur de me prendre une gamelle. La preuve, ma dernière débâcle: le… heu… truc qui n’a pas de nom aux agrumes.

gelée d’agrumes

Le recette vient de , je la recopie fidèlement:

Les ingrédients pour 4 personnes :
2 pamplemousses
1 orange + 1 orange sanguine
30 g de sucre semoule
3 feuilles de gélatine
20 cl de jus de pamplemousse
7 cl de jus d’orange
Le jus d’1/2 citron

Peler les agrumes à vif et couper les suprêmes en 4. Faire chauffer les 3 jus (orange, pamplemousse et citron) avec le sucre. Quand l’ébullition est atteinte ajouter les feuilles de gélatine que vous aurez auparavant fait tremper quelques minutes dans de l’eau froide et soigneusement pressées. Verser la gelée obtenue dans des ramequins de 7-8 cm de diamètre avec les morceaux d’agrumes. Filmer les ramequins et mettre au moins 2 h au frigo.

Alors, c’était bien frais et pas mauvais en soit, mais pas génial. Déjà, j’avais pas de jus de pamplemousse donc je n’ai mis que du jus d’orange. En plus, mon jus d’orange n’était pas vraiment bon. Ensuite, la gélatine qu’on trouve ici n’est pas en feuille mais en poudre et j’en ai mis trop parce que je n’étais pas sûre des quantités et la gelée était vraiment trop compacte. Et puis je ne savais pas ce que c’était que des “suprêmes” donc mes morceaux de fruits étaient trop gros. Enfin, j’ai voulu faire la maline et j’ai ajouté une cuillère à soupe d’alcool de lychees mais ça couvrait le goût des fruits un peu trop.

Mes conseils du jour (ça ne sert à rien de se prendre une gamelle si on n’en tire pas des leçons): bien remplir les ramequins de fruits avant d’ajouter le mélange liquide, plus il y a de fruits et meilleurs c’est; couper les fruits en petits morceaux; utiliser le jus d’un gros citron entier, ça serait plus bon; si la gélatine est en poudre, n’en mettre qu’un sachet (7 g); éplucher et couper tous les fruits avant de préparer le mélangue liquide; et faire soi-même ses jus d’orange et de pamplemousse! Bonnap’ 🙂

18 comments

  1. Bon, mais c’est quoi les suprêmes, alors ?
    (Je ne sais pas comment tu as pu avoir des morceaux trop gros après “pelage à vif”. J’ai essayé une fois, des pamplemousses, je me suis retrouvée avec du jus et de la pulpe. Un massacre !)

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  2. Ah, la cuisine! un grand moment de détente, dans tous les cas 🙂
    Ton “truc aux agrumes” est plutot joli en tout cas, et avec moins de gélatine, ça doit être très bon 🙂
    Il va falloir que tu réessaies hein, ne pas rester sur un semi-échec!

    Bises!

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  3. fiftywan, ben tant mieux, j’t’ai pas tué alors…

    Lune, je crois comprendre que ce sont les quartiers de fruits une fois pelés à vif (mais je peux me tromper). Quant au pelage à vif, pour les oranges j’ai simplement coupé entre les peaux (ce qui fait que la peau était au milieu de chaque “suprême” en gros) et ça ne gênait pas du tout. Pour le pamplemousse j’ai fait la même chose et là la peau est plus coriace donc c’était un peu moins agréable à manger mais bon, pas la cata non plus!

    TSC, j’espère que coupés en 4 ils chantent toujours aussi bien 😉

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  4. pour les suprêmes, en fait tu es censée donnée deux coups de couteau pour le dégager, un de chaque côté, à l’intérieur des peaux à ras. ensuite tu recommences à dégager un côté, plus l’autre, du suprème suivant…

    je pense que le jus acide d’un pamplemousse ou d’un citron t’a manqué oui, ce genre de petits ramequins en gelée, c’est vite écoeurant ou fade quand il n’y a pas trop d’acidité pour réveiller tout ça 🙂 .

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  5. Ce que tu dis du boulot, c’est tellement vrai ! Tellement !!!!

    Sinon pour ton truc aux agrumes, je crois que j’en raffolerais. Ma maman faisait un truc dans le genre qu’elle appelait Kissel aux oranges (ou Quiçelle aucune mais aucune idée de l’orthographe)

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  6. Llyn, t’inquiètes pas, je vais réessayer, c’est un dessert parfait pour les étés chauds 🙂

    krysalia, effectivement, c’était un peu trop sucré à mon goût, la prochaine fois je mettrai plus de pamplemousses et de citrons 🙂

    Valérie, vas-y, essaye de le faire, c’est vraiment facile 🙂

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  7. dieudeschats, j’espère que tout le monde n’est pas dans la même situation, mais visiblement, les choses ne sont pas toujours faciles au boulot… Dans quel domaine travailles-tu, si j’ose demander?

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  8. Souvent les vacances permettent de renouer avec son intégrité et prendre des forces pour la reprise du travail…. moi, de mon côté, je tiens avec cette carotte au bout du mois et aussi depuis 10 jours du millepertuis concentré. Mais les concessions quotidiennes sont épuisantes et je suis désolée que tu sois obliger de vivre cela au tout début de ce nouvel emploi.
    (rav… j’espère que mon mail n’était pas intrusif et maladroit. Si cela était le cas, je te prie de m’excuser.)

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  9. Bon courage, dieudeschats, ça ne foit pas être rose tous les jours, effectivement! Moi, à la fin de ma première année ici, je ne peux que faire ce constat d’échec et me demander combien de temps je vais réussir à jouer le jeu. J’espère que ce n’est pas aussi moche de ton côté…

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  10. Valérie, je pense que le problème avec mon boulot c’est que je croyais vraiment que cet environnement professionel dans lequel je suis (l’éducation) serait différent du reste puisqu’on pourrait penser que l’argent et le pouvoir ne sont pas nos préoccupations principales… Mais notre société nous pousse à être de plus en plus comme un “business” avec des “clients” et il faut compter les points et “être productif” pour survivre. Il est loin le temps où on ne pensait qu’au succès de nos étudiants. (Aucun soucis pour le mail, je réfléchis toujours quelques jours avant de répondre aux emails “importants” 🙂 )

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  11. Je partais avec moins d’illusions que toi, la déconvenue fut donc moins dure ! Il n’empêche que c’est démoralisant et épuisant à vivre au quotidien, mais je n’ai pas l’espoir que ce soit différent ailleurs… donc je m’accroche comme je peux. Parfois je me retrouve dans le discours des collègues désabusés et cyniques, parfois j’ai encore la naïveté et l’enthousiasme de me battre pour essayer de faire changer les choses. Peine perdue vue l’inertie, le gigantisme et l’inhumanité du système… mais se plaindre sans essayer d’améliorer les choses, c’est certainement pas la solution, et puis parfois des micro-mieux-êtres *semblent* s’amorcer… l’espoir fait vivre 🙂

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  12. heidi, je connaissais le principe de Peter mais pas par son nom, merci, je me coucherai moins idiote ce soir 🙂 Dans ma situation actuelle, je ne sais pas comment s’appelle ce que je vis, mais c’est pire que Peter: on me FORCE à ne pas être trop compétente, on me FORCE à ne faire que ce qui m’est demandé, à ne pas être trop intelligente, à ne pas prendre d’initiatives, à ne surtout pas réfléchir, à n’aider personne, à ne pas en faire plus que le miminum… Donc en me basant sur le principe de Peter, on me force à faire semblant que je suis arrivée à mon niveau d’incompétence maximal. Lamentable!

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  13. Bouhouhouhou. Allez courage ! Tâchons de ne pas trop perdre notre vie à la gagner. Vrai que le travail nous bouffe.
    Moi, je n’ai quasiment pas de problème relationnel, travaillant en free-lance et ayant pour l’instant la chance de plus ou moins pouvoir “choisir” ceux qui me font travailler. Mais rien n’est jamais acquis avec ce type de statut, et aucune visée à plus de un mois ou deux. Du boulot par dessus la tête avec de très fortes exigences en délai et sophistication du rendu. Là pour le coup, c’est parfois obligation à être PLUS compétente que ce que je le suis ! Ce n’est pas plus confortable.
    Mais c’est le privé et le marketing. Alors me dire que c’est pareil dans l’enseignement, je le sais bien, mais pfuitt ! Dr CaSo, je pense que tu as essayé, mais ce n’est pas possible de te faire ton petit territoire à toi à l’intérieur d’un grand système de ce genre ?

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