c'est pas moi je l'jure!

fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve

Pendant longtemps j’ai cru que j’étais plutôt optimiste, en général, mais je suis en train de me dire que je suis en réalité un peu pessimiste… ou est-ce du réalisme? Je préfère m’attendre au pire pour être déçue en bien, comme on dit en Suisse, plutôt que de m’attendre à ce que tout se passe pour le mieux et être déçue en mal.

Par exemple l’autre jour, ma tante voulait m’emprûnter mon réveil, acheté en 1993 et fragile mais adoré. Je lui dit “fais attention, il est super fragile, n’essaye pas de …” mais je savais bien qu’elle allait essayer et tout casser. Et paf, le lendemain, mon réveil était fichu, mais ça ne m’a même pas fâchée parce que je m’y attendais. Est-ce que les choses se passent mal si on s’attend à ce qu’elles se passent mal, et bien si on s’attend à ce qu’elles se passent bien? Ou est-ce tout simplement la vie et le hasard qui font les choses?

En fait, je suis en train de vous mentir. Je ne m’attends pas seulement au pire, je le crée moi-même, pour me prouver que j’avais raison de l’attendre et pour ne pas être déprimée ou fâchée ou blessée quand il arrive, pour avoir l’impression que je contrôle ma vie. En fait, je ne laisse pas leur chance aux bonnes choses d’arriver, c’est dingues! Je n’ai même pas besoin d’un partenaire pour jouer à touché-coulé: je m’auto-torpille très bien toute seule!

Je ne sais pas comment m’arrêter de vivre comme ça…

Je sais même pas comment j'ai pris cette drôle de photo!

photo marrante du 11 novembre 2008

je déteste la neige...

l'hiver est de retour, et -11 c'est VRAIMENT froid!

fenouil gratiné

fenouil gratiné

J’ai fait un test marrant pour vous, mes chers lecteurs. J’ai eu l’idée de me faire du fenouil gratiné, mais je ne savais pas si je devais d’abord le cuire dans du bouillon et ensuite le mettre à gratiner au four, ou le faire rôtir au four tout simplement, avant de rajouter le fromage au bout d’un moment seulement. Alors j’ai fait les deux.

Et en plus, j’ai testé deux mélanges de fromages!

1. J’ai pris deux gros fenouils que j’ai coupés en deux. J’ai mis deux moitié dans une casserole et les ai recouvertes de bouillon de légume. J’ai fait cuire tout ça à petits bouillons avec un couvercle pendant 35 minutes. Ensuite, je les ai bien égoutées.

2. Pendant ce temps-là, j’ai mis les deux autres moitié dans un plat à gratin, les ai arrosées d’un peu d’huile d’olive et de sel aux herbes, et les ai laissées griller à four très chaud pendant 35 minutes en les retournant toutes les 10 minutes.

3. Dans un plat à gratin légèrement huilé, j’ai mis les quatre moitiés de fenouils les unes à côté des autres. Dans deux petits bols, j’ai fait deux mélanges en quantités très généreuses: 1) moitié parmesan râpé, moitié mozzarella râpée, un peu de piments séchés, et du persil ciselé finement (les petits bouts de persil que j’ai réussi à faire pousser sur mon balcon); 2) moitié gruyère râpé, moitié mozzarella râpée, un peu de piments séchés, et du persil ciselé finement. J’ai saupoudré les fenouils généreusement et équitablement (une moitié grillée et une moitié bouillie avec le parmesan, une moitié grillée et une moitié bouillie avec le gruyère). J’ai mis le reste des mélanges de fromages au fond du plat à gratin.

4. J’ai fait griller tout ça à four bien chaud (chaleur en haut) pendant environ 15 minutes, jusqu’à ce que le fromage soit bien doré! Et puis j’ai mangé un quart de chaque moitié et gardé le reste pour le lendemain.

Résultats: le fenouil bouilli avait un peu trop le goût de bouillon et était un peu “aqueux” sur le moment, mais très tendre. Le fromage a moins doré dessus. Le lendemain, c’était le meilleur! Le fenouil cuit au four avait un goût de fenouil vraiment concentré et exquis, mais l’extérieur (les bouts un peu plus gros et filandreux) était un tout petit peu coriace. Le fromage avait mieux doré dessus. Le lendemain, c’était devenu trop sec. Quant aux mélanges de fromages, j’ai préféré le gruyère je crois, mais je n’ai pas senti de différences flagrantes. Par contre, les “restes” de fromage au fond du moule, mélangés à un peu de bouillon échappé des fenouils bouillis, étaient absolument divins!

La prochaine fois: si j’en fais un peu, pour le jour même, je couperai les fenouils en quatre, plutôt, pour mieux les faire cuire au four (peut-être un peu plus longtemps, aussi). Si j’en fais plus, pour deux ou trois jours, je les ferai cuire dans le bouillon. Pour des invités, les fenouils grillés au four sont plus jolis et plus goûteux 🙂

Réussite: 10/10 pour les deux! Utiliser autant de fromage que possible, plus y’en a meilleurs c’est, et en plus c’est plus joli!

PS. Vous pouvez toujours voter (tapper “jure” dans la case “rechercher un blog culinaire”)…

blogsculinaires

29 comments

  1. Je connais ce système aussi, mais dans les deux sens (des fois où je compte beaucoup beaucoup trop sur “ça se passera bien”, parfois ça me fait des frayeurs rétrospectives !!). C’est selon l’humeur du moment je suppose… Connais-tu Lhasa de Sela : “j’me sens coupable parce que j’ai l’habitude, c’est la seule chose que je peux faire avec une certaine certitude” ?
    C’est un peu le même genre de cercle vicieux pour le stress. Quand on stresse de faire mal quelque chose, on le fait mal parce qu’on stresse 😉

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  2. Lullaby

    ah, à nouveau, je vais te dire qu’on a du être jumelles dans une vie antérieure…

    “Je ne sais pas comment m’arrêter de vivre comme ça…”: en ce qui me concerne je me dis de plus en plus “retourne voir ton psy”, je crois pas qu’il y ait d’autre moyen…

    Bises enneigées d’ici aussi!!

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  3. Bah je sais pas si cela est du pessimisme ou du réalisme… Mais je penche plutôt pour le pessimisme. Quoique pour ton réveil je crois que c’était vraiment du réalisme… 😉 Ca me rappelle quand j’avais prêter mon lecteur de CD à une copine pendant les vacances. J’étais sûre qu’elle allait le paumer, le prêter, le donner… Ben nan : elle l’a juste fusillé 😀 Ca c’était du réalisme aussi 🙂
    Autrement j’aime beaucoup cette chanson, elle est très belle.

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  4. dieudeschats, excellente la citation sur la culpabilité! Je retiens 😉

    Lullaby, ouip, malheureusement c’est toujours un peu stressant de chercher un bon psy… et pour le moment, j’ai pas trop osé…

    Mahie et fabienne 😆 moi non plus je comprends pas trop cette photo, c’est pour ça qu’elle est marrante, je trouve. Je n’ai aucune idée de comment j’ai pu la prendre! Mais effectivement, la barre grise est la rambarde de mon balcon, et ensuite ce sont bien les balcons de l’immeuble à côté du mien… mais je n’arrive pas à comprendre comment un miroir s’est fichu là… Et comme il fait -8 ce matin et que je suis pieds-nus et en pyjama, je vais pas aller sur mon balcon pour chercher à comprendre 😆

    fanette, merci 🙂

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  5. Possible que parfois tu noircisses le tableau (il n’y a pas si longtemps les élections américaines ont fait les frais de ta tactique du “déçue en bien” 😉 ) mais souvent tu témoignes d’une incroyable lucidité, en particulier vis à vis de toi même, qui m’impressionne depuis des années.

    Si ce sont des réponses sur ta vision du monde, de l’homme et donc de toi même que tu cherches à comprendre pour mieux vivre, n’est ce pas plutôt vers la philo que vers un psy qu’il te faut aller ?

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  6. je vote masochisme misanthropique, plutôt. Un truc du genre. Oui, c’est très bête, tu pourrais avoir plein de bonnes choses qui t’arrivent si tu t’sabotais pas toutes les deux minutes. Alors maintenant t’arrêtes, et tu laisse le père noël t’amener plein de joie, bonheur, richesse, chance, amour, stock options…

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  7. Je suis une éternelle positive et un peu comme Olivier… ça exaspère mon entourage pour finir par m’atteindre aussi parfois 😯

    Par contre: chose certaine; on attire le négatif en étant pessimiste. C’est clair!

    Positiver est un exercice à faire en tout temps pour ceux chez qui c’est pas inné; ça marche pareil au bout du compte!

    Petit 10 cm de neige en ce samedi matin par ici. C’est joli!

    Bises!

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  8. “je ne sais pas comment arrêter de faire ça”

    => oh alors si tu trouves, je crois qu’on sera plusieurs à te demander la recette ! 😀

    le seul petit bout de début de poil de *u* de solution que j’entrevois, c’est de se lancer. se lancer pour de bon les yeux fermés à tatons dans le labyrinthe, sans toucher les murs ni regarder en arrière. cesser de se protéger en somme, d’agir en fonction de ce qui *pourrait* arriver, ou qu’on ressent qui risque de se produire peut être etc etc…
    ça revient à ce qu’on disait une fois chez toi sur le contrôle qu’on cherche à exercer sur tout, dans ce cas précis sur l’à venir.

    vaste programme hein ? :/

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  9. krysalia, tes idées semblent excellentes… et heu… j’essayerai… un jour 😉

    !Béo! en fait je pense pas que je sois pessimiste dans ma façon de voir les choses mais seulement dans ma façon d’attendre les choses 🙂

    Olivier, ouaip, on a eu une grosse tempête de neige mardi dernier et c’est encore blanc. Avec les températures qu’il fait, c’est pas prêt de fondre 😦

    elPadawan, alors là, si tu parles de stock options, je vais peut-être être obligée de faire des efforts 😉

    heidi, et dire que j’ai jamais eu de cours de philo! Toute une éducation à refaire 🙂

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  10. hmm j’me demande si t’es passé à côté d’un truc, un moment de bonheur ou autre, pour raconter ainsi comment tu t’auto-torpilles….
    j’me demande mais j’te demande pas, je veux pas faire ma curieuse!

    En tous cas, tu te connais bien, pas besoin d’analyste en ce qui te concerne 😛
    du coup, tu devrais réussir à trouver la soluce… enfin moi j’ai super confiance!

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  11. Babeth59 😆 cet après-midi il a fait tellement chaud (“seulement” -1 degrés) que j’ai pu laisser Coquine No. 1 un bon moment sur le balcon. Elle est allée faire la folle dans les restes de neige et essayer de manger mes pauvres plantes gelées…

    Candy 😆 tu me connais trop bien, toi! Je suis effectivement en pleine attaque d’auto-torpillage et j’essaye d’y résister mais pour le moment c’est pas un succès…

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  12. Atichoo!

    C’est fou, j’ai vu ce défilé, enfin je crois que c’était celui-là quand je suis allée en w-e dans ta belle ville…
    En tout cas, celui que moi j’ai vu avait une partie très écossaise et puis tous les corps d’armée.
    Il est parti d’un parc dont j’ai oublié le nom et je l’ai recroisé en centre-ville après .

    Pour le côté pessimiste, mon chum est exactement comme çà. On va toujours l’arnaquer, il va se faire voler ses affaires, une autre chose va foirer, etc.
    Bien sur des fois la vie lui donne raison mais souvent tort. Je crois que c’est une technique pour être prêt au pire, oui et dans un sens, des fois, çà aggrave la situation.

    Mais je ne suis pas arrivée à le convaincre de chaner de point de vue.
    Aie confiance en toi, je crois que c’est une partie de la solution. Plus facile à dire…etc, d’accord avec toi.

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  13. Fais comme moi, prend de la vitamine D, c’est bon pour le moral! 😀

    (Si tu vas faire un tour aux zétats un d’ces jours, et que tu passes en voiture près de chez moi, n’hésites pas, hein… J’habite à côté de l’autoroute qui te mène là-bas. D’mon côté j’ai toujours pas une journée libre en vue pour aller faire un tour dans ta ville…)

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  14. Bon, je crois que j’ai mal expliqué la situation 🙂 Je ne suis pas pessimiste ou déprimée. Je ne me dis pas tout le temps “ça va mal se passer, la vie c’est trop injuste, je suis sûre que je vais me faire cambrioler ma bagnole, etc.” Non. Tout simplement, je me dis que plein de trucs arrivent à plein de gens et que c’est normal que quelque chose m’arrive un jour et ça sera normal, je m’y attends, je ne vais pas râler ou pester parce que c’est normal que des trucs biens et moins bien m’arrivent, comme à tout le monde (à part contre la neige, là je fais exception). Ma copine bousille ma bagnole? C’est pas grave, je m’en fiche, ça devait arriver un jour.

    Ce qui est différent du problème dont je parle dans mon troisième paragraphe, l’auto-torpillage. Là, c’est quand j’empêche des trucs bien d’arriver parce que j’ai la trouille.

    Bref, je suis confuse, et tout le monde est confus maintenant, bravo, j’écris super bien on dirait 😉

    Candy, je crains qu’on en soit à l’étape “coulé…”

    Atichoo! t’étais ici le 11 novembre? Dis donc, si c’était la même parade, ils ont dû faire des sacrés kilomètres les pauvres: rien que depuis chez moi au centre ville il y a bien 15 kilomètres!

    Noelia, funny you mention it 😉 J’espère effectivement aller aux Etats Unis mi-décembre… voir ma frangine et passer quelques jours en Indiana… Je suis sûre que ça serait fort agréable, une petite pause chez toi 🙂

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  15. Donc la question est “comment ne plus avoir peur ?”
    C’est bien ce que je disais, c’est une question de philo ! 😀

    Si tu ne connais pas, lis “Le monde de Sophie”, de Jostein Gaarder. C’est bien plus passionnant que Chomsky 😉

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  16. Moukmouk

    Quand on court après on finit par l’attraper… il est possible d’apprendre à se faufiler entre les gouttes ça nous empêche d’attraper la pluie sur la gueule.

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  17. A voté!

    Oh, pour les tomates, mon conseil, c’est le plant; en France, plutôt en mai (au Canada, je sais pas). Les tomates cerises sont petites, mais le pied monte très très haut!
    Pois de senteur: pas de regrets, c’est galère à cultiver. En acheter un bouquet suffit.
    Graines récoltées en 2008: les laisser dans la terre même au froid. Elles donneront des plantes souvent plus précoces et plus fortes que les semis de printemps.

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