c'est pas moi je l'jure!

ça reste à boire

Certains jours, une suite d’événements imprévus peut m’entraîner dans une direction inattendue et finir par me voir faire des choses très… insolites et surprenantes!

Le premier événement déclancheur n’était même pas si inhabituel que ça: cette année, j’invite des profs à nos staff meetings pour qu’ils nous parlent de leurs étudiants et du genre de papiers qu’ils écrivent pour leurs classes. La dernière fois, un prof de Sociologie et un prof de Planning and Development étaient nos invités. Cette fois-ci, j’avais invité un prof de Philosophie. Malheureusement, à la dernière minute, ce prof m’a prévenue qu’il ne pourrait finalement pas venir, donc j’ai dû trouver quelqu’un d’autre.

Alors j’ai demandé à ma copine Jackie, et oh surprise, elle a dit OK! Je lui ai promis que pour la peine, je l’invitais à déjeuner avec moi au Cactus Club, un resto où je ne vais pratiquement jamais mais qui fait le seul hamburger canadien mangeable et ça faisait un moment que j’en rêvais.

Donc, après le staff meeting très sympa, Jackie et moi sommes allées déjeuner ensemble. Et comme Jackie a des gros soucis personnels, ces temps-ci, et que donc on a tendance à toujours parler de ses problèmes et que je ne voulais pas l’emmerder avec 150 questions indiscrètes, j’ai un peu plus parlé de moi que d’habitude. Je lui ai raconté que j’étais pas mal découragée et dépassée côté boulot, que je me sentais coincée ici, que je détestais le cours que j’enseigne en ce moment, que je savais qu’il y avait des choses à faire pour me sortir de ma déprime mais que je ne faisais rien et que donc ça me déprimait encore plus…

Bref, à la fin du (délicieux) déjeuner, Jackie m’a demandé ce que je faisais de ma soirée, et comme je lui ai répondu “rien,” elle m’a dit qu’elle passerait me chercher à 19 heures pour m’emmener quelque part. Et ce quelque part était très… surprenant et fascinant et intéressant et ennuyeux et intrigant et… mmmm… je ne sais pas trop quoi en dire!

C’était une réunion des Codependants Anonymous (CoDA). Alors déjà, je n’ai toujours pas compris la définition de codépendance, ni en anglais ni en français (et en plus les définitions sont différentes dans les deux langues). En plus, ça fait un moment que je lis pas mal d’articles qui critiquent les célèbres 12 Steps des Alcoholics Anonymous (AA) et CoDA est basé sur le même programme de travail sur soi que les AA. Mais je n’étais jamais allée à une de ces rencontres, et tout ce que j’en sais c’est ce que j’en ai vu dans les films et les séries télé, donc je me suis dit que c’était l’occasion d’apprendre quelque chose.

Il y avait une quinzaine de personnes de tous les âges et tous les milieux, et la réunion a duré une heure et demi. Et je ne sais toujours pas quoi en penser, mais ma copine Jackie m’a dit que comme ça, au moins je ne pouvais plus dire que je ne faisais “rien” pour essayer de me sortir de ma déprime!

16 comments

    • Quelque part c’est plutôt cohérent, pour quelle raison travaillerait-on trop, par exemple, autant être excessif en toute chose, ça remplit, ça va plus vite et c’est peut être plus féminin, peut être, l’excessivité.
      L’homme lui va boire trop, mais carrément trop, pour je ne sais quelle raison qui est la sienne et qu’il ne connaît pas d’ailleurs toujours. Une femme va donner dans l’excessif mais l’excessif dans toutes les phases du jeu… je vois ça comme ça.

      Bleck

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      • Mmmm… j’ai du mal à suivre, là… mais il y avait autant d’hommes que de femmes à cette réunion, et je pense que l’alcoolisme touche aussi beaucoup de femmes. Enfin, c’est compliqué 🙂

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    • Bismarck, c’est ce que j’aurais dit moi aussi, ça me semble logique, mais visiblement pas. Clique sur les liens que j’ai mis ci-dessus et tu seras aussi avancée que moi dans le domaine 😉

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  1. Bien, la codépendance, dans ce sens est que la personne n’a comme pas confiance en soi donc, de ce fait même, dépend des autres pour s’approuver… pour se prouver qu’elle est bonne… ou pas bonne. Ils parlent là d’une codépendance affective, de toujours avoir besoin de l’avis/l’approbation/la confirmation des autres. Le besoin de l’approbation et parfois l’adulation de l’autre sans qui la confiance en soi fout le camp se cacher dans les tréfonds de notre être.

    Certains de ces groupes sont bons, d’autres moins… tout dépendant de l’approche prise

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    • Ce qui m’a paru étrange dans tout ça c’est justement cette idée que le problème c’est qu’on dépend des autres pour s’approuver… or plusieurs personnes du groupe ont clairement exprimé leur reconnaissance pour l’existence de ce groupe, dont certains étaient membres depuis de longues années, et pour les autres membres sans lesquels ils n’auraient jamais pu changer leur vie pour le mieux… Donc au lieu de dépendre de leurs parents/époux/épouses/enfants/etc., ils dépendent maintenant du groupe et de ses membres. C’est peut-être plus sain, je ne sais pas, mais j’ai trouvé ça un peu ironique…

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      • Non, en effet, c’est troublant et ironique et étrange… Sûr, c’est toujours plaisant d’avoir qqun qui te donne une tape dans le dos et te dis que tu es extra… mais… de là à ne rien faire, ne pas bouger tant que la tape ne vient pas… ben… c’est comme pas évident. Je présume que cela vient aussi du fait que… dans nos sociétés actuelles… tout le monde dis à l’autre quoi faire… les gouv, les industries… prends cette médoc, mange ceci ou cela, fait ceci ou cela… etc… donc, beaucoup d’entre nous ont grandi avec cette impression que la pensée individuelle c’est pas bon… c’est juste comme bizarre.
        Beaucoup de gens suivent comme des moutons sans poser de questions comme, par exemple, il y a qq semaine, un groupe de supposés médecins/scientistes ont déclarés que d’allaiter un enfant ce n’est pas naturel, pas sain et peut même être dangereux pour l’enfant… ben… devine quoi… la vente des formules de lait chimiques pour les bébés a montée en flèche… et hop we go! Moi… ça m’enrage de voir ça… ça me frustre au plus haut point.

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  2. Wam

    Intéressant, néanmoins.
    Ça me rappelle une émission de RFI que j’ai écoutée. Bon après vérification, le thème annoncé est “harcèlement fusionnel “. Ca va plus loin que dépendance affective 😊 (http://m.rfi.fr/emission/20180205-le-harcelement-fusionnel-dependance-affective)
    Par ailleurs, ça me fait penser à un spectacle qui s’appelle justement “dependance affective”, de Tristan Lopin,et que jai trouvé bien drôle.

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  3. En effet, les définitions anglaises et françaises divergent suffisamment pour qu’on sache pas trop trop de quoi il en retourne. Et selon la définition qu’on choisit, je ne sais pas trop si tu peux être considérée comme Codépendante. Ou alors si on choisit une définition qui te rend codépendante, je le deviens aussi (parce que je suis aussi bonne poire que toi). Après, il est bien connu que je suis un déséquilibré malade mental, donc c’est p’têt’ bien possible… -_-

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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