c'est pas moi je l'jure!

si tu montes sur mon vélo

Ouah, quelle surprise géniale que de voir toutes ces histoires s’accumuler pendant la journée!!! J’ai absolument adoré toutes les lire et les relire!!! Et c’était vraiment très, très difficile d’en choisir une seule pour ce soir! J’en cherchais une qui comportait des détails uniques (la pince à cheveux, la plume d’ange, le casque rose, le pigeon, le capot vert, les arbres en fleurs), ou qui m’a fait rire (le bien et le mal qui se battent sur mes épaules, la botte de foin, les blouses blanches, la Twingo, les béquilles, mortecouille), et surtout, j’ai cherché des histoires qui “allaient plus loin,” qui ouvraient de nouvelles portes (la cafet, la femme de ménage, le passant qui s’est arrêté, l’oral dans les 10 minutes, la mère, sa femme). Après avoir tout lu et relu trois fois, j’étais encore déchirée entre la femme de ménage qui m’a fait beaucoup rire, et l’examen oral, très prometteur d’aventures.

Le commentaire de Bismarck m’a intrigué parce que tout pouvait être transformé en quelques mots. “Hélas, elle s’est écrasée sur mon pare-brise” oui peut-être, mais “HEUREUSEMENT, l’officier de police qui est immédiatement arrivé était charmant et deux heures plus tard, on était en train de faire crac-crac sur le canapé de la cafet!” Par exemple! Hein? Hein?

Pour la petite histoire, j’ai réellement vécu cette situation très précise, en 1996, avec ma nouvelle Mazda Protégé, sur le magnifique campus de l’Université de Brigham Young où je venais de commencer mes études. Et non, je ne sais plus si c’était en mars ou en avril. Mais je ne vous raconterai pas la suite avant la fin du petit jeu 😉

Bon! Les règles du jeu se trouvent là-bas si vous débarquez, et petits rappels: vous pouvez continuer l’histoire sous le post 2, OU BIEN après n’importe quel commentaire sous le post 1 (ce que j’ai fait, pour vous montrer comment faire); et les commentaires sous le post 2 restent cachés pendant 23 heures!

Post 2:

Effarée, je sortais en tout hâte et je trouvais la jeune fille qui avait roulé au sol, enchevêtrée dans sa bicyclette.
– Oh, là, là. Ça va ? Rien de cassé ?
Elle se débattait déjà avec la lanière de son sac prise dans le guidon.
– Mortecouille! Vous pouvez pas m’aider, non?
En quelques secondes, elle fut délivrée et put se relever. La bicyclette, en revanche ne s’en relèverait pas.
– Comment vous sentez-vous ? Quel jour sommes nous ?
– Ah, ça va, dit-elle agacée, je sais parfaitement quel jour nous sommes. Je vais avoir quelques bosses et quelques bleus mais, ça va ! En un quart de seconde, son visage s’assombrit. En fait, non ça va pas du tout, s’écria-t-elle paniquée,, je dois être devant un jury pour un oral dans 10 minutes.
Elle repoussa brusquement son vélo sur le bas côté et commença à s’éloigner d’un pas vif quoique claudiquant.
– Attendez, où devez vous aller? Je vous emmène!
Mettons votre vélo dans le coffre et je vous conduis où vous voulez.
– Euh, ok, mais viiiite! parce que là, c’est mon avenir qui se joue!

A vous 🙃

45 comments

  1. Louise

    Elle me dit de me dépêcher, qu’à cause de moi elle allait tout rater. Ici tu tournes à droite et puis là à gauche et encore à gauche… jusqu’à se retrouver dans un champs de maïs, Le champs de maïs…

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    • Merci de me laisser continuer le commentaire de Louise :

      Le champ de maïs !! Attends mais qu’est-ce que j’entends, LE CHAMP DE MAÎS ??
      Et alors là vois-tu je me marre ah oui, je me marre parce que je veux bien l’aider cette môme mais sait-elle seulement ce qu’elle me demande de faire ??
      Moi, aller dans un champ de maïs ! Ah il ferais beau de voir ça, un champ de maïs… JE DÉTESTE LA CAMPAGNE, j’abhorre la campagne ça pue, ça fouette, ça feuge la campagne ! ils me font caguer avec leur campagne, leur bio, leur animaux de merde et les bouseux me gavent menu, menu vois-tu… Moi, aller dans un champ de maïs, PAS EN RÊVE TU VOIS !

      Bleck

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  2. CINABRE

    Assises toutes les 2 dans ma voiture( neuve !) qui au passage avait bien morflé, je regardais ma passagère. Elle essayait de se réajuster un peu , elle baissa le miroir pour voir l’état de son visage .
    “Bon , ben ça va , je suis présentable, y a que les cheveux plein de sang , ça craint ! ” elle se retourna vers moi et je vis de nouveau ce regard vairon plutôt perturbant .
    Gabrielle et Lucifère (Gaby et Lucy pour les intimes) toujours sur mes épaules mettent le boxon dans mes idées pendant ce court instant . ” prête lui un foulard , elle pourra se faire un chignon ! dit Gaby , et puis quoi encore ! Elle a salopé la caisse maintenant les fringues ! Tu yoyotes du bocal ma pauvre ,lui retorqua Lucy ” .
    ” Ben vous attendez quoi pour démarrer ? Le déluge ? Je viens de voir défiler ma vie à cause de vous , c’était pas une réussite, alors j’aimerais ne pas rater la suite en loupant mon examen !! ”
    Contact (dans le cerveau et dans le moteur ) et pied au plancher . Je la connais , je la connais …..

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  3. mmechapeau

    [ je continue l’histoire choisie par le maître du jeu ]
    Cette jeune fille méritait toute mon admiration. Après un tel accident, peu se seraient comportés comme elle.
    A mon avis, elle devait avoir pris des amphétamines mais j’étais mal placée pour lui faire la morale.
    Surtout que c’était moi qui l’avais envoyée en l’air.
    [ merci pour ce jeu, bonne continuation et à demain ]

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  4. MarieH

    – votre avenir ?
    – oui dans 10 minutes J’ai l’oral d’admission pour entrer dans un Master très spécial ….

    son regard devint vague et un sourire en coin apparut.

    – …. c’est pour une expérience socio-ethnographique : ils sélectionnent des étudiants en littérature et en arts plastiques pour aller passer un an sur l’île de Kerguelen . Ils cherchent aussi des profs, ça vous dit ? Vous êtes prof, non ?

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    • Je suis candidat pour continuer l’histoire de MarieH :

      – Ah non, pas du tout du tout… journaliste, simple journaliste et à mi-temps encore, mais je comprends votre mégarde, le campus, la voiture pourrave, la masse de documents derrière… mon ancien compagnon lui est enseignant et je viens lui rapporter sa caisse, suis un peu nerveuse… journaliste.

      Bleck

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      • MarieH

        Et moi celle de Bleck

        On approchait du bâtiment Élise etait de plus en plus nerveuse. Elle se tordait les doigts dans tous les sens et regardait à droite et à gauche et finit par lâcher :
        “ journaliste ça pourrait le faire! Vous n’aurez plus de voiture, vous êtes seule, Kerguelen ca ne vous tente pas ?”
        Elle avait raison cette gamine, après tout pourquoi pas ? Je garai la voiture et la suivi dans le bâtiment.

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          • MarieH

            Deux mois plus tard on était sur l’île. Gironde elle était là gamine mais quel sacré caractère : un dictateur en jupette. Enfin en jupette … sur Kerguelen c est plutôt doudoune et pantalon de ski.
            J’ai rapidement compris pourquoi elle m’avait embarqué dans cette histoire: un vieux récit disait que le capitaine Yves de Kerguelen avait enterré dans une baie tout au nord de l’île un coffre rempli d’or.
            La base scientifique est au sud … on n’avait plus qu’à y aller.

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            • …oui, mais du nord au sud sur cette putain d’île c’est loin très loin plus de 473 mètres et 72 centimètres de distance à abattre… il va nous falloir préparer les bivouacs, emporter des provisions de route, comment rapporter l’or et surtout que choisir comme véhicule ? le joli vélo un peu abîmé ou la voiture de la Doc’ à moins qu’on y aille en trottinette, bah on peut tenter le coup à pied je ferai marcher la gamine et sa petite jupette devant moi, ça va me motiver sévère… marchons, sauf que…

              Bleck

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            • MarieH

              C’est le bazar on ne peut plus faire de reply et indenter ….j écris donc ici la suite de la réponse de Bleck !!

              …sauf que á coté de Kerguelen, le GR de Corse c’est une autoroute : pas de chemin, un sol de tourbe détrempé où tu t’enfonces jusqu’à la cheville. La gamine elle sautait d’un monticule à un autre tandis que moi derrière je m’effondrais dans les trous. Comble de la misère un vent de dingue s’est levé..Kerguelen l’endroit où il neige à l’horizontal!
              La galère totale.
              Mais bon, une vieille briscarde de l’info ca a la peau dure, j’ai serré les dents, pensé au papier que j’allais écrire et j’ai pas lâché la petite.
              Le vent a continué à forcir, on a dû bivouaquer même si notre point d’arrivée était en vue. Un peu de répit….

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              • avant d’attaquer un plat de ces fameux spaghettis aux asperges dont raffolait la. petite ce qui était terrible pour nous tous puisque personne ne pouvait fermer l’oeil sous la tente à cause des asperges et du lâcher de caisses de la petite… sale journée !!

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  5. La zia

    Ok ok on fonce. « D’ailleurs je suis prof et je vais passer des oraux aujourd’hui. Quels oraux passez-vous ? Vous dites ? Linguistique comparée ! Ah ? »
    Eh zut, je venais de percuter une étudiante que j’allais retrouver quelques minutes plus tard. Je paniquais de plus en plus…. »Vous savez ça serait plus sûr de vous emmener à l’hôpital pour une radio de contrôle ».

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  6. Isabelle

    – Un oral ! mais où donc?
    – Ici sur le campus ! s’impatientait-elle.
    – Punaise, sur le campus, aujourd’hui, de suite !!
    NON ! Il semblerait que moi aussi j’ai un oral à faire passer dans 10 minutes !! Comment ai-je pu oublier ? non, ça dépasse l’entendement.
    Pendant qu’elle reprenait peu à peu ses esprits, je perdais les miens. Je sentais mon cerveau s’embrumer. Peut-être allai-je me réveiller de ce cauchemar. Pour l’heure, je ne devais pas faiblir, mais rester zen, analyser la situation.
    Pauvre gamine, j’ai failli l’envoyer à l’hôpital, je n’allais pas lui ficher son avenir en l’air !
    Je l’aide à s’installer dans la voiture, je m’assieds au volant, je démarre, et j’accélère.

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  7. Cécile

    NI une ni deux, je mettais le vélo dans le coffre, elle s’installait sur le siège passager. Je serais en retard à mon rendez-vous, mais il fallait bien que je me fasse pardonner de l’avoir mise en retard.
    Enfin, elle aurait pu faire attention elle aussi. Quelle idée de débouler comme ça…
    “Je vous emmène où alors ?”
    “…”
    “Je croyais que vous étiez pressée. Je suis nouvelle sur le campus, il faut que vous m’indiquiez le chemin sinon vous serez en retard.”
    Je la regardais, elle était devenue d’une pâleur inquiétante.
    “Je ne sais pas. Je n’arrive pas à me souvenir. Je sois que c’est maintenant mais je ne sais plus où…”

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  8. On a donc démarré sur les chapeaux de roues…..pour arrêter au bout de 50 mètres car mon pare brise qui ne présentait qu’un tout petit éclat s’est transformé en confettis dans un bruit d’averse tropicale ! Heureusement il n’a pas vraiment explosé et nous n’avons pas été défigurées par les éclats mais c’était un peu difficile de continuer dans ces conditions !
    Comme par magie, le monsieur de Car Glass s’est matérialisé à côté de la voiture en brandissant des essuie-glaces tout neufs et en criant qu’il pouvait me dépanner tout de suite et une limousine Uber qui passait par hasard s’est arrêtée de l’autre côté

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  9. Bibigeneve

    Je dois entrer dans la police montée, et c’est ma dernière ligne droite. Mais je peux vous dire que si je réussi cet examen, je vous aurai à l’œil !!!
    Du coup, je me suis demandé si je n’allai pas l’abandonner là, sur le trottoir, avec son vélo tordu.

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  10. Anonymous

    Encore un peu tremblante, je suivais ses indications jusqu’à sa salle d’examen.
    Elle descendit, claqua la portière et s’engouffra quatre à quatre dans le bâtiment sans un merci, ou un regard.
    Je me retrouvais seule, avec mon capot défoncé et son vélo dans le coffre. J’étais bien obligée de l’attendre puisque je ne connaissais rien d’elle, ni son nom, ni son adresse ni même son numéro de téléphone.
    Je me décidai finalement à la suivre dans ce bâtiment universitaire sans âme. Il s’agissait de la faculté d’allemand.
    Au fond du couloir, un public hétéroclite se dirigeait vers un amphithéâtre. Un panneau indiquait : soutenance de thèse par Élise Casiopolis
    “Heinrich Heine: du langage poétique au langage du quotidien”.
    Eh ben, c’est pas avec ça qu’elle va faire bouillir la marmite, pensai-je, elle n’a pas fini de rouler en vélo!
    Pourquoi me suis je quand même assise dans cet amphithéâtre alors que je savais très bien que tout cela me passerait bien au dessus de la tête ? Aucune idée. Mais je ne pouvais pas non plus m’attendre à ce que nous allions entendre et voir dans les minutes qui suivirent…

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    • Anonymous

      Elle s’était installée calmement, étant données les circonstances, et attendait que le silence se fasse, balayant du regard le jury devant elle et l’assemblée au fond de la salle. Après quelques remarques préliminaires inaudibles, le jury lui laissa la parole.
      C’est alors qu’elle se mit à chanter d’une voix claire et assurée.
      Allnächtlich im Traume seh ich dich,
      Und sehe dich freundlich grüßen,
      Und laut aufweinend stürz ich mich
      Zu deinen süßen Füßen.

      Du siehst mich an wehmütiglich,
      Und schüttelst das blonde Köpfchen;
      Aus deinen Augen schleichen sich
      Die Perlentränentröpfchen.

      Du sagst mir heimlich ein leises Wort,
      Und gibst mir den Strauß von Zypressen.
      Ich wache auf, und der Strauß ist fort,
      Und das Wort hab ich vergessen.

      Les membres du jury échangeaient des regards interloqués et le public néophyte semblait se demandait si cela était habituel.
      A la fin du Lieder elle sauta sur le bureau, balança ses papiers à travers la salle et s’écria avec rage:
      – Vous me faites tous chier! A quoi ça sert tout ça? De toute façon, on va tous crever! Tous!

      Elle s’écroula alors en une masse informe, comme fauchée par une rafale de balles invisibles.
      Quelques membres du jury s’étaient levés pour la relever et quelques personnes du public, ses amis peut-être se précipitaient pour la réconforter.

      Mais, tout en les repoussant, elle redressa la tête et me trouvant dans l’assemblée, hurla:
      – Vous, là, oui, vous! En voiture, on se casse d’ici!

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      • Anonymous

        _ Roulez! ordonna-t’elle.
        J’etais bouleversée par les sanglots silencieux de la jeune fille, son corps était agité de soubresauts, toute recroquevillée qu’elle était sur le siège passager.
        _ Comment vous appellez vous?
        _ É-lise dit elle d’un ton haché, mais enfin radouci. Emmenez-moi loin d’ici s’il vous plait.
        _ Le nez de Jobourg, ça ira?
        _ oui, souffla-t’elle.
        Nous avions à peine roulé 5 minutes, qu’elle dormait déjà, ou peut-être faisait-elle semblant …
        Je repensais aux événements de la journée et à la coïncidence incroyable qui m’avait fait rencontré celle qui avait mis en voix ces sentiments que je n’osais pas même m’avouer à moi même.
        Moi aussi, j’en avais soupé de tout ce merdier, moi non plus je n’y trouvais plus aucun sens et depuis longtemps… Mais jusqu’à ce matin, j’avais continué, mécaniquement, lâchement à donner le change…
        Et maintenant ?

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        • Anonymous

          Maintenant, j’étais en route pour un endroit sauvage et magnifique avec une inconnue.
          Tout était possible, mais il fallait aussi penser à l’organisation matérielle de notre fuite. Lors d’une pause dans une station service, j’appelai une auberge de jeunesse où j’avais séjourné un été et je réservais deux lits pour la semaine à venir. Nous avions un toit.
          A la station, je fis quelques achats. Nous avions de quoi nous nourrir pour deux repas.
          Pour la suite on aviserait au jour le jour.
          Le voyage me sembla long pour arriver à cet autre Finistère car ma compagne de voyage resta endormie ou muette tout du long, comme sonnée par l’enchainement rapide des événements.
          Le soir à l’auberge, Simon nous accueillit, simplement mais généreusement. Je pense qu’il comprit tout de suite qu’il s’agissait d’une sorte d’urgence vitale.
          Le lendemain matin, après un petit déjeuner dans la cuisine commune, je m’adressai à Élise en prenant des pincettes.
          – ça va ce matin? Vous avez pu dormir?
          – oui, merci, je suis tombée dans un gouffre dont je ne suis sortie que ce matin à 7h00, c’est incroyable, je ne dormais plus depuis des semaines.
          – Ce n’est peut-être que le début d’un rattrapage nécessaire et salutaire. Pardonnez-moi mais je pense que vous devriez appeler un proche. Votre famille et vos amis doivent être fous d’inquiétude.
          – j’ai envoyer un SMS à mes parents et aussi à un de mes amis de la fac. Je leur ai dit où j’étais et qu’ils ne devaient pas s’inquiéter. Et vous, vous n’avez personne à appeler?
          – Si bien sûr, j’ai également envoyé quelques sms hier en chemin.
          Les premiers jours furent l’occasion d’un repos total, dans les hamacs que Simon installa pour nous sous le grand chêne de la cour, sur la terrasse avec la vue sur le poulailler, dans les transats près du potager, autour du barbecue partagé le soir sous le ciel étoilé.
          Le quatrième jour, la pluie s’invita au programme et nous poussa à nous retrancher au salon.
          Nous n’avions pas besoin de bouger car le monde venait à nous, des gens de toute l’Europe venaient ici pour parcourir les sentiers de randonnée et nous racontaient leurs aventures. C’était tellement idyllique!
          La semaine se réservation se prolongea. Au bout d’un mois, j’avais de plus en plus de mal à repousser mes questions intérieures. Qu’est ce que je faisais là? Qu’est-ce que j’allais faire? Je ne m’inquiétais plus pour Elise qui jeune, belle et intelligente comme elle était, n’avait qu’à choisir sa voix. Cette respiration lui avait été absolument nécessaire mais rencontrer tous ces gens lui avait redonné goût à la vie et je sentais qu’elle prenait maintenant son élan pour de nouveau s’élancer dans le monde.
          Quant à moi je me disais que j’appréciais vraiment ce rôle d’accompagnatrice, d’aide et de soutien. ce n’était finalement pas un hasard si j’étais devenue prof… il me faudrait y retourner pour faire ce que je savais faire le mieux. Ça ne servait à rien de se lamenter ou de se raconter des histoires, on avait tous un infime rôle à jouer sur cette Terre et le vrai courage n’était pas de fuir mais d’assumer ses responsabilités.
          Fin Août, je repris la route dans l’autre sens, et je repris mes activités habituelles. Cette parenthèse m’avait rappelé combien il était vital de savoir s’arrêter et de prendre soin de soi afin de pouvoir prendre soin des autres.

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    • MarieH

      Après une brève introduction du président du jury Élise a commencé son exposé. Je ne comprenais rien. Les sièges en bois de l’amphitheatre étaient durs. J’ai commencé à regarder à droite et à gauche….et j’ai aperçu une fourmi moi je suis chercheur en biologie alors les insectes ça m’intéresse….plus que Heinrich Heine. Et puis j’en ai vu deux puis trois puis des dizaines, des centaines et elles semblaient converger vers Elise sur l’estrade.

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      • en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ce n’est plus des centaines mais des milliers, que dis-je des milliers, des millions de fourmis qui ont englouti l’estrade, Elise et la fac tout en entier… un cauchemar, dis un cauchemar ??

        Bleck

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        • MarieH

          Et je continue l’histoire de Bleck

          Je me suis réveillée le cœur battant et le nez chatouillé par une fourmi qui cherchait à entrer dans ma narine. J’étais allongée dans l’herbe au soleil à côté d’une meule de foin et d’une jeune femme que je ne connaissais pas mais qui me semblait vaguement familière.

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          • Ma mère ?? “Maman, mais maman qu’est-ce que tu fais là…”
            Non cette fois ni un rêve, ni un cauchemar ni même un de mes délires familiers, Maman est à mes côtés mais c’est ma mère jeune, pareille à la photographie jaunie que mon père gardait jalousement dans son portefeuille, malgré leur divorce…
            Maman jeune et à côté de moi quelle galère ! mais, mais qu’est-ce que je peux donc lui dire et puis comment l’appeler, comment la toucher ??

            Bleck

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            • MarieH

              C’était hallucinant je pouvais la voir, l’entendre et même sentir son odeur légère de transpiration mêlée à celle du foin coupé. Mais elle ne semblait ni me voir, ni m’entendre.
              Mais ça n’était pas le pire : elle ressemblait à Élise…. mais c’était quoi ce bordel ?!

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            • Hallucinant, c’est le terme exact ! Et comment ne pas halluciner face aux effluves de transpiration mêlée de foin coupé de Maman, mieux que la dope du cousin Gérard, sûr…
              Re-saisissons-nous… réfléchissement, Elise/Maman/Elise/Maman/Elise/Maman… réfléchissement, oh là là là là là là je-n’y-arrive-pas, à cause de mon âge de la dope du cousin Gérard ou des délicates effluves de Maman je suis carrément à l’ouest ou dans le pâté… je ne vois qu’une seule solution appeler Papa et si…

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            • MarieH

              Suite de Bleck [ appeler papa]

              L’odeur s’est dissipée et j’ai senti qu’on se secouait violemment. C’etait pas la dope du cousin Gérard mais plutôt l’effet retard des champis que j’avais testé la veille soir. J’etais seule dans l’amphitheatre et Élise me tenait par les épaules.

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              • par les épaules et par les sentiments parce que je dois reconnaître que là ! la petite Elise marquait des points si je peux m’exprimer ainsi… savait-elle la bougresse que mes épaules étaient directement reliées à mon cortex gauche par l’intermédiaire de… je ne répondais plus de rien !!

                Bleck

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    • Le début de la soutenance se passa normalement: les professeurs s’auto-congratulèrent, et puis Elise commença à parler de sa recherche, la voix un peu tremblante, mais rien qui paraisse anormal. Mais après environ dix minutes où je n’avais strictement rien compris à rien et je commençais à m’endormir, un homme entra dans l’amphithéâtre, vêtu d’un joli calot et d’un costume militaire bleu où scintillait de nombreuses étoiles et galons et boutons et brandebourgs et autres garnitures. Grand, imposant, et fort séduisant, il interrompit brusquement la pauvre Elise en annonçant de sa superbe voix de baryton “Aaaaaaaatention! Mesdames et messieurs, veuillez s’il-vous-plaît sortir calmement et immédiatement de cet amphithéâtre et de ce bâtiment!”

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  11. Anonymous

    Je démarrais en trombe, direction la faculté de médecine.
    Évidemment le premier feu était rouge et je dû m’arrêter. Ma jeune passagère était livide et je n’en menais pas large.
    Je roulais à vive allure le long d’une avenue quand une voiture de police me barra soudainement la route à un carrefour…

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  12. CINABRE

    [Suite]
    J’eteignis la cassette que m’avait envoyée un amie d’une émission radiophonique sur la vie et l’oeuvre de Marguerite Duras décédée début mars de cette année. Et soudain je criais “Solveig ! ”
    Ma voisine tourna sa tête dans ma direction “on se connaît ? ”
    “Oui et non ” lui repondis je .
    ” Il nous reste 6 mns avant mon oral , vous avez une explication ?
    C’est un prénom inoubliable ! Comme dans la pièce de théâtre Peer Gynt , lui dis je.
    “Super ma belle , me dit Gaby , ça te revient ”
    Tout faux , me retorqua -t -elle , ma mère est capitaine de corvette dans la marine française et admire Solveig Krey, la 1ere femme au monde à avoir commander un sous-marin .
    “Et vlan dans les dents , ricana Lucy , ça t’apprendra a étalé ta cultuuuure litteraire ”
    “Boule de suif et Bel ami , c’est plus parlant ?
    “Pas fan des devinettes ….”

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  13. catandfivecats

    Nous avons jeté sans ménagement le joli vélo mort dans le coffre de ma voiture verte, et la jeune fille s’installa à mes côtés.
    Je démarrais brusquement, et elle fut projetée en avant, n’ayant pas attaché assez vite sa ceinture.
    -Mais, vous m’en voulez vraiment! cria t’elle nerveusement. Je vous ai fait quelque chose dans votre vie antérieure ou quoi? Elle avait l’air vraiment fâchée, mais je surpris un sourire mutin lorsqu’elle se tourna vers moi.
    -Stop! tournez à droite, le bâtiment est au fond de cette route. De sa main, elle montrait un grand immeuble blanc de quelques étages, beaucoup plus loin sur la gauche. Elle serrait énergiquement contre elle sa sacoche de vélo, qui, je l’imaginais, contenait les documents nécessaires à son oral.
    -Vous passez quel examen, demandais je avec circonspection. Je ne voulais pas la déconcentrer plus encore.

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    • enfin je pus reprendre mon souffle et mes esprits parce que tout de même… réfléchissement, réfléchissement… il est fort rare qu’en démarrant brusquement une automobile on puisse être projeté en avant ?? nan, c’est l’émotion…

      Bleck

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  14. 30 rue de la petite vie , viiiite ! Alors vite on porte le vélo salement amoché dans la voiture et je démarre sur les chapeaux de roue et le comble je brûle un feu rouge ! Pas le temps de parler lorsqu’on joue à la formule 1 , il faut être très concentré, 8 minutes plus tard, elle me dit, c’est là ! garez vous, vite , j’ai deux étages à monter ! elle sort de voiture , part en courant sans un mot et c’est là que je réalise que le 30 rue de la petite vie c’est…..

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    • Bibigeneve

      Mais, c’est là que je me dirigeais. Pour MON rendez-vous. Celui que m’a donné l’homme avec qui je correspond sur le net depuis un certain temps déjà. Avec qui j’ai tellement d’affinités que je suis sûre que c’est l’homme de ma vie, ma moitié d’orange… Ce n’est pas possible ! Que fait-elle donc là ?

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    • Continuer l’histoire de Isabelle me tente bien, pourquoi m’en priver..

      … c’est l’adresse exacte de Jérôme Comblemou, au deuxième étage ! cette conne va se faire sauter par Jérôme Comblemou et-c’est moi-qui-l’amène-à-on-rendez-vous-comme-sur-un plateau aaahrgggggh je me déteste !!

      Bleck

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  15. Bidulette

    Une fois le vélo chargé (heureusement qu’il était un peu plié par le choc finalement, sinon il ne serait pas rentré !) elle est montée à mes côtés et j’ai redémarré à vive allure… en vérifiant que le feu était bien vert et que personne d’autre n’arrivait !
    Elle m’a guidée jusqu’à une rue en bordure d’un parc et m’a demandé si je voulais bien l’attendre : son entretien ne devrait pas être trop long. Elle s’est engouffrée dans le bâtiment en face de nous.
    Je me suis installée sur un banc proche pour attendre et j’ai rêvassé en observant les passants. Mon attention a été attirée par un groupe de jeunes garçons qui se dirigeaient vers le parc en bavardant joyeusement, ballon sous le bras.

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  16. Magali

    (Hier ma connexion était si défectueuse que je n’ai pu faire partir ma suite).

    Mettre un vélo dans le coffre d’une voiture n’est pas facile, mais en mettre un avec une roue tordue dans le coffre d’un coupé tout neuf a été une vraie galère.
    La jeune fille était plus préoccupée par le temps qui passait que par l’intégrité de ma voiture. J’avais envie de hurler, je me demande encore comment je suis arrivée à me contrôler. Un exploit, j’aimais tellement ma voiture ; oh pas plus que les précédentes mais c’était «ma» voiture, la prunelle de mes yeux, enfin pas tout à fait mais presque.
    Bon sang, quelle fichue fille, elle aurait méritée d’être maudite jusqu’à la fin de ses jours.
    A peine arrivées devant le centre d’examen, elle a ouvert la portière et s’est élancée en me criant «attendez-moi j’en ai pour un quart d’heure maxi ».
    Attendre ! Elle ne doutait de rien. Sortir son vélo du coffre seule m’aurait pris plus d’un quart d’heure. Autant prendre mon mal en patience.
    Heureusement je n’avais pour une fois pas oublié mon portable. Avec tous mes messages en retard, l’attente serait courte. Lecture, podcast, quelques vidéos, elle n’était toujours pas de retour.
    Ah, si seulement l’accident avait été sérieux, elle aurait été prise en charge par une équipe médicale, le vélo ne serait pas dans le coffre et j’aurais été libre de rire et papoter avec Emmanuel. Mon premier rendez-vous plein de promesse dans cette ville inconnue était perdu, je ne savais même pas si je pourrai le revoir.
    Voici 4 h que j’étais là comme une idiote et la batterie de mon portable était quasiment vide. Laisser son vélo sur le trottoir n’avait plus de sens maintenant. Des idées noires me rongeaient. Se vengeait-elle de moi ? Elle était certainement capable d’évaluer le coût de réparation de son vélo, coût qui pouvait être supérieur à sa valeur marchande. Elle devait certainement, joyeuse d’avoir réussi son entretien, rire de moi et de ma vengeance.
    J’observais la rue, sans intérêt. Aucun bar proche dont j’aurais pu observer la clientèle et leur inventer une vie plus vraie que leur vie ordinaire. L’obscurité descendait peu à peu, ma vue fatiguait. Je commençais à m’assoupir dans le siège de ma voiture bien-aimée lorsque l’ouverture brutale de la portière me fit sursauter. »Vous vous rendez compte ! Je devais passer la première. Lorsque le Président du jury m’a vue il s’est écrié «non, pas vous, je garde toujours le meilleur pour la fin». Le mufle ! j’ai bien fait quelques approches discrètes, mais sans succès. Ce grand bonhomme moche et libidineux m’a convoquée la dernière après avoir vérifié que le couloir était vide. Il a vite expédié les autres membres du jury. A ses questions nulles il n’attendait pas de véritables réponses. Il tournait autour de moi en m’offrant une belle carrière à ses côtés. Je ne sais même plus si dans les circonstances actuelles on peut encore employer l’expression promotion canapé.
    J’avais tellement peur que que j’ai souhaité un moment de ne pas avoir été suffisamment accidentée pour qu’il me soit impossible de lui plaire.
    Ouf ! Le monde est plein de surprises. Pour des raisons inconciliables, nous avions souhaité la même chose !
    Ce qui ne l’empêcha pas d’être reçue.

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  17. Pingback: les morts le savent | c'est pas moi je l'jure!

Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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