c'est pas moi je l'jure!

ma grammaire de l’impossible

Je crois que ce blog va devenir un peu chiant, haha, parce que je vais vous utiliser, mes très chères lectrices et chers lecteurs, pour m’aider avec mes cours de cet hiver! J’ai besoin de plusieurs sortes d’aides: 1) des corrections d’erreurs, parce que je sais que j’en fais; 2) des vérifications que je ne raconte pas n’importe quoi; et 3) des vérifications que mes exercices ne sont ni trop stupides ni trop compliqués (ni erronés).

Par exemple, voilà une explication qui doit être à peu près correcte et claire (je l’espère), mais je ne suis pas sûre que mes exemples le soient!

On distingue deux catégories de propositions:

  1. Les propositions principales, qui ne dépendent d’aucune autre proposition et peuvent rester indépendantes:
      1. La société de Mammon a dépensé plus de deux millions de dollars.
      2. Le principal est dépensé.
      3. Certains lecteurs peuvent rire.
      4. La réingénierie est un processus pénible.
      5. D’autres lecteurs peuvent remettre en question l’hypothèse.
  2. Les propositions subordonnées, qui doivent être complétées ou précédées par une autre proposition. Les propositions subordonnées sont souvent introduites par des pronoms relatifs, des conjonctions de subordination, ou des pronoms interrogatifs:
      1. qui séparent les affirmations
      2. où l’éducation n’est pas gratuite
      3. pendant qu’elles prennent conscience de la vérité
      4. lesquelles deviennent souvent le fondement de ce qu’elle pense
      5. afin que les profits de cette année soient réduits

Voilà aussi quelques exercices pour vérifier que mes étudiants connaissent les bases de la grammaire française. Je pense que je suis capable de faire la première et la deuxième partie, mais je veux bien que vous me donniez les réponses de la troisième partie pour que je vérifie que je suis d’accord avec vous. En même temps, si vous voyez des erreurs, merci de me le dire!

  1. Identifiez les verbes en gras, les noms en italique, les adjectifs en souligné, et les adverbes en souligné italique :
    1. La satisfaction au travail des employés nuit aux affaires.
    2. Selon le Professeur Jin, les employés grincheux sont plus productifs.
    3. De plus, le mécontentement entraîne souvent un processus de créativité.
    4. Les gens heureux ne pensent pas assez souvent de manière créative pour gérer des tâches complexes.
  2. Identifiez les déterminants en gras et les pronoms en italique :
    1. Les milieux d’affaires modernes, qui sont instables, nécessitent beaucoup d’adaptations quotidiennes.
    2. Ils étouffent leur capacité à résoudre des problèmes organisationnels.
    3. La plupart des employés essayent de trouver plusieurs moyens d’alléger un mécontentement qui leur semble néfaste.
  3. Identifiez les propositions principales en italique et les propositions subordonnées en gras (il peut y en avoir plusieurs dans chaque phrase) :
    1. Il est également important de comprendre que pour exploiter les avantages créatifs des employés mécontents, les organisations doivent les conserver.
    2. Le professeur Jin explique qu’il est temps de transformer la sagesse populaire afin d’exploiter le zèle créatif des employés mécontents.
    3. Par conséquent, les gestionnaires devraient favoriser le mécontentement.
    4. Ceci est contre-intuitif, car les employés mécontents sont souvent encouragés à partir s’ils sont trop désagréables.
    5. Le commerce électronique a connu une croissance extraordinaire au cours de la dernière décennie.
    6. De plus en plus, les jeunes Canadiens trouvent qu’ils n’ont pas les moyens de partir de la maison pour établir leur propre foyer.

EDIT du 9 janvier: en me basant sur vos précieux commentaires, j’ai fait quelques modifications:

  1. On distingue deux catégories principales (et plusieurs sous-catégories) de propositions (chacune articulée autour d’un verbe):
    1. Les propositions principales, qui peuvent rester indépendantes:
      1. La société de Mammon a dépensé plus de deux millions de dollars.
      2. Certains lecteurs peuvent rire.
      3. La réingénierie est un processus pénible.
      4. D’autres lecteurs peuvent remettre en question l’hypothèse.
    2. Les propositions subordonnées (relatives, complétives, adverbiales, interrogatives, infinitives), qui doivent être complétées par une autre proposition. Les propositions subordonnées sont souvent introduites par des pronoms relatifs, des conjonctions de subordination, des adverbes interrogatifs, ou des pronoms interrogatifs:
        1. qui séparent les opinions
        2. (j’ignore) s’il est parti
        3. où l’éducation n’est pas gratuite
        4. pendant qu’elles prennent conscience de la vérité
        5. lesquelles deviennent souvent le fondement de ce qu’elle pense
        6. afin que les profits de cette année soient réduits
        7. (il est venu) pour nous parler
        8. (je cherche des endroits) à visiter
        9. parce qu’il a menti
        10. bien qu’il soit fatigué
        11. (je me demande) si tu viendras

 

45 comments

  1. CINABRE

    Un incontournable pour toutes vos questions : le Bescherelle
    Livre ultra complet sur la grammaire, l’orthographe, la conjugaison et le vocabulaire. Vous le trouverez en livre bien sûr mais aussi en PDF gratuit .
    Il y a aussi le Bled , tout aussi important dans ce domaine.
    Et pour une culture plus approfondie, je recommande le livre “oxymore , mon amour . Dictionnaire inattendu de la langue française ” de Jean Loup Chiflet . Une pépite !!!!!

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    • J’adore le genre de bouquin comme le “dictionnaire inattendu” 🙂 Mais je ne passe qu’une semaine sur la grammaire, donc pour l’instant je n’ai pas besoin de tous ces bouquins–par contre je ne savais pas que le Bescherelle était en pdf gratuit, je vais le cherche de ce pas pour moi 😀

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  2. mmechapeau

    Moi, je n’aime pas la torture mentale créative car elle risque de favoriser le mécontentement des lecteurs tellement elle est contre-intuitive. Signé Lucy, la copine de Gaby.
    Gaby, elle, préfère hypocritement passer son tour.
    Et moi, je envoie plein d’encouragements à tous les méritants qui passeront par ici.

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    • Culture et intuition? Intéressant comme question 🙂 Dans le sens de cultivé=éduqué j’imagine? Est-ce que certaines personnes peuvent avoir une intuition de la grammaire? Pas moi en tous les cas 😉

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      • mmechapeau

        La grammaire française ne sait pas être intuitive. Un exemple parmi d’autres,
        phrase 1: je n’aime pas la grammaire car je n’y comprends rien.
        phrase 2: je n’aime pas la grammaire parce que je n’y comprends rien.
        Les deux phrases disent la même chose mais dans la deuxième phrase “je n’y comprends rien” est une proposition subordonnée tandis que dans la première phrase, on a deux propositions de même nature (deux propositions principales ).

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  3. Je pense que tu as raison, il faut savoir utiliser les compétences. Par ailleurs, je ne connais pas une réunion, un commentaireux, un film, une discussion, un blog, un individu, un livre qui ne deviens pas à un moment ou à un autre (très) chiant, sois tranquille, tu peux te le permettre.

    Bleck

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  4. Je ne peux pas faire tes exercices, trop compliqués pour moi. Lorsque j’ai fait mes études de Lettres, il y avait un cours de mise à niveau en première année. J’en avais besoin et j’en ai bavé. Quelques années plus tard, je ne sais plus ce qu’est un pronom ou une locution adverbiale par exemple. Ceci ne m’empêche pas de savoir écrire plus ou moins correctement, heureusement. Il faudrait peut-être que je ressorte mes cours, qui se trouvent sans doute à la cave et quelque part sur un disque dur…ou pas.

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    • Haha, quand mes étudiants me disaient qu’ils ne connaissaient rien en nom, verbe, adjectif, et adverbe, tout le monde ici était horrifié! Et maintenant, c’est trop compliqué? 😉 (Moi aussi mes connaissances sont sur un disque dur, dans la cave de mon cerveau 😆 )

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  5. catandfivecats

    je ne saurais t’aider, et je le regrette, tout a changé depuis mon enfance, ou celle de mes enfants, alors je sens bien incapable, dommage, et je souhaite que quelqu’un puisse t’aider (il existait alors sujet, verbe, complément😏)
    j’ai relu le post de 2012, et tous les commentaires, oula, on est encore là, c’est impressionnant! tu as le plus vieux blog que je suis😁 Je en lis que très peu de blog, et je ralentis fortement sur instagram, et jamais sur facebook😆)
    voilà, bon début de WE, et des bises
    je vais t’écrire pour mon adresse, rapport au jeu LOL

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    • Non mais là quand même, c’est pas de la grammaire moderne! Ceci-dit, je me demande moi aussi si j’ai appris ces propositions. Je me souviens du mot “subordonnée” que je n’ai jamais compris à l’époque, donc j’ai dû apprendre ce qu’était qu’une proposition subordonnée… mais franchement, heureusement qu’il y a internet! Et c’est tellement mille fois plus facile en anglais!!!!!

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  6. Oh la la! Je ne pense pas pouvoir être d’un grand secours dans ce genre d’exercice….si je crois manier à peu près correctement le français, j’ai, comme Catandfivecats appris avec « sujet, verbe, complément » et tout le reste est pour moi un jargon mystérieux….

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    • Je veux bien croire que vous ayez toutes oublié ce qu’est qu’un pronom relatif, mais je suis 100% sûre que vous avez appris ce que c’était un jour! Même moi, il y a 40 ans de ça, je l’ai appris! Mais c’est sûr que si on n’utilise pas ces termes on les oublie vite.

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  7. Jenny

    Il est également important de comprendre : pple
    que les organisations doivent les conserver.: subordonnée 1
    pour exploiter les avantages créatifs des employés mécontents, : subordonnée 2 imbriquée dans la 1

    Le professeur Jin explique = pple
    qu’il est temps de transformer la sagesse populaire = subordonnée
    afin d’exploiter le zèle créatif des employés mécontents. = subordonnéé

    Par conséquent, les gestionnaires devraient favoriser le mécontentement.= pple

    Ceci est contre-intuitif, = pple
    car les employés mécontents sont souvent encouragés à partir = subordonnée
    s’ils sont trop désagréables.= subordonnée

    Le commerce électronique a connu une croissance extraordinaire au cours de la dernière décennie.= pple

    De plus en plus, les jeunes Canadiens trouvent =
    qu’ils n’ont pas les moyens de partir de la maison = subordonnée
    pour établir leur propre foyer.= subordonnée

    1) Les propositions principales, qui ne dépendent d’aucune autre proposition et peuvent rester indépendantes : mais elles n’ont pas forcément de sens seules : ex : Les jeunes Candaiens trouvent.

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    • Merci pour la confirmation 🙂 (ça m’a pris un moment pour deviner ce que pple signifiait, et je n’aurais pas deviné sans l’autre option). C’est dingue qu’une proposition principale puisse ne pas avoir de sens toute seule. En anglais, on a dependant clauses et independant clauses et c’est tout. Les independant clauses peuvent toujours (ou est-ce que j’ai raconté des conneries depuis 20 ans à mes étudiants) être seules.

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  8. Pff, quelles exigences, de si bon matin… Il y a un truc qui me chiffonne, dans ton explication sur les subordonnées. Je lis qu’elles doivent être complétées par une autre proposition; techniquement, c’est plutôt l’inverse: elles complètent une autre proposition. Pour l’analyse logique de l’exercice 3, je suis globalement d’accord avec Jenny, sauf pour “Ceci est contre intuitif” (principale) “car les employés mécontents sont souvent encouragés à partir” (2ème prinicipale, coordonnée à la première: “Mais où et donc or ni car” sont des conjonctions de coordination). L’une et l’autre proposition peuvent parfaitement exister de manière indépendante.

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  9. Dom

    J’ai fait des études classiques latin + grec, j’ai donc bien été obligée d’étudier la grammaire …Alors allons-y pour le 3. Comme je ne peux pas écrire en italiques ou en gras dans les commentaires, voici toutes les propositions principales :
    1. Il est également important de comprendre
    2. Le professeur Jin explique
    3. Par conséquent, les gestionnaires devraient favoriser le mécontentement.(= proposition indépendante).
    4. Ceci est contre-intuitif, car les employés mécontents sont souvent encouragés à partir (= propositions indépendantes juxtaposées)
    5. Le commerce électronique a connu une croissance extraordinaire au cours de la dernière décennie. (=proposition indépendante)
    6. De plus en plus, les jeunes Canadiens trouvent
    Et maintenant les propositions subordonnées :
    1. que pour exploiter les avantages créatifs des employés mécontents, les organisations doivent les conserver. (=2 propositions subordonnées ).
    2. qu’il est temps de transformer la sagesse populaire afin d’exploiter le zèle créatif des employés mécontents. (2 propositions subordonnées).
    3.
    4. s’ils sont trop désagréables.
    5.
    6. qu’ils n’ont pas les moyens de partir de la maison pour établir leur propre foyer. (= 2 propositions subordonnées).

    Dans votre paragraphe 2 “Les propositions subordonnées, qui doivent être complétées ou précédées par une autre proposition. Les propositions subordonnées sont souvent introduites par des pronoms relatifs, des conjonctions de subordination, ou des pronoms interrogatifs:” je crois que vous pouvez remplacer souvent par toujours …, et ajouter pronoms ou adverbes interrogatifs.
    Ce doit être terrible d’apprendre le français !!!!!

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    • mmechapeau

      A mon humble avis, le « souvent » du Doc doit être maintenu car il existe aussi des trucs marrants comme des subordonnées infinitives ou participiales qui parfois, ne sont pas introduites par un mot subordonnant…
      e.g.
      ♦ les femmes regardent les bateaux rentrer au port.
      ♦ j’entends le bébé pleurer
      ♦ la tempête s’étant calmée, je respire, mon mari va pouvoir rentrer pour m’aider à calmer ce foutu bébé.

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      • Merci, grâce à ce commentaire je suis allée fouiller un peu plus loin dans les propositions subordonnées… et c’est franchement incroyablement compliqué! J’ai ajouté quelques détails dans mes explications mais j’ai aussi simplifié un peu l’affaire.

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    • Dom, ajouter “pronoms + adverbes interrogatifs” ou “pronoms interrogatifs + adverbes interrogatifs”? Oui, franchement, je trouve le français abominablement compliqué (enfin, je le savais depuis toujours mais tout ça le confirme).

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  10. Magali

    Oh tu n’es pas chiante, loin de là 😂 et tu peux tout te permettre.
    Je n’ai pas fait de grec, seulement du latin jusqu’en terminale.
    De plus je lis ton message à 15 h 30, heure française, donc bien réveillée 😀
    Dom a donné une excellente réponse.
    La méthode mnémotechnique rappelée par Jenny est utile, « ou et donc or ni car » qui inclut la totalité des conjonctions de coordination existantes.

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  11. Bibigeneve

    Là j’abdique… J’ai toujours sous la main le Bescherelle et même le “Memento orthographique” -département de l’instruction publique- Genève 1962 :,) :,D tout un tas de Larousse et dictionnaires encyclopédiques, mais je ne te serai d’aucune aide. Comme ci-dessus, j’en suis restée à sujet, verbe, complément ! Même avec mes gosses j’avais déjà décroché…

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  12. Isabelle

    Je pense ces phrases bien analysées par Jenny, Bismarck et Dom. J’appelle proposition indépendante une phrase qui se suffit à elle- même, qui se comprend telle quelle et proposition principale, celle qui commande la subordonnée.

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    • J’ai du mal à comprendre la science derrière “qui se suffit à elle-même, qui se comprend telle quelle.” Ca peut être interprété de tellement de façon différentes! Je hais la grammaire française 😀

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  13. Blanche

    Je suis comme pas mal de lecteurs/lectrices au dessus, il me semble que je parle un français soutenu, mais mon apprentissage est trop loin, j’ai lâché au premier exercice. Par ailleurs, je trouve que les phrases de tes exercices pourraient ne pas trop parler à des jeunes étudiants.
    Courage !

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    • Les phrases utilisées dans mes exercices viennent toutes du bouquin que ces étudiants doivent utiliser pour ce cours et qui s’appelle “La pensée critique pour les étudiants en affaire.” Donc normalement ça devrait les intéresser. Je hais les examples “faciles” comme “le papa a promené ses enfants pendant le weekend” et “la pomme est plus sucrée que la poire.” On est à l’université, pas en maternelle 🙂

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  14. Biquette

    Euh…! Comment dire… tout cela ne me parle pas vraiment ! Je préfère les fonctions logarithmes, exponentielles ou trigonométriques. J’apprécie le calcul intégral, les nombres complexes, les probabilités et la géométrie dans l’espace. Sans oublier : l’optique, la mécanique quantique…
    Bref, il est aisé de deviner ce qu’ont été mes études !
    Cela ne m’empêche pas d’avoir toujours été férue de lecture, d’aimer les mots, d’apprécier les arts…
    J’espère que tu trouveras de l’aide pour résoudre tes problèmes !

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    • Bon, si je comprends bien, le jour où j’enseigne la trigonométrie à mes étudiants je fais appelle à toi alors 😀 Le seul truc “matheux” qui m’ait jamais intéressée c’était les permutations, et j’aimerais souvent me rappeler de comment ça marchait parce que c’est un problème que je rencontre souvent dans ma vie. Le truc le pire (et sur lequel je suis bien sûr tombée à la matu) c’était ces chiffes négatifs qu’on comptait comme des chiffres positifs, je ne sais même plus comment ça s’appelait, il y avait des traits autour de lignes de chiffres…. bref, le cauchemar intégral! (Les intégrales par contre ça allait.)

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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