c'est pas moi je l'jure!

la grenade

Hier j’ai craqué. Je n’en pouvais plus. Je suis rentrée chez moi au milieu de la journée et j’ai mis ma tête contre le bedon tout doux de Calinette et j’ai essayé de respirer calmement et de penser à mon petit filleul qui fêtait son anniversaire…

Déjà, j’étais pas mal stressée par ma présentation à ces profs d’anglais de lycées chinois, et quand je suis arrivée, je me suis rendue compte qu’en fait, j’avais devant moi une vingtaine de profs d’écoles élémentaires mexicaines qui voulaient bien enseigner à leurs élèves à écrire, mais en espagnol, pas en anglais! Bien sûr, comme je suis une fille brillante et que je peux raconter n’importe quoi à n’importe qui, j’ai malgré tout fait une présentation absolument fabuleuse et tout s’est très bien passé, et j’ai même reçu des chocolats! Mais c’était un peu stressant.

Et en sortant de là, je me suis aperçue que j’avais reçu un email d’un étudiant… un email absolument ignoble et stupide à propos d’un de mes employés. J’avais aussi reçu plusieurs emails de profs me remerciant pour mon aide, me félicitant pour le travail de mes employés, et me suppliant de continuer à aider leurs étudiants cet hiver, donc les choses allaient plutôt bien. Mais cet email, à lui tout seul, était la goutte qui a fait déborder le vase d’épuisement et d’accumulation de stress des dernières semaines, et j’ai craqué. Au lieu de retourner au bureau comme prévu après cette présentation un peu déroutante, je suis rentrée à la maison. Je devais enseigner en fin d’après-midi donc je ne pouvais pas noyer mon désespoir dans l’alcool, alors je l’ai noyé dans les ronronnements de mon chat. Et quelques heures plus tard, j’en ai parlé à mes étudiants qui ont beaucoup rigolé de mon histoire mexicaine et ont eux aussi été horrifiés par cet email ignominieux. Ca m’a fait du bien.

J’avais décidé d’ignorer cet email pour ne pas risquer d’envenimer la situation avec une réponse trop cinglante. Mais après en avoir discuté avec une collègue ce matin, j’ai finalement écrit un email longuement réfléchi à l’étudiant en question, en copiant son directeur de thèse, parce qu’exprimer son mécontentement est légitime, mais envoyer des insultes gratuites et puériles est inacceptable. Ca m’a fait du bien.

Mais je n’en peux plus. (Et ces sablés étaient ratés, ils schlinguaient la cannelle à mort, c’était l’horreur! Je les ai fichus à la poubelle!) L’enseignement est un joug qui me brise le corps et l’esprit.

26 comments

  1. Une de mes collègues est rentrée chez elle, hier matin, au bord du burn-out, épuisée par les insultes de certains clients qui ne supportent pas le moindre petit grain de poussière dans leur vie. Là, celui qui a fait déborder le vase, venait déposer un dossier, il manquait un papier, il s’est mis à hurler la menacer. J’y suis allée, j’ai eu droit moi aussi à ses insultes, mais je suis plus blindée, j’ai maintenant l’habitude. Apparemment cela devient naturel d’insulter pour rien, les personnes qui se trouvent sur le passage.

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  2. J’ai remarqué que de plus en plus les gens déversent leur mécontentement ou haine sans recul ni limite. Et souvent sans se remettre en question. Horripilant. Je deteste çà. D’autant que j’accomoagne des gens très très en difficulté et qui se plaignent, eux, très rarement. Si l’étudiant était insultant, tu as bien fait de repondre. Sinon tout comme toi j’aurais laisser couler, la haine gratuite faut pas l’alimenter. Gros bisous !

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  3. La zia

    Alors la cannelle, si elle n’est pas bio et ne vient pas de Ceylan, c’est tout bonnement infect. Quant au mail injurieux…y’a des pauvres types dans la vie ! T’as eu raison de répondre mais faut tourner la page. Ah comment se fabriquer une petite carapace ???
    Bizzz

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  4. Non, ce n’étaient pas des profs de lycée chinois finalement ?! Comment ça se fait ?!
    Oh, à travers l’écran, ils avaient l’air bons, tes biscuits. Dommage que ce n’était pas vraiment le cas.

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  5. Laisse tomber l’enseignement. Tu as fait ta part et probablement bien au-delà, fais attention comme moi comme cet étudiant probablement imbécile (mais peut être lui aussi au bout de quelque chose, hypothèse, je ne marche pas dans ses chaussures) tu n’as qu’une vie, gaffe.

    Bleck

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      • Anonymous

        Je ne te connais pas, pourtant je ne suis absolument pas convaincu que ce soit le salaire qui soit le sujet. C’est un grand débat, mais je ne suis pas certain que tu supportes ça (le climat, l’expat’ la pression etc) pour des questions financières… plutôt par habitude, parce que c’est convenu culturellement, socialement.

        Bleck

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        • Je suis désolée de te décevoir, mais je n’ai pas de mari, et donc il faut bien que je trouve un moyen de payer mon loyer et des croquettes à Calinette. C’est sûr, j’aurais pu devenir fleuriste en Suisse, comme l’aurait voulu mon assurance invalidité (et ma mère). Mais je n’avais pas de vie (digne de ce nom) en Suisse, je n’aurais jamais eu de vie (digne de ce nom) en France, et il a donc bien fallu que j’aille voir ailleurs où je pouvais me faire une vie ET en même temps me la payer, cette vie, parce que personne n’allait le faire pour moi (hélas). Il n’y a donc rien de convenu là-dedans, bien au contraire. Par contre, si tu appelles “réussir à ne pas vivre dans la rue ou un hospice” une convention sociale et culturelle, alors là je suis entièrement d’accord avec toi 🙂

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          • Anonymous

            Naturellement si tu inclus dans notre tout petit débat ton invalidité (dont je ne connais pas le taux ni la nature et je n’ai pas à le connaître) je n’ai plus rien à ajouter.
            Je me permettais simplement d’ouvrir ma grande gueule sur un sujet que je connais très bien, le fameux travail et le poids absolument incroyablement tordu de ce truc qui va bien au delà de simplement vivre pour se nourrir ou simplement assurer.

            J’essayerai de ne plus la ramener sur un tel sujet, j’ai bien dit j’essayerai.

            Bleck

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            • Je suis bien d’accord avec toi sur le fond. Mais ça ne change rien au fait que je suis encore bien loin de la retraite, donc les seuls moyens d’échapper à la pression sociale serait de me jeter dans la Saskatchewan ou de faire la grève de la faim. La Saskatchewan étant complètement gelée, je risquerais de me casser un bras, ce qui serait con puisque ça m’empêcherait de marcher, et Calinette dit non à la grève de la faim 😥

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  6. tu as vraiment besoin de t’arrêter un moment, dommage qu’un congé sabbatique au Canada ne soit pas comme en France, un congé loin du boulot et de ses “emmerdeurs”!
    Cet étudiant est un pauvre type, certainement dépassé par la situation, mais je pense aussi que tu as bien fait de répondre, mais j’espère qu’il ne continuera pas à t’insulter, sinon, il faudra que tu en parles à tes supérieurs, c’est incroyable!
    bon week end, bises, fais de gros câlins à Calinette

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