c'est pas moi je l'jure!

blues blanc pour un crayon noir

Depuis que ma vie est devenue planplan, j’ai du mal à prendre des décisions. Avant, je n’hésitais jamais! Si je me réveillais et que ma première pensée c’était “tiens, j’ai envie d’aller visiter l’Islande,” j’achetais immédiatement un billet d’avion pour aller en Islande. Si j’avais la possibilité de faire un truc énorme qui changerait ma vie (genre quitter la Suisse pour aller vivre aux Etats Unis), je le faisais sans hésiter, et surtout sans vraiment réfléchir, simplement parce que c’était un truc nouveau à essayer.

Mais à un moment de ma vie, et je sais exactement quand c’était, cette certitude, cette pétulance, cette désinvolture, et ce besoin de remue-ménage dans ma vie m’ont abandonnée d’un coup, comme ça, paf! Du jour au lendemain, pratiquement, ma vie et moi sommes devenues fatiguées et insipides et prévisibles.

Photo prise par ma gentille voisine anglaise.

Je me souviens aussi exactement du moment où, pour la première fois de ma vie, j’ai dit non. C’était pour un job en Californie. J’étais résignée à ne plus jamais devoir prendre de décision et à ce que plus rien ne change jamais dans ma vie.

On en voit le résultat aujourd’hui: je ne suis même plus capable de décider de quel genre de nourriture j’ai envie! Je passe au moins une heure par jour à parcourir les sites de livraison de bouffe à domicile, je fais huitante-cinq choix, je les effaces, je choisis un autre restaurant et d’autres plats et puis j’efface encore tout… et au bout d’une heure ou deux, je laisse tomber et je vais manger des chips dans mon lit en regardant une série à la noix.

Photo prise par ma gentille voisine anglaise.

Il y a trois choses que j’aime dans ma vie d’aujourd’hui: être prof, et bosser dans mon centre d’aide aux étudiants avec mes employés (qui sont eux-mêmes étudiants), et mon sublime appartement. C’est tout ce dont je suis sûre. Pour tout le reste, je n’arrive pas à savoir ce que j’aime ou n’aime pas, tout se contredit, tout est emberlificoté, tout est brouillardeux, et tout est déroutant. Et surtout, je trouve que c’est vraiment, vraiment fatigant de devoir réfléchir.

Et vous, comment arrivez-vous à prendre des décisions difficiles? Est-ce facile pour vous? Etes-vous plutôt impétueux et spontanés, ou prévisibles et flegmatiques?

21 comments

  1. Intéressant tout ça!
    J’ai aussi cette impression parfois, mais pour des trucs banals – j’ai perdu beaucoup confiance en moi pour des petits choix et j’ai la ferme intention de reconquérir cette force. Pour les grands choix de vie par contre, j’ai de plus en plus le “gut feeling” perceptible et je lui laisse plus de place, et c’est chouette (flippant des fois aussi!).

    Au moins tu sais déjà 3 choses que tu aimes! Après… yaka tester, les essayer une après l’autre quand c’est possible, expérimenter!

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  2. Lucette

    A 62 ans j’ai décidé de partir et vivre dans un coin de France où je ne connaissais personne. Tout le monde m’a trouvée courageuse et j’étais étonnée par ce qualificatif, car le courage est d’affronter ses peurs alors que moi j’ai tout simplement quitté ce que je ne voulais plus.
    Maintenant je souhaite partir (entre 6 et 8 mois) dans un pays anglophone pour enfin maîtriser (un peu) l’anglais….
    J’ai le sentiment que je dois faire les choses, avec l’idée d’une certaine urgence, mais je refuse de me croire trop vieille pour le faire.
    Je crois avoir pris les décisions en fonction de ce que je ne voulais plus !
    Je te souhaite une belle journée, Caresses à Miss Penny.

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    • Permets-moi de te féliciter Lucette, tu as donc pris une décision assez radicale et tu l’as assumée, tu peux en être fière.
      (en fait ce sont les autres ceux qui t’on trouvée “courageuse” ou “folle”, ce sont ceux-là à qui il faut un putain de gros courage pour rester dans l’immobilité et supporter un quotidien juste par habitude, ils sont nombreux)
      Ensuite et pour tes projets anglophones, fonce il ne s’agit pas de se croire trop vieux mais il est temps de se faire plaisir, simplement.

      Bleck

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      • Lucette

        Quel gentil message, mais je sais que parfois quitter son environnement, alors que l’on a la famille (mari/femme/enfants/petits-enfants) n’est pas évident.
        Je m’interdis de me trouver trop vieille pour entreprendre quoi que ce soit ! Enfin je mets un bémol car parfois c’est l’argent qui freine….. mais je me débrouille pour trouver des solutions alternatives. Par exemple un site qui s’appelle « granny au pair » (Le titre du site m’a fait sourire) qui permet d’aller vivre quelques temps chez l’habitant, pour enfin maîtriser la langue !

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    • Lucette, tu es officiellement invitée chez moi 🙂 (Enfin, l’Alberta c’est pas le coin le plus exotique au monde mais on y parle anglais, et si tu aimes la nature, tu seras ravie!) (Et “granny au pair” c’est génial comme concept!)

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  3. Moi aussi, je découvre un certain désintérêt pour tout ce qui m’aurait excitée avant. Je n’arrive pas à savoir si c’est l’âge qui rend plus nonchalant, ou si c’est la découverte d’une nouvelle période de la vie dont finalement on parle assez peu. Alors que les années de la “construction de sa vie d’adulte” sont un sujet central et récurrents des réflexions humaines, de la fiction, de la littérature, etc. Mais une fois qu’on EST construit, qu’on a mené toutes ces batailles, qu’on a prouvé à peu près ce qu’on voulait, et qu’on a exploré des tas de trucs, il reste encore des années à vivre… J’ai le sentiment d’être au début de celles-là, et le flux d’énergie est beaucoup plus… Oui, “nonchalant”, c’est le bon mot…

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  4. tu as beaucoup de positif dans ta conclusion, tu aimes ton boulot, ton lieu de vie, et c’est déjà très important!
    pour les décisions, je procrastine beaucoup, car en général il n’y a plus l’urgence absolue d’autrefois, quand enfants et boulot envahissaient ma vie (et me la bouffaient).
    Privilège de l’âge, donc!
    Ma seule décision à prendre en ce moment, c’est de programmer un truc pour ma santé, et c’est dur dur, plus d’énergie! et de là en décours une nouvelle vie..alors il faut que je me décide..pour répondre à ta question, je n’y arrive pas LOL
    bon dimanche! des bises ensoleillées

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  5. En tant que mâle primaire basique premium, je suis bien évidemment spontané (le terme spontané me semble bien léger) et ce depuis que je suis adulte, avant j’étais insipide et sans saveur.
    Jamais de plan de vie, de carrière, de maison, de famille, la femme que j’aime presque pareil * et avec un minimum de recul on peut s’apercevoir qu’on a pas fait beaucoup plus de conneries que les établisseurs de statistiques.

    *dans presque pareil, je veux souligner que la femme que j’aime va se poser des questions affolantes sur le choix d’une paire de chaussures, sur le choix entre un Ricard, un Porto ou un sirop de gingembre pendant 7 à 8 minutes, sur une deuxième part de gâteau au chocolat… mais que nous pris la décision de l’achat de notre maison en moins de 2 heures, conventionnelle.

    Bleck

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    • Je suis entièrement persuadée que les gens qui se torturent et regardent cent cinquante mille statistiques avant de prendre des décisions ne prennent PAS de meilleures décisions que ceux qui les prennent en deux minutes! De toutes les manières, il est impossible de prévoir quoi que ce soit donc un a une chance sur deux que ce soit la bonne décision, statistiques ou pas 🙂

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  6. Barbara hilorico

    L’âge, la situation me rendrent particulièrement fatiguée mentalement !! Certains jour plus gravement que d’autres !
    J’ai quitté mon pays (la Suisse 😊) depuis bientôt 5 ans… je me sens un peu perdue, sans domicile fixe… c’était un choix, et sans regrets, mais l’incertitude rend les sensations plus fragiles, sensibles aux attaques extérieures…

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  7. Ben j’aimerais bien avoir une vie aussi insipide et prévisible que la tienne. Moi je m’ennuie depuis des années et je ne sais toujours pas quoi faire pour apporter un peu d’intérêt à mon existence. Comment je prends des décisions difficiles ? J’en parle beaucoup autour de moi, ça diminue mon stress et puis, même si j’ai écouté les avis divers et variés de mon entourage, je finis presque toujours par faire ce qui m’est venu à l’esprit dès le départ.

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    • Moi, je trouve ta vie très chouette et pas du tout planplan!! Tu fais des études à distance, et je t’admire énormément pour ça, j’en serais entièrement incapable!!! Et tu fais du sport alors que moi je ne me bouge pas les fesses d’un demi centimètre par jour!!! 🙂

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  8. Je suis nulle pour prendre des décisions, petites ou grandes. En général, je n’en prends pas, et je me contente de me laisser porter par le courant. Je ne suis absolument pas spontanée.
    Je me demande comment j’ai fait, il y a bientôt 11 ans, pour décider que j’allais partir à l’Ile Maurice et me marier !

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  9. MAG

    Est-ce une perte d’energie, une envie de poser ta valise ou bien une simple pause ?
    Toute jeune j’étais comme toi, imprévisible aux yeux des autres mais pas aux miens. J’ai fait une longue pause carrière-enfants, entrecoupée quand même de décisions importantes. Quand je me posais dans un lieu je fixais toujours à l’arrivée un délai de présence, à l’instinct, toujours respecté.
    Puis mes besoins essentiels ont repris leur place. En quelques jours j’ai fait mes valises et suis partie en laissant la famille, les enfants étaient indépendants. Les animaux ont adoré.
    Il y a deux ans je suis repartie avec armes et bagages en pays inconnu pour voir des oiseaux, des vaches et bouger quand j’en ai envie. Je savais pouvoir trouver quelqu’un de confiance pour les animaux. Au bout du bout du monde tout est parfait comme je l’avais pressenti. Tout paraît dingue pour tout le monde pourtant c’est d’une grande logique.
    Il est un temps pour chaque chose ; je crois que nous prenons la moins mauvaise solution au moment où nous la prenons.
    Tu as en ce moment de grandes satisfactions ; tu prendras des décisions à l’emporte-pièce lorsque le besoin s’en fera sentir.

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  10. C’est une question de valeurs, non, et d’être connecté à soi. Quand on sait ce qui est important pour nous, c’est plus facile de faire ces petits choix. Je le sais, parce que je m’améliore tranquillement à ce sujet!

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  11. Pingback: double je | c'est pas moi je l'jure!

  12. Ça dépend pour quoi. Plus la décision est importante plus je tergiverse (rho ça fait une éternité que je n’avais pas utilisé ce mot. Merci 🙂 ). On peut me classer dans la catégorie des “overthinkers”, comme on dit. Mais j’ai tendance à peser le pour et le contre, réfléchir à toutes les conséquences et implications… Après, pour les trivialités, avec le temps et l’âge et la fatigue, je laisse les autres décider, je m’en tamponne un peu le coquillard…

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