c'est pas moi je l'jure!

moi c’est la tartine de beurre

Quand je suis arrivée en Utah, en 1995, c’était le grand désert gastronomique. Le fromage était carré et orange, le pain du carton blanc précoupé, la vinaigrette orange et sucrée, la salade du carton vert, et la seule chose que j’ai mangée pendant six mois dans les dortoirs universitaires, pour ne pas mourir de faim, c’était des fruits frais. Ensuite, j’ai mangé de la soupe et des pâtes, beaucoup de plats congelés, et les steak-frites du restaurant Outback.

Au fil du temps, les choses se sont légèrement améliorées, surtout grâce aux jeux olympiques de 2002. Les restaurants se sont un peu diversifiés (japonais et indiens!) et des légumes “exotiques” (poireaux!) ont apparu dans les magasins. Mais quand j’ai quitté l’Utah, en 2002, personne (à part peut-être quelques missionnaires mormons ayant fait une mission en France) ne savait ce qu’était qu’une endive!

En Indiana, dans mon champ de maïs, la situation n’était pas meilleure. Les petits jeux que j’ai organisés sur mon blog pour essayer de diversifier ma cuisine vous donneront une bonne idée du désert gastronomique dans lequel je me retrouvais: “Qu’est-ce qu’on riz!” et “Frululus goulus” et des recettes utilisant les Cucurbitacées en tout genre. J’ai surtout mangé au seul restaurant indien de mon bled pendant mes quatre années là-bas.

Alors évidement, après ces dix années américaines, Toronto, c’était le nirvana! Trois ans plus tard, j’ai refait un grand bon dans mon passé gastronomique en déménageant en Alberta. Mais heureusement, après trois ou quatre ans à ATPN, j’ai commencé à trouver des ingrédients décents et des restaurants acceptables. Quand j’ai quitté l’Alberta, il y avait une bonne vingtaine de magasins vendant des produits “exotiques” (sud-américains, indiens, chinois, japonais, thaïlandais, italiens, polonais, français, jamaïcains, allemands, etc.). Ceci-dit, je n’ai réussi à trouver des endives qu’une seule fois en 12 ans en Alberta, et elles étaient vendues individuellement, sous vide, à $5 pièce!

Mon déménagement à Kingston me replonge encore une fois au pays des macdos et des steak-frites. On trouve un peu de diversité dans les produits dans certains magasins, mais il n’y a pas, comme à ATPN, de magasins spécialisés dans les produits importés. On trouve du pain qui n’est pas un rectangle de carton précoupé, et du gruyère, mais pour le reste, ce n’est pas la joie. Pour vous donner une idée, un nouveau magasin de fromage vient d’ouvrir, mais leur spécialité est le cheddar local, et ils ne connaissent pas le fromage de chèvre! Je ne suis heureusement pas retombée en 1995, mais peut-être en 2002, où pas loin!

Alors imaginez ma surprise et ma joie en voyant ça, aujourd’hui:

Je sais, je sais, les français parmi vous vont hurler au scandale, le beurre bio des vaches locales en liberté que votre fromager artisanal indépendant vous vend encore frais en baratte d’origine est tellement mieux que cette merde industrielle! Eh oui, c’est sûr, et je comprends bien (et partage) votre sursaut horrifié, mais pendant quelques minutes, étalé sur du pain bien mollasson mais mangeable, ce beurre de bien meilleure qualité que tout ce que j’ai pu trouver ici jusqu’à maintenant était un vrai petit paradis!

–Moment M15

36 comments

  1. CINABRE

    Bonjour, pain +beurre = pur bonheur !
    J’ai la chance d’habiter près d’une ferme et d’y trouver beurre , fromages ,lait , yaourts , crème fraîche mais aussi tous les fruits et légumes de saison dont les endives qu’on appelle “chicon” ici dans le Pas de Calais . C’est un légume bien de chez nous dans les Hauts de France .
    Pourquoi ne pas essayer de faire votre beurre et votre pain vous même ? En plus d’être meilleur en goût, cela vous apporte la satisfaction personnelle du fait maison , moment inoubliable 😋

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    • Quelle chance d’avoir tous ces produits frais de la ferme 🙂 Faire du vraiment bon pain prend trop de temps et je ne mange pas assez de pain pour que ça en vaille la peine. Même à ATPN, où je trouvais du très bon pain, je n’en achetais qu’une ou deux fois par mois, c’est tout. C’est surtout le fromage qui me manque. Le beurre, ben j’en ai trouvé 🙂

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  2. mmechapeau

    Mon moment du jour aurait pu être de lire au moins une fois le mot “chicon” dans votre texte où le mot “endive” apparait 2 fois, mais caramba, c’est raté.
    Endive a gagné 2-0.
    Plus sérieusement, Cinabre a raison. Il y a probablement moyen d’acheter des fruits, des légumes ou des laitages directement chez un fermier. Vous devriez consulter Albert.

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  3. Je pensais que le côté est du Canada était un peu plus développé au niveau des aliments culinaires. Je ne connais pas le prix des endives que l’on trouve très certainement près de chez moi, je n’aime pas ça.

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    • Huhuh, je suis bien à l’est de l’Ontario mais pas à l’est du Canada ma chère, et de toutes les manières, chaque province est différente, et chaque région de chaque province est différente! Regarde, je suis en Ontario, et le sud de l’Ontario (Toronto, région de Niagara) a tous les fruits et légumes que tu veux, mais en dehors de ça, c’est un peu la pénurie.

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  4. Magali

    J’imagine que du pain sans ajout d’adjugants pour le rendre gonflant et moelleux ainsi que du beurre cru seront encore inconnus dans 10 ans.
    En attendant, si tu conserves le pain dans du vrai papier et ne le manges pas frais et gardes le beurre entre 10 et 18*, ce peut être un bonheur dans un désert culinaire.
    Quant à trouver une ferme qui « travaille bien » et pratique la vente directe à moins de 200 km, je suis sceptique … hélas pour toi.

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    • Oui, je suis aussi sceptique pour la ferme, mais il y a un marché, donc il doit bien y avoir quelque chose quelque part. Je n’ai pas pu aller au marché jusqu’à maintenant, j’essayerai d’y aller ce jeudi, comme j’ai donné congé à mes étudiants…

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  5. Isabelle

    Je ne pensais pas qu’il était si difficile pour vous de vous procurer ces produits, alors que le beurre et le pain sont ici à la table du petit déjeuner au quotidien. Je compatis, et je comprends que ce beurre a du être savoureux. Je dirai à mes petits-enfants qui rechignent à manger les délicieux chicons du jardin qui poussent dans le sable, qu’une certaine personne aimerait pouvoir y goûter, car c’est un mets rare et précieux chez elle.

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  6. catandfivecats

    j’adore les endives, et je comprends que tu aies été frustrée de ne pas en trouver à ATPN! j’en mange plusieurs fois par semaine en salade. J’aime beaucoup le nom que leur donnent les gens du nord, chicon😉
    c’est quoi du “beurre de culture”? j’ai vérifié sur le beurre président de mon frigo, il n’y a rien de ce genre! méfie toi, peut être qu’ils ont des champs de beurre en Ontario ha ha😂
    Profite bien de ce petit plaisir!
    bises et bon dimanche
    PS Fifi, notre chatte semi sauvage, adore manger du beurre, tous les matins elle le réclame, et mon mari obtempère!😊

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    • “Communément surnommé beurre « à l’ancienne » ou encore beurre « d’antan », le beurre de culture se différencie par son processus de fabrication et son pourcentage de matière grasse plus élevé se situant autour de 84 %. D’ailleurs, son goût distinctif est caractérisé par sa saveur légèrement acidulée. L’ingrédient secret : le procédé de fermentation. La crème utilisée pour concevoir le beurre a été fermentée avant d’être barattée. Cette technique s’apparente à celle utilisée pour la production du yogourt.
      En ce qui a trait au beurre baratté, ce dernier est un beurre traditionnel qui a été baratté avec de la crème fraîche. Contrairement au beurre de culture ayant un taux de matière grasse plus élevé, celui du beurre baratté est règlementé à 80 %. Concernant le processus de fabrication, le barattage du beurre est réalisé dans une baratte.”
      Voilà madame 🙂
      PS. Miss Penny adore TOUT, yaourt, beurre, fromage, pizza, pâtes, gâteau à la pacane…. une vraie terreur!

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  7. Bleck

    Dans mes bras, Copine !
    Bon là c’est LE sujet sérieux, question table il n’est pas question que je raconte des balivernes, je ne plaisante pas avec la nourriture.
    Ma culture gastronomique c’est le beurre, oui je parle bien de gastronomie pour ce produit gras qu’est le beurre. Normand d’origine le beurre était toujours présent sur la table (petit déjeuner, déjeuner, goûter et souper) mes Anciens produisaient leur beurre quelque chose d’inouï question gustatif, les saveurs changeaient avec la saison, le pied intégral.
    En huile on était nuls, l’huile d’olives m’a été inconnue jusqu’à mes 30 ans pareil pour ces délices que sont la graisse de canard ou pour le “blanc” de cuisson des frites, nous c’était l’huile d’arachides la moins chère de l’épicerie du coin, nuls.
    Avec le saucisson, la salade de tomates, le camembert, le chocolat, la daube, les oeufs sur le plat, la salade verte, la pièce de boeuf on mettait du beurre partout.
    En France les bretons ne jurent que par le beurre salé ok c’est bon, mais mon beurre c’est le beurre doux celui de ma Maman.
    Depuis 1986 j’ai rompu avec le beurre familial et me suis (heureusement) ouvert à d’autres plaisirs gustatifs (l’huile d’Olives) que je chéris (attention pas n’importe quelle merde, hein) mais je fais toujours des kilomètres pour aller chercher du bon beurre que j’achète systématiquement en petite quantité afin de le manger toujours très frais, oui ça coûte cher et alors ??
    Une question à la con, pour quelle raison vis-tu et depuis des décennies dans des régions qui sans parler de ton travail me paraissent (à te lire) si désagréable à vivre ?
    Ce commentaire est très long pardon aux (nombreuses) commentatrices que je fatigue avec mes conneries (mais qui me lisent jusqu’au bout) je promets que mon prochain commentaire, sur un prochain billet ne sera composé que d’un seul mot.

    Bleck

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    • Ah la la la la, je suis jalouse, mais jalouse!!!! Pour répondre à ta question, je ne sais pas, Toronto c’était bien, ATPN à la fin c’était bien. Mes profs à l’université m’ont toujours dit que ce qui est le plus important c’est d’être content dans son boulot, parce même si on vit dans un paradis, si le boulot nous pourrit la vie, le paradis devient un enfer.

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  8. Pingback: moi c’est la tartine de beurre — c’est pas moi je l’jure! | Mon site officiel / My official website

  9. Geneviève

    L’avantage c’est que je sais ce que je vais t’apporter quand je te rendrai visite ! 😘😘 (Un p’tit coucou, jsuis pas morte, mais surmenée comme d’habitude…)

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  10. Du beurre salé! Et mazette, 5$ l’endive, qui aurait dit que le chicon était un produit de luxe? (Cependant, je pense que cette salade voyage mal, et il est possible que les Américains, du Nord comme du Sud, ne sachent pas la cultiver.)

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