c'est pas moi je l'jure!

deviens-tu c’que t’as voulu?

Rares sont les moments dans une vie où l’on a la chance de vraiment pouvoir se créer une nouvelle identité. Oublier le passé et recommencer à zéro. Et moi, là, je n’ai plus le choix, je dois réviser fondalementalement qui je suis et redessiner ma vie de A à Z!

Pendant mes études (dont le doctorat), je passais les examens et j’oubliais tout dès le lendemain. Je n’ai jamais compris qu’on fait un doctorat justement pour se créer une nouvelle identité, une identité professionnelle, pour faire partie d’une communauté de chercheurs, pour devenir ce que l’on fait. Non, moi, je suis restée celle que j’étais avant mes études: je faisais ce que j’aimais et seulement pour moi; le reste du monde pouvait aller se faire cuire un oeuf!

Mon premier boulot à plein temps a été dans une petite université qui elle-même était en pleine crise d’identité. Je sentais bien qu’il aurait fallu que je pense sérieusement à mes buts professionnels et à qui je voulais vraiment devenir, mais le chaos dans lequel je travaillais et la singularité de mon poste ont fait que j’ai réussi à passer entre les gouttes pendant trois ans.

Et aujourd’hui, je me retrouve dans la cours des grands, dans une université dont le prestige équivaut à celui de UCLA, University of Michigan, Carnegie Mellon, UNC Chapel Hill… (pas Harvard, Yale et Princeton quand’même, Dieu merci).  Bref, ici c’est pas de la rigolade et il est interdit d’essayer de passer entre les flocons de neige! Publish or perish a été inventé par ces universités comme la mienne, qui ne se prennent pas pour la queue de la poire, et où l’identité de chaque individu n’est définie qu’en terme de ses publications.

Alors voilà. Je n’ai plus le choix. Je dois à partir de maintenant aimer et vouloir écrire et publier. Je ne peux plus faire la différence entre la vie et le boulot et moi. Mon boulot maintenant c’est de faire de la recherche et d’écrire, et ça, ça ne doit plus “faire partie de ma vie” mais être ma vie, être moi. Il y a deux carottes au bout de la ficelle: plus je publie et mieux je suis payée, et dans quelques années, je serai engagée à vie (c’est-à-dire tenured) par une université prestigieuse.

Priez pour moi!

aloo gobi

J’ai trouvé la recette de ce plat que j’adore, le Aloo gobi, à la fin du DVD de Bend it Like Beckham, un film très mignon qui raconte l’histoire d’une jeune indienne vivant en Angleterre et qui veut jouer au foot, malgré les interdits culturels et familiaux.

1. Couper 1 gros oignon en dés. Couper grossièrement 1/2 chou-fleur (morceaux assez gros et de taille similaire). Couper 3 ou 4 pommes de terre en morceaux pas trop gros (de taille similaire).

2. Dans une grande poêle, mettre un peu d’huile (et de ghee, si vous en avez), et une petite cuillère de graines de cumin, (j’aime rajouter une petite cuillère de graines de moutarde, mais attention, ça saute haut!), 1 ou 2 petits piments coupé finement (si vous voulez), et l’oignon, puis un peu de coriandre fraîche (cilantro) (les tiges, pas les feuilles). Laisser cuire à feu moyen, environ 10 minutes, jusqu’à ce que l’oignon soit transparent. Ajouter une cuillère de curcuma, un peu de paprika et du sel. Les oignons doivent brunir doucement.

3. Ajouter une boîte de tomates en dés en boîte (ou 3-4 grosses tomates fraîches coupées en morceaux), une petite cuillère de curcuma (poudre jaune qui n’est pas du curry), du gingembre râpé et de l’ail écrasé, autant que vous voulez. (Le mélange est maintenant la base typique de tout curry indien et on peut y rajouter tout ce qu’on veut!)

4. Ajouter les pommes de terre et le chou-fleur et un petit peu d’eau si nécessaire, et couvrir et laisser cuire à feu moyeu environ 20-30 minutes en mélangeant de temps en temps (en essayant de ne pas casser les morceaux de chou-fleur). Rajouter une petite cuillère de garam masala (j’oublie toujours et c’est quand’même très bon). Si les pommes de terre ne sont pas cuites, laisser encore cuire quelques minutes, puis ajouter des feuilles de coriandre ciselées. Eteindre le feu, couvrir, et laisser reposer quelques minutes pour que les parfums se mélangent bien.

5. Servir bien chaud avec du riz et des naans et plein d’autres bonnes choses indiennes si vous en avez.

Réussite: 10/10. C’est mon plat anti-déprime préféré. Coloré, épicé, bon pour la santé!

24 comments

  1. Publie donc🙂 et fais surtout en sorte que tu sois bien dans ce nouveau boulot.
    Tu sais, pour les adresses de bonne bouffe, je te fais confiance, tu vas trouver LE magasin qui te permettra de ne pas trop perdre de poids. (oui j’ai lu les billets en retard et donc je réponds où je veux avec mon clavier français de france si pratique et rapide :))

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  2. J’ai mis du temps après mes études à faire le lien entre ce que j’étais viscéralement, et ce que mon boulot impliquait en terme de comportement et d’image. Je me sentais “à part” vis à vis de mes confrères, comme si pour moi mon boulot n’était qu’un moyen et non une fin dans ma vie. Et puis les choses se sont faites naturellement, avec le temps………..comme pour un bon plat loooool, tout s’est subtilement mélangé au point de devenir inextricable….ma vie, moi, mon boulot,…..et le reste. On passe nos 25 premières années de vie sans boulot tout de même (qd on se lance ds un long cycle d’étude), c’est normal qu’il faille du temps pour que ça s’intégre complétement dans notre quotidien au point de devenir NOTRE quotidien

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  3. J’ai beaucoup déménagé et à chaque fois j’ai eu “la chance”, “l’envie” (?) de changer un peu d’identité au passage… C’est chouette, mais au bout d’un moment c’est très étrange… On envie vraiment ceux qui sont restés dans la ville où on a fait ses études, nos amis perdus de vue depuis longtemps qui sont restés amis, eux. Qui ont un vrai réseau d’amis. Pas comme moi celle qui a déménager 20 fois et perdu autant d’amis😦
    Anyway… Et en plus je ne suis pas calmée : j’ai pas envie de rester ici.
    Pour ce qui est de publier, je ne suis pas arrivée à ce ne niveau d’étude, mais deux de mes frères oui… Il semble que ce ne soit pas si facile pour eux de publier non plus… Comme une inquiétude permanente… J’imagine que c’est le lot de tous les enseignants-chercheurs?
    Autrement tu n’est vraiment pas grosse, tu peux manger (normalement) sans te poser de question😉
    Il faut aussi parler de la qualité des photos de plats que tu fais! Elles sont vraiment réussies tes photos! Ca aussi c’est un talent (compare avec ma photo de pizza de l’autre jour, lol!)

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  4. Charlotte

    Je compatis… je n’en suis qu’au stade de l’écriture de ma thèse de doctorat et je déteste déjà ça! Autant j’aime mon travail, ma recherche, autant j’aime écrire de longues lettres / mails à mes amis, autant je peine pour écrire un paragraphe d’article “scientifique”… *soupir*

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  5. Est ce que t’as le droit de publier tes recherches en les agrémentant de petits dessins rigolos ?

    Je ne crois pas que je pourrais fonctionner dans ce système… pas tant par la nécessité de publier régulièrement (c’est sans doute une émulation nécessaire) mais plus dans l’aplanissement forcé de la personnalité pour entrer dans le moule de l’identité professionnelle.

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  6. …deviens-tu c’que t’aurais pu😉

    J’adore cette chanson.

    Je suis convaincue que tu vas y arriver et avec brio!

    Publier plein d’articles intéressants et inédits: c’est tout un challenge😎

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  7. Valérie, ça fait bien plaisir de te revoir par ici🙂 (quant au clavier français, haha, laissez-moi rire😉 )

    Alcib, faut essayer en tous les cas🙂

    elPadawan, voui mais le voulais-tu? Comment t’as changé? Ah oui, tiens, dis-donc, effectivement, c’était un gros changement la dernière fois, hehe🙂

    Lili, je ne te dirai pas à quel âge j’ai fini mes études, alors😉 Il y a des gens a qui ça semble si facile, la vie académique… et moi, si on me demandais mon avis (mais ça fait bien longtemps que je sais qu’il vaut mieux ne plus me le demander), je dirais que je ne suis toujours pas sûre que c’est ce que je veux faire… J’espère que ça ira mieux dans quelques années🙂

    Mahie, ta pizza m’a donné bien faim, tiens🙂 Je crois que “inquiétude permanente” est un euphémisme en ce qui me concerne😉

    Charlotte, alors là je te préviens tout de suite, si c’est pas ce que tu aimes faire, ça ne va pas s’arranger! Ici, en tous les cas, les gens qui deviennent profs universitaires (je parle pas des “colleges”) parce qu’ils aiment enseigner se fourrent le doigt dans l’oeil😦 C’est vite vu, l’enseignement c’est bien le dernier des soucis de mes collègues! Alors… réfléchis bien à ce que tu veux faire🙂

    heidi, je pense que toute profession demande qu’on s’y adapte d’une façon ou d’une autre. Je ne sais pas si j’aurais la force et la volonté d’être prof comme toi par exemple🙂 (bon, c’est vrai que là, j’ai beaucoup de travail devant moi…)

    !Béo! ça, pour être un challenge, c’est un challenge, surtout que j’écris (en anglais) comme un pied! Mais bon, faut faire c’qu’y faut faire, hein🙂

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  8. julie

    Et toi, tu aimes écrire et publier ou ça s’apparente plus à une corvée ? S ce n’est pas trop indiscret quels sont les sujets sur lesquels tu publies ? (si c’est une info top secret et interdite de blog y’a mon email…;-) )

    Pour avoir également vécu l’expérience je trouve que c’est une chance de pouvoir se réinventer, laisser derrière soi l’mage que les autres avaient de nous, l’image qu’on s’est contruite et qui parfois nous enferme dans un role qui parfois nous étouffe ou ne nous correspond plus…
    là c’est comme une seconde chance, un nouveau départ…profite en !

    Quand le manquede légumes se fera trop sentir et que tu commenceras à aller brouter l’herbe en bas de chez to, demande mo et je t’envoe un colis tout pleins de bonnes choses…;-)

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  9. catherine

    priez pour moi! demandes tu?

    amen…

    tu sais on n’est pas obligé de “devenir un autre” pour être heureux!
    si tu n’aimes pas publier, pourquoi le faire?
    on peut vivre parfaitement sans toujours en faire plus ( ou trop? )!!
    tu n’iras pas dans une université au top, mais est ce indispensable pour toi? seras tu plus malheureuse?

    j’aurais pu écrire des articles aussi, faire de la recherche ou autre, mais j’ai préféré choisir une vie professionnelle moins prestigieuse, et privilégier ma vie privée.. et quand je me retourne sur mon passé, je ne regrette rien…

    apprécie ce que tu vis en ce moment..

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  10. le malheur c’est que ce genre de système finit en chien qui se mord la queue : il faut tellement publier par peur de périr que c’est celle-ci qui prend le dessus… et on finit par publier. toujours. la. même. chose.😦
    mais bon, ptêtre que tu pourrais publier selon le même système qu’ici : 1 idée, 1 recette !😉

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  11. delimoon, dans quel sens du terme?😉

    julie, je fais de la linguistique, enfin, je faisais… maintenant, je me dirige vers des trucs hyper théoriques que je ne sais même pas dire en français! Beurk. Je déteste écrire, je suis nulle pour écrire en anglais, c’est hyper difficile pour moi. Je suis obligée de payer un éditeur pour améliorer mes textes, les rendre plus sérieux, plus academiques… je hais être aussi nulle. Et ce qui me manque le plus ce sont les légumes étranges que je trouvais à mon marché bio, comme les tomates héritages de toutes les couleurs et toutes les formes, par exemple🙂

    catherine, malheureusement, ce n’est pas toujours aussi facile. J’ai fais des choix dans ma vie qui ont été très influencés par mon égo, lui-même fortement influencé par les soucis de santé et d’indépendance que j’ai pu avoir… bref… des choix pas toujours basés sur ce que je voulais vraiment mais ce que je voulais prouver, plutôt. Aujourd’hui, je ne peux pas faire marche arrière (en tous les cas pas avant quelques années) et la meilleure façon de bien m’en sortir c’est d’apprendre à vivre mon travail autrement, d’apprendre à apprécier certains aspects que j’ai essayé d’éviter jusqu’à maintenant. Si j’y arrive, j’espère que je serai heureuse🙂

    Dodinette, je ne sais pas encore du tout comment publier. toujours. la. même. chose😆 C’est une qualité qu’il faut que je développe parce que c’est la seule façon de survivre, effectivement! Si je devais pondre une idée à chaque fois que je fais une recette, j’arrêterais illico de faire la cuisine et je me mettrais au macdo, crois-moi😆

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  12. Tu as tout à fait raison quant à la nécessité d’une certaine adaptation😉
    Je sais que ma “carrière” n’a pas été aussi simple et rémunérante qu’elle aurait pu l’être parce que justement je refuse de rentrer dans le moule “prof”.

    Pour les publications, tu n’as plus qu’à trouver le moyen de faire passer tes recettes de cuisine comme résultats de recherche !😀

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  13. Ah! Le nerf de la guerre, au bout du compte, n’est pas tant l’argent que de trouver sa place.

    J’ai mis longtemps à me situer face à mon identité dans la vie académique. Je suis maintenant dans un milieu qui est pour moi idéal: équilibre parfait entre l’enseignement (qui me passionne) et la recherche (qui me passionne tout autant)… sans la pression des publications pour avoir la permanence.

    Je ne peux que te souhaiter de faire ta place; peu importe le milieu, ce qui est merveilleux dans le monde académique c’est que, au bout du compte, on fait chacun la carrière qui nous convient (une fois quelques obstacles surmontés, bien entendu).

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  14. Fabulous Fabs

    Non je ne suis pas devenue ce que j’ai voulu car ça m’a pris des années à réaliser dans quoi j’aurais dû étudier pour être vraiment heureuse d’un point de vue professionnel/carrière. Mais la vie se charge quelque fois de nous faire dévier. Puis le temps passe et on s’adapte. Je n’ai pas de regrets, mais à l’occasion, j’ai conscience d’être passée un peu à côté, de n’avoir par atteint mon plein potentiel. Mais bon…

    Alors je te souhaite du courage et de la volonté pour accomplir ce que tu sens que tu dois accomplir. Tu trouveras tes ressources intérieures pour y arriver. Je n’en doute absolument pas.😉

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  15. Je te comprends pour l’avoir aussi vécu quelques fois. Aussi stimulant que déstabilisant! Et hop une petite prière je fais pour toi!😀 Que tu publies à gogo dans les années à venir! Anyway, vu que t’es rendue au grand Nord, les distractions doivent se faire rares!😉

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  16. visiblement, pas la peine de prier pour toi…🙂
    ce que j’ai lu m’a convaincu !
    la route est longue, mais la vie est belle !
    je reviendrai, l’ambiance est chaleureuse et le café semble chaud ;😉

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  17. moi ça me donne des palpitations de voir ce que tu as accompli et cette nouvelle vie que tu prends à bras le corps! Je suis trop fière d’avoir une coupine qui assure aussi bien au taf, en cuisine, avec ses coquines, et qui arrive en plus à être douce et attentive avec ses potes! haaaaaaaaaaaa (happy sigh)

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  18. Permier passage sur ton blog et ton dernier post retient mon attention, je viens de débarquer dans un petit institut seule enseignant/chercheur dans mon domaine, pas facile de me faire ne place et en même temps tout est possible. Tout est à construire.
    En tout cas je te souhaite bonne chance pour tes publis et ta nouvelle vie. Sur ce je vais lire tes anciens posts😉

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  19. L’abeille, bienvenue par ici et bon courage à toi aussi, j’étais dans cette situation pendant trois ans et ce n’est pas du tout facile de se trouver une petite place bien à soi🙂

    Candy😆 toi, le sport te donne un peu trop d’endorphines😉

    douxmets, bienvenue par ici et à bientôt alors🙂

    Etolane, merci pour la petite prière🙂

    Fabulous Fabs, c’est intéressant ce que tu racontes🙂 Je crois que je pourrai dire la même chose que toi, bientôt… et peut-être qu’un jour j’aurai le courage d’écraser mon égo et d’aller enfin faire ce que je veux vraiment faire…

    Doréus, tu as de la chance d’avoir trouvé ta place🙂 Faudra que tu me racontes comment tu as fait et aussi ce que tu fais exactement (pour le moment, j’ai surtout l’impression que tu voyages beaucoup)🙂

    catherine, merci🙂

    heidi, les étudiants qui parlent plusieurs langues sont-ils plus aptes à faire la cuisine que ceux qui ne parlent qu’une langue? Voilà enfin un projet de recherche qui m’intéresse, merci😉

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  20. Oui, je me trotte ces derniers temps. En fait, j’étais encore sur la route pour aller chez toi aujourd’hui pour faire de la recherche aux Archives provinciales. J’enseigne l’histoire au Collège de Red Deer.

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