c'est pas moi je l'jure!

pendant qu’il est trop tard

Je me souviens exactement des trois fois où j’ai pleuré au boulot: quand ma seule copine de boulot à Toronto a annoncé qu’elle partait; quand le monde s’est effondré à cause d’un email stupide; et quand Anita m’a annoncé qu’elle partait en décembre dernier. En plus de sept ans, je trouve que ce n’est pas exagéré.

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Aujourd’hui, je peux rajouter quelques nouvelles larmes à ma courte liste. Le début de l’année scolaire a été stressant comme tous les débuts d’année scolaire, mais au lieu de se calmer, les choses me semblent de plus en plus difficile à gérer. Depuis deux-trois semaines, je sens le stress s’accumuler et j’arrive de moins en moins à respirer, à dormir, à mener à bien mes projets, à répondre aux demandes de tout le monde, à prendre le temps de parler à mes employés, à bien préparer mes cours, à surmonter ma fatigue, à terminer mes piles de corrections, à m’accommoder des interruptions, à répondre à mes email… Bref, j’ai de plus en plus de mal à faire mon travail. Je fais toujours trois choses à la fois, je n’arrive que rarement à terminer ce que j’ai commencé à faire cinq heures plus tôt, j’ai du mal à me concentrer, je fais souvent des erreurs, je réponds à côté de la plaque, j’oublie ce qu’on vient de me dire, et j’ai de plus en plus l’impression que je n’y arriverai jamais!

Hier, alors que je partais en plein milieu d’une réunion difficile parce que je devais aller enseigner un cours à l’autre bout du campus quelques minutes plus tard (et la porte de la classe était fermée à clé et la clé était perdue) et en même temps me préparer pour deux entretiens importants qui allaient avoir lieu une heure plus tard (tellement pénibles que je me serais tirée une balle si j’avais eu un flingue à portée de main) et pendant tout ce temps-là culpabiliser à cause de la lettre de recommandation pour l’école de médecine que j’ai promise il y a une semaine à une employée et toujours pas écrite et penser à la présentation hyper compliquée que je dois faire lundi pour un prof qui me fait chier depuis deux semaines et qui va me ruiner mon week-end et me torturer l’esprit à cause de la décision que je dois prendre concernant ma secrétaire et maudire mes trois étudiants hyper problématiques (dont un m’a écrit un email pour me demander comment utiliser un mot de passe pour lire ses emails), je me suis rendue compte que je perdais la tête.

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Je crois que jamais dans ma vie je n’ai atteint ce niveau de stress. Je n’ai même pas eu le temps d’aller faire pipi entre 8 heures du matin et 7 heures du soir!

Alors cet après-midi j’ai craqué. Sans raison particulière, en plein milieu de l’après-midi, des larmes ont commencé à couler. Ca n’a pas duré plus d’une petite minute parce qu’ensuite un étudiant est arrivé pour un entretien, un employé est arrivé pour me dire que notre plafond moisissait et qu’il refusait de travailler dans ces conditions, et ma secrétaire est arrivée pour me faire signer deux contrats que j’aurais dû signer la semaine dernière. Mais ça m’a fait un tout petit peu peur, parce que ce n’est quand même pas souvent que ça m’arrive, de pleurer au travail!

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24 comments

  1. Les larmes qui sont sorties étaient nécessaires… et pas une preuve de faiblesse. Je suis désolée pour toi de te lire dans un état pareil… espère que tu trouveras rapidement des solutions pour faire face à tout ce stress…
    Les couleurs sont magnifiques par chez toi, et si bien mises en valeur… Qu’elles t’apportent de la joie et de l’énergie!
    Plein d’encouragements et de chaleureuses pensées pour toi!

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  2. Val Làô sur la Colline

    Hou la la !
    Non.
    Juste non.
    Peut-être qu’il faut que tu apprennes à dire “non”. Il y a sûrement des choses auxquelles tu peux dire non ! (et ne dis pas non !😉 ). Je sais, au premier abord ça n’a pas l’air évident mais c’est sans doute possible !
    Ne vas pas trop loin, attention à toi…
    Et surtout, bon courage !
    (C’est quand, tes prochaines vacances ?)

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  3. tu n’as perdu ton humour, ton petit chignon et tes cheveux ont la couleur de l’automne!
    tu te laisses submerger par le travail et les gens autour de toi, il faut arrêter cette spirale infernale, c’est vrai que le burn out est fréquent lorsqu’on a des responsabilités..fais la part des choses..
    courage, relève la tête et cherche ce qui est vraiment important pour toi, et occupe t’en en premier!
    bises bretonnes réconfortantes!!

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  4. Si c’est sorti c’est qu’il fallait que ça sorte… Te faudrait un peu de vacances. Et/ou une secrétaire du tonnerre pour s’occuper d’un max de trucs à ta place (genre expliquer les mots de passe…)

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  5. Si tu n’arrives pas à surmonter toutes ces petites choses, ptête qu’il faudrait envisager de consulter un psy ? mais la décision n’appartient à qu’à toi seule.
    bon courage dans tous les cas

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  6. Rah mon amie, je suis bien triste de te savoir si stressée… Que faire? Je ne sais…
    Tiens je te conseil un bon bouquin qui te détendra le soir si tu ne l’as pas déjà lu : Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer
    Gros bisous

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  7. Seer

    Ca fait toujours du bien de craquer quand ça devient trop, va. C’est normal, et ça fait sortir la vapeur. Ca ira mieux après.
    Et la méthode de la dernière fois : cocktail + resto + gros gâteau gratuit + serveur super, ça serait pas une bonne idée pour finir cette semaine ?🙂

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  8. Mel

    J’allais dire comme Gracianne, que le burn-out n’est pas loin. Je te conseillerai la même chose qu’à Valérie, de prendre soin de toi. Et aussi de te faire aider. Mais peut-être as-tu besoin d’aller au bout de tes forces avant de franchir le pas ?

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  9. Anne

    Il faut réagir, dire non, déléguer, repenser ses priorités etc.
    Nous avons tendance à attendre d’être au fond du trou pour demander de l’aide, alors n’attends pas trop. Pleurer soulage sur le moment mais ne résoud pas les problèmes.
    Profite de ce long week end pour te reposer et réfléchir.

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  10. Frensoiz

    Il aurait peut-être fallu que tu puisses pleurer vraiment, histoire d’évacuer un peu … Mais si çà dure, ne laisse pas les choses traîner, faudrait pas que ce soit une dépression qui couve … Des fois il faut savoir dire qu’on n’est plus capable de tout faire et chercher à se faire aider, à déléguer. En général, plus tu en fais et plus on te donne à en faire. Faut bien arrêter à une moment !
    Des grosses grosses bises …

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  11. Bienvenue au club😦 Les signaux sont clairs, il est urgent de respirer (abdominalement bien sûr😉 ) et laisser le niveau de stress redescendre à un niveau bas le temps d’une nécessaire pause.
    Je suis justement en train de suivre une formation de “self-coaching” sur le stress… il paraît qu’il y a de petites techniques pour aider, j’attends de voir et je te dirai !
    Gros bisous ♥

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  12. Quelques idées que j’applique lors que je resens ce genre de difficultés, sachant toutefois que je ne suis jamais arrivé au stade où tu en es parce que je vis et travaille dans un univers plus humain et moins impitoyable :
    1) Ne pas hésiter à faire savoir (d’une manière directe ou détournée, mais en tout cas suffisamment appuyée) aux collègues et à la hierarchie que je vais mal et qu’une sollicitation trop importante pourrait me faire basculer vers la dépression. Les gens, du coup, prennent plus de précautions et évitent de me surcharger de travail.
    2) Trouver une variable d’ajustement pour préserver un minimum de temps de détente et de sommeil ! En ce qui me concerne, cette variable d’ajustement est la recherche. En cas d’overbooking, je laisse tomber mes projets de recherche plusieurs mois s’il le faut et si quelqu’un vient me chercher des poux dans la tête, je lui explique que je ne veux pas me retrouver en arrêt maladie pendant un an pour dépression nerveuse comme la collègue du bureau d’à coté.
    3) Se résoudre à faire certaines choses à 80% plutôt qu’à 100%, ce qui prend deux à trois fois moins de temps. C’est un crève coeur de bâcler un travail, mais si c’est une question de santé il faut savoir faire ce sacrifice. Ce qui est incroyable, c’est que souvent personne ne s’aperçoit que le travail est bâclé😉.
    4) Consulter un bon psychologue pour lui demander des conseils personnalisés.
    J’ai déjà appliqué avec un certain succès les trois premières idées, pas encore la quatrième mais je n’hésiterai pas à le faire si je sens que la situation m’échappe.

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  13. Merci pour la photo du petit chignon, il te va très bien😉
    Les larmes sont un bon exutoire et il ne faut pas t’en priver. Je suis bien triste de te voir aussi stressée. Je me demande toujours combien tu es pour parvenir à faire autant de choses en une journée.
    Gros bisous

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  14. Je suis d’accord avec Judicaelle, parfois, les larmes, c’est nécessaire. Et je te dirai presque : si tu dois pleurer, pleure vraiment. Ne te retiens pas. C’est notre façon, à nous, les femmes, de faire sortir notre trop plein de plein de trucs et de “dégonfler”. On se vide, on est épuisée et les choses sont appréhendées différemment, par la suite. Alors, pleure, sanglote. Si on nous a filé des larmes, c’est pour les utiliser !
    C’est l’entrée dans l’automne, aussi. C’est bien connu. CA nous fout un coup de cafard et ça nous fragilise. Nous ne sommes que de faibles femmes, que veux-tu….
    Et comme Mahie, alors, je vais te conseiller un livre LEGER, mais qui m’a mis la banane pendant tout le temps de la lecture :
    “Si je t’aime, prends garde à toi”, de Céline Mancellon.
    Et j’en ai un autre en tête mais que je voudrais t’envoyer.🙂
    Bisous et COURAGE ! You’re not alone.

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  15. tout le monde t’a donné plein de bons conseils, alors je ne peux que les approuver et te dire qu’on est là nous, et que tu as même le droit de pleurer en nous écrivant des trucs….mais que tu dois suivre en même temps les conseils de lever le pied….

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  16. linlin

    Une somme de travail beaucoup trop importante et qui s’appelle le burn out comme cela a été dit précedemment ! Il te faut vite de ressaisir pour ne pas sombrer dans un début de depression! Délègues au plus vite si tu en à encore la possibilité bien sur !! Déjà le fait d’écrire ce blog peut déjà faire partie d’une thérapie! En tout cas , tu reçois de très bons conseils, à toi de les suivre et continues de sortir comme tu le fais ! Bon week-end et bon repos !

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  17. Sass

    Ca aurait pu couler aussi pour moi vendredi en voyant la find e journée et le retard accumulé mais on est pas shiva bordel ! J’ai donc tourné le dos à mon boulot vendredi en me forcant mais j’ai parlé avec moi même et me suis dit “tant pis, on verra lundi, 2 jours à oublier !” Il y a un moment on on ne peut plus, pourquoi insister ? Repos, avoir al tête ailleurs et vlan lundi je ferai une liste et rayerai les choses faites et ça soulagera rien que ça !!

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  18. Hmmmm…. j’acquiesse sur le burn out! Je suis déjà passée par là et c’est le même type de feelings, je dirais presque de désespoir interne de ne plus pouvoir ce qu’on voudrait et de sentir qu’on ne suffit plus à la tâche, qu’il y a beaucoup trop à faire… Alors… juste respire profondément. Tu ne te sens pas appuyée non plus à cause de certaines personnes qui t’entourent … ça n’aide pas non plus😦
    Je t’envoie un GWOS câlin…

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  19. Vade retro, burn out !Je trouve que certains conseils sont très pertinents : si on charge trop ta mule, il faut que tu le fasse savoir à tes collègues et à ta hiérarchie… Paske sinon, moi, je vais m’inquiéter ! Un bizou.

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  20. Ygaëlle

    Pour avoir fait un vrai burn out (presque 1 an d’arrêt de travail…), je ne peux qu’abonder dans le sens des commentaires précédents. Les signes (ha ha j’avais écrit les singes) de trop de stress sont visibles et reconnus… il faudrait donc agir pour le diminuer, ce stress. Oui, mais ce qu’il y a de plus difficile, souvent, dans cette situation, c’est que justement on ne voit plus comment sortir la tête de l’eau, on se sent totalement coincé dans les multiples contraintes, sans moyen d’action, englué. Et, parfois (dans mon cas en tous cas), les conseils des autres sont rejetés parce qu’il y a toujours une bonne raison (que les autres ne voient pas ou ne comprennent pas mais que “nous” on voit) pour ne pas les mettre en oeuvre. J’aurais donc tendance à dire, quelques années plus tard, que quand on reconnait qu’on est en pré-burn out, il faut mettre en oeuvre les conseils de personnes bienveillantes proches, qui connaissent un minimum les contraintes, pour tenter d’arrêter la course folle dans laquelle on est engagé. Cela nécessite de savoir que l’on perdra de toute façon cette course, que le corps ne peut pas plus, qu’il faut l’accepter, et qu’il faut prendre le temps de s’arrêter, quoiqu’il arrive, pour pouvoir redémarrer…
    Bon, ce n’est qu’un conseil, parmi d’autres…🙂
    Bon courage, en tous cas !

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