c'est pas moi je l'jure!

j’ai taillé la pierre, inventé le feu, inventé la guerre, excusez du peu

J”ai créé une nouvelle catégorie de posts qui s’appelle “le lundi on réfléchit”… et au fil du temps, je parlerai d’autres sujets, c’est sûr, mais en ce moment j’ai besoin de “digérer” les trucs fascinants que je lis sur l’intelligence artificielle.  

Mon bouquin pose cette question extrêmement importante à laquelle il y a dix mille réponses: “qu’est-ce que l’intelligence?” Voilà quatre aspects différents de l’intelligence, qui démontrent quelques limites importantes de l’intelligence artificielle: 

  • L’idée qu’être intelligent c’est d’avoir appris à penser: en jouant, en interagissant les uns avec les autres, en vivant une vie unique et complexe, et en faisant des erreurs, on apprend la logique, les émotions, le raisonnement abstrait, la planification, le bon sens, l’intuition, etc. Un ordinateur peut faire des millions de calculs hyper compliqués par seconde et battre les meilleurs joueurs d’échecs du monde, mais personne n’a encore réussi à enseigner à cet ordinateur à se réjouir d’avoir gagné la partie d’échecs! 
  • L’idée du niveau et type de connaissances et compétences: oui, un ordinateur peut apprendre des trucs complètement dingues, comme de composer de la musique indifférenciable de celle de Chopin, ou d’écrire des textes exactement comme Victor Hugo. Mais aucun ordinateur n’arrive encore à jouer au jeu “Monsieur et Madame Dalor ont un fils, comment l’appellent-ils?” Et même si l’ordinateur sait composer du Chopin, il sera incapable de savoir aussi être un bon prof et conduire une voiture et faire une quiche Lorraine. L’ordinateur “intelligent” est donc très doué pour faire des choses qui nous sont très difficiles, et très nul pour faire des choses qui nous sont faciles (comme d’être doué dans plus d’un domaine)! 

  • L’idée de transfer de connaissances et compétences: quand j’ai vu un saxophone pour la première fois, j’ai pu utiliser mes connaissances de la clarinette pour en sortir quelques sons et jouer quelques mélodies! L’humain transfer tout le temps et relativement facilement ses connaissances d’un contexte à un autre, alors qu’un ordinateur en est totalement et profondément incapable (sans aide humaine)!  
  • L’idée de la définition-même de “connaissances et de compétences”: jouer aux échecs, c’est en apprendre toutes les règles, et ça, c’est super facile pour un ordinateur. Parler français (mieux qu’une vache espagnole), c’est comprendre l’humour, ce qui n’est pas dit (mon pantalon est décousu, si ça continue on verra le trou d’mon…), le context culturel, l’ironie, les nuances des synonymes, les ambiguïtés (la table ne passe pas par la porte parce qu’elle est trop large vs. la table ne passe pas par la porte parce qu’elle est trop étroite), les dialectes, le sarcasme, les pidgins, les intonations de la voix, les plans sémantiques, les jeux de mots, les homonymes (Monsieur et Madame Cale ont trois enfants, comment s’appellent-ils? Anna Lise Mehdi), les expressions familières, l’argot, les accents, les mots qui ont plusieurs significations (caisse), les anglicismes, le language des djeunes, etc. Apprendre une langue, c’est plus que de la mémorisation de vocabulaire et de règles de grammaire et d’orthographe. Pour un ordinateur, c’est impossible à bien faire, même avec des milliards d’analyses d’exemples. Regardez les limites de “conversations” qu’on peut avoir avec Siri ou Alexa, et leurs efforts pour faire de l’humour…  

Alors oui, un ordinateur “super intelligent” peut formuler la probabilité qu’une femme ait un cancer du sein, mais il sera encore longtemps incapable de décider de déménager en Nouvelle Zélande l’année prochaine pour y développer l’agriculture biologique parce qu’il se fait du soucis pour l’environnement et en a marre de son boulot! 

27 comments

  1. Lucette

    Tes réflexions du lundi …… ça envoie du bois …… je ne crois pas que l’ordinateur puisse comprendre cet « humour » à 2 balles, j’en conviens.
    J’aime toujours les titres de tes posts 😉

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  2. La zia

    Ouais…. t’as raison. Jamais un ordinateur n’arrivera à accueillir des petits enfants avec la grippe et des poux en même temps et de les emmener quand même escalader la Tour Eiffel et photographier des space Invaders sur le pont d’Iéna ! Vivent les mamies réelles et non artificielles ! 🥰

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  3. Tes réflexions sont reliées à toutes les grandes questions existentielles, et en particulier une : sommes-nous des machines de Turing ? Depuis le « Big Bang », l’univers n’a cessé de produire des ilots de complexité de plus en plus… complexes et de plus en plus petits et dispersés dans l’espace-temps. Des atomes simples, puis des étoiles, puis des atomes plus compliqués, puis des planètes, des molécules, des êtres vivants unicellulaires, puis pluricellulaires, de plus en plus intelligents, puis des hordes, des tribus, des sociétés, des civilisations, des technologies de plus en plus performantes, des ordinateurs… Chaque étape de cette complexification a été le chaudron qui a produit la suivante. En concevant des « Intelligences Artificielles », nous jouons le rôle d’agents au service de la complexification de l’univers. Et je serais plus que surpris que l’univers n’ait pas un plan B, ou plutôt de nombreux plans de secours, c’est à dire d’autre ilots de complexité avancée, d’autres entités intelligentes dispersées dans l’espace-temps, que nous ne rencontrerons jamais. Actuellement, nous sommes dans une phase de co-évolution avec les ordinateurs depuis seulement quelques décennies, alors que notre propre évolution a duré des millions d’années. Comment imaginer ce que pourrait donner cette co-évolution si elle se prolongeait des milliers, voir des millions d’années ? Ça me parait totalement hors de notre portée, surtout quand on pense que ce sont nos croyances ancestrales qui nous a permis d’atteindre notre niveau actuel d’évolution. Nous avons pu évoluer intellectuellement parce-que, contrairement aux autres animaux, nous croyons à des choses qui n’ont pas d’existence matérielle : l’argent, l’honneur, la justice, dieu, ce genre de choses. C’est en tout cas ce que dit Yuval Noah Harari dans un des livres qui m’a le plus marqué, Sapiens: Une brève histoire de l’humanité.

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    • Très intéressante, cette perspective, merci 🙂 C’est sûr que les ordinateurs sont très “jeunes” et ça va être intéressant de voir ce que tout ça va devenir dans 20 ans, 100 ans, 1000 ans (enfin, j’espère ne plus être de ce monde pour le voir, mais je suis quand même curieuse!).

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    • Tu sais que certaines maisons de retraites en Asie utilisent déjà des robots chiens ou chats pour tenir compagnie aux gens qui y résident? Tu dois recharger les batteries tous les soirs mais pas besoin de nettoyer de litière ni de trimballer 15 kilos de croquettes 😉 Enfin, c’est sûr qu’aucun robot de pourrait remplacer Calinette!

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  4. Bernard lebel

    Tes exemples montrent surtout que nous avons “une culture” et que ceux qui participent de ” cette culture” peuvent échanger alors que les autres non. Les tentatives actuelles du “deep learning” vont vers la participation à “la culture”. On y arrive très rapidement.
    Reste que la plupart des garçons croient qu’on y arrive, alors que la plupart des filles n’y croient pas… c’est certainement un fait culturel.

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    • Si je comprends bien ton commentaire, 1) les garçons ont raison, 2) les filles ont tort, et 3) comme je suis une fille j’ai tort (alors que je n’ai pas dit si je “crois” à tout ça, j’ai juste présenté quelques idées, et je suis à 100% sûre qu’il n’y a aucune raison de “croire” en tout ça ou pas, ce sont des faits, pas des croyances, et on peut être d’accord que c’est une bonne chose ou pas mais pas “y croire.” Ca serait comme de parler de voitures et de dire que les garçons y croient mais pas les filles!). C’est pas un peu sexiste et réductionniste comme idée tout ça?

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  5. Ah, mais j’allais dire que si je ne connaissais pas encore les enfants Calle, je connaissais déjà le fils de M. et Mme Dalor. Et à propos d’IA, il ne faut pas oublier le fils de M. et Mme Hateur.
    Est-ce que les sentiments relèvent vraiment de l’intelligence?

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  6. La question de l’intelligence est compliquée même quand on ne parle pas d’IA (par exemple, mon mari est persuadé d’être plus intelligent que moi car il oublie très rarement un rendez-vous, ou son portefeuille à la maison, alors que je suis sûre d’être plus intelligente que lui parce que je retiens sans problème des informations que j’ai lues 😉
    Mais tout cela est très intéressant ! Je n’aimerais pas que les ordinateurs acquièrent un jour une “vraie” intelligence, et une “conscience”, parce qu’alors il s’agirait d’être vivants qu’il faudrait respecter… et peut-être craindre ? Mais heureusement, on n’y est pas (encore).

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