c'est pas moi je l'jure!

al otro lado del infinito

Il y a un an exactement, le jour de Columbus Day aux Etats Unis et de Thanksgiving au Canada, j’étais aux Etats Unis, à Columbus! J’y étais pendant presqu’une semaine pour une conférence et je prenais des millions de notes parce que j’allais être l’organisatrice de la conférence de l’année suivante, à Vancouver!

J’y ai rencontré le président de l’association et je ne l’ai pas aimé, et effectivement, il m’a bien compliqué la vie pendant des mois.

Je buvais un p’tit cocktail tous les soirs au bar de l’hôtel en mangeant des frites et des hamburgers et en lisant un bouquin étrange, et j’ai cru que j’allais crever dans l’aéroport de Colombus!

Ma vie était bien planifiée et bien remplie, à cette époque. Je savais ce que j’allais faire pendant les prochains mois, je chantais dans une chorale et prenais des cours de clarinette, je câlinais Calinette qui allait encore relativement bien malgré sa cécité, j’enseignais mon cours à mes étudiants adorés, je dirigeais mon centre d’aide aux étudiants d’une main de fer et tout se passait bien, j’allais finir ma présidence du club des femmes de l’université avec brio, j’allais avoir un congé sabbatique de janvier à juillet, j’allais abandonner Scarlett et adopter Oriane, j’avais la trouille d’organiser la conférence de l’année suivante mais je me réjouissais beaucoup en même temps et mon copain Jerry était mon assistant, l’hiver était déjà bien arrivé, et je me donnais des petits défis chaque semaine.

Premiers à droite, nouveaux à gauche.

Un an plus tard, il ne reste plus rien de tout ça! La conférence que je devais organiser et qui aurait dû avoir lieu exactement maintenant a été annulée, les dernières réunions et activités du club des femmes de l’université ont été annulées ou sont passées sur Zoom et je ne suis plus présidente (ouf), le président casse-pieds de l’association de ma conférence a démissionné (ouf), ça fait depuis janvier que je n’ai pas voyagé, mon congé sabbatique a été annulé, Calinette est morte et me manque terriblement, Oriane prend la poussière, la chorale et les cours de clarinette sont annulés, je me suis fâchée avec ma meilleure copine italienne et Tom et Jerry, j’ai passé des millions d’heures à apprendre à travailler en ligne, je n’ai aucune idée de ce que je vais faire dans les mois qui viennent, le gouvernement canadien prend des plombes pour prendre une décision me concernant et c’est chiant, je porte des masques les rares fois où je sors de chez moi, mes petits défis sont devenus des petits carrés ridicules au crochet, j’ai adopté Miss Penny qui me fait souvent rire mais refuse de me faire des câlins, mon centre d’aide aux étudiants est passé sur internet à 100% et je n’ai pas revu mes employés depuis mars, mon cours aussi est en ligne et je n’ai jamais rencontré mes étudiants en vrai, mon balcon s’est fait refaire une beauté et mon salon est devenu une jungle, je “vois” ma psy par téléphone, rencontrer des gens “en vrai” est devenu dangereux, voyager est devenu dangereux, aller sur le campus et faire des courses est devenu compliqué, des expressions ont été inventées (social distancing, flattening the curve, to pivot, self-quarantine, covidiot, frontline workers, zoombombing)… et la seule chose qui n’a pas vraiment changé, finalement, c’est que l’hiver arrive!

Et chez vous, qu’est-ce qui a changé par rapport à votre vie l’année dernière à la même époque?

28 comments

  1. Blanche

    C’est incroyable comme ta vie a changé du tout au tout ! Moi, ce qui me chagrine le plus, c’est l’annulation d’un voyage en Nouvelle Calédonie en mars. Ils ont presque fermé leur frontière avec obligation de confinement dans un hôtel à l’arrivée si se risque à y aller. Pas envie de passer 14 jours dans un hôtel bas de gamme à l’autre bout de la terre !
    Dans la vie de tous les jours, c’est le port du masque qui me gène, particulièrement pour chanter. A la chorale, la convivialité en a pris un coup (2 m de distance pour chanter, avec le masque, en petits groupes de 15 maxi, en amenant sa chaise et son pupitre…)
    Heureusement j’habite à la campagne, dans un département peu touché, la randonnée continue… sans masque.
    Ce qui est affreux, c’est que les gens commencent à intégrer ces nouvelles règles, pas de bises, pas de poignée de mains. Cela se terminera-t-il un jour ?

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    • Hélas, j’ai peur d’être optimiste donc je pense que beaucoup de choses ne reviendront jamais à ce qu’elles étaient “avant.” Mais on finira par s’y habituer et trouver tout ça normal… Je vivais aux Etats Unis quand le 11 septembre est arrivé, et j’ai vu les changements dramatiques, et maintenant on n’y pense même plus!

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  2. Biquette

    Notre vie aussi est chamboulée, même dans la campagne lorraine…
    On ne fait plus de bises, plus d’accolades, plus de poignées de mains lorsque l’on rencontre amis ou connaissances. On hésite à organiser des repas et quand on le fait, on limite le nombre d’invités ! Le masque est devenu l’accessoire indispensable pour les courses, les sorties, les visites chez le médecin.
    Notre fille et sa petite famille vivent au Québec . Notre dernière rencontre remonte à Août 2019… Seul FaceTime nous permet de parler et de se «  voir » presque chaque jour.
    Tous nos projets de voyage hors de France ont été annulés et on ne voit vraiment pas le bout du tunnel!
    Pour des retraités comme nous, s’entendre dire à longueur de temps que nous sommes «  vulnérables «  est pesant et stigmatisant. En 2019 nous avions passé 60 % de notre temps hors de chez nous, en pleine forme. Je n’ose pas faire le triste calcul pour 2020! Et je constate que nous sommes plus fatigués, souvent découragés.
    Seul notre jardin potager s’est bien porté cette année!

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    • Je suis désolée que vous vous sentiez si stigmatisé, je sais trop bien combien ça peut être pénible à vivre! Ma gentille voisine anglaise, qui a 81 ans, dit la même chose, et dit qu’elle aimerait bien vivre avant de mourir! C’est particulièrement difficile pour les familles séparées par la distance, ça je le comprends très bien aussi hélas! Bon courage!!!

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  3. Ah ben il y a quelque chose de positif dans tout ça : l’hiver qui n’a pas tiré sa révérence 🙂
    Et qu’est-ce qui se passe pour que tu te fâches avec tes amis ? Cette période est vraiment moche et on ne sait pas si et quand elle va se terminer. Bises

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    • Bleck

      Moi également, ma curiosité naturelle me pousse à te demander le pourquoi d’une telle fâcherie, avec quel niveau d’amitié, le terme amitié étant souvent galvaudé…

      Bleck

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    • Valvita, je peux te dire que mon moral a chuté de façon dramatique avec les températures et les heures d’ensoleillement!!! C’est une horreur! Quand à mes amis… c’est triste et compliqué… j’en parlerai un jour peut-être 🙂

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  4. A l’Ouest

    L’année passée j’ai changé deux fois de vie. De traductrice, je suis devenue guide touristique agréée de la ville de New York en février, et je me suis retrouvée au chômage technique aussitôt merci COVID. Au sortir du confinement j’ai postulé dans diverses écoles francophones et maintenant me voici prof de petite maternelle.
    J’aimerais bien redevenir guide quand même
    😅

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  5. tout ton article du jour me parle..oui, pourquoi te fâcher avec tes amis? rien de grave j’espère😉 et travailler sans voir jamais personne, je compatis..
    chez nous aussi la vie a changé radicalement, on ne bouge presque plus, et pour nous qui partions souvent, c’est une nouvelle vie, avec juste un petit voyage dans le Jura cette année..mais je ne me décourage pas, d’autres little voyages sont en prévision, mais pas trop loin..à l’échelle du Canada, tu rigolerais!
    ce qui a vraiment changé cette année, c’est le chéri qui est en retirement maintenant, après une vie à voir des bonnes femmes, il ne verra plus que la sienne maintenant😁ça va le changer! mais cela n’a rien à voir avec le covid😏
    et cette distanciation physique avec la famille (voir ses parents et ses enfants avec un masque sans les toucher ou les embrasser😪), et aussi avec les amis c’est assez pénible..heureusement, il reste l’humour pour garder la tête hors de l’eau..
    bon mardi Dr, des bises de bon matin et moins fraiches 😯 que chez toi!

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  6. Bleck

    Dans ma vie, dans la notre en tant que couple, peu de choses ont changé depuis l’année dernière. Oui nous vivons quelque chose d’historique avec cette saloperie de virus… notre fils aîné est positif avec des symptômes très désagréables, naturellement il est en congé de maladie depuis 2 semaines et son état s’améliore doucement (je pense que cette saloperie aura un impact important sur son taf, la restauration, un bien pour un mal à mon avis…)
    C’est vrai on peut se lamenter, beaucoup de personnes ont de quoi ne pas être en forme, beaucoup souffrent de maux aussi divers qu’authentiques… je ne m’en sens pas le droit, j’ai mes emmerdes, je sors presque plus souvent ma carte vitale que ma carte bancaire, je me fais du souci pour mes enfants et le monde va mal… j’ai une chance phénoménale, je suis vivant je ris je pleure et je ne me sens pas le droit de me plaindre, ma petite vie n’a pas changé depuis l’année dernière à la même époque.

    Bleck

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    • Je suis triste d’apprendre que ton fils a été si malade et soulagée qu’il commence à aller mieux! Quelle cochonnerie ce truc! Je suis contente de ne pas avoir d’enfant parce qu’effectivement, je me ferais beaucoup de soucis pour eux et la vie qui les attend!! Continue à bien profiter de la vie 🙂

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  7. wam

    alors, moi…
    Qu’est ce qui a changé ? [attention, pavé ahead]
    Mon boulot : je télétravaille une semaine sur 2. J’aimerais bien que ce soit tout le temps. Ceci dit voir les collègues et les copines me manque ; je ne les vois pas (pour beaucoup) quand je vais au travail sur site, soit parce que le principe, c’est justement d’éviter les contacts (et du coup, je suis en rogne de devoir me déplacer parce que je n’en vois pas du tout l’intérêt), soit parce qu’ils sont sur “l’autre” semaine. J’ai changé d’apprenti, donc pour l’instant, j’ai perdu en confort (pour l’instant en tout cas) parce que celle qui est partie était expérimentée et bien.
    Le conjoint : passé de travail full time stressant, à arrêt maladie long (surement le stress), à reprise sous 1000 emmerd’, à bientot plus de taf. D’un côté, je suis contente qu’il sorte du cauchemar. d’un autre, je serai plus sereine s’il avait du boulot (et un revenu)
    les kids : passés de 2 collégiens( à la cantine), à 1 lycéen (sans cantine) et 1 collégienne. plus d’organisation pour moi et un monde nouveau et incertain (le Lycée) pour lui et moi.
    Je ne sors plus ou presque plus. Je ne sortais déjà pas beaucoup, mais là, plus de resto, plus de verre avec les amis. Plus de sports non plus (la piscine me manque). Pas de visite à mes parents pour les prochaines vacances, je ne veux pas prendre le risque de leur ramener le virus (suis dans une zone écarlate avec des enfants qui fréquente nécessairement beaucoup de personnes, même masquées ; mes parents sont à risque et dans une zone sans circulation active). Tout ca me contrarie.
    Je suis très inquiète du la crise économique qui s’annonce et des gouvernements qui font comme si rien n’avait changé. Je veux dire, peut etre est il temps de s’organiser pour un autre monde possible, me semble t il…
    Le truc positif, c’est que je vais passer mes congés à la maison à essayer d’améliorer l’habitat…
    Et aussi, malgré tout : nous sommes plutot en bonne santé, nous avons un toit sur la tête, quelques amis, une famille qui nous aime, à manger dans l’assiette (pour l’instant) et nous ne sommes de toute facon pas du mauvais côté de la barrière… Donc, ca va, quoi…

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    • Eh ben dis-donc, toi aussi tu vis beaucoup de changements pas toujours faciles!!! Je trouve l’idée du télétravail une semaine sur deux assez bonne, ça te force à sortir de chez toi de temps en temps, ce qui est mon grand problème! Moi, je reste en pyjama pendant deux ou trois semaines de suite, parfois!!! C’est sûr que quand on voit la misère et la souffrance autour de nous, on ne peut que se dire qu’on a de la chance. J’ai appris hier qu’il y a 180 personnes PAR SEMAINE qui deviennent sans abris dans ma ville (d’un million d’habitants mais quand même), principalement à cause du covid!

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  8. Par rapport à 2019, le plus grand changement pour moi, c’est que j’ai attrapé ce foutu virus en mars déjà. J’ai été très gravement malade. Deux semaine d’hospitalisation et une grosse frayeur ! Cette expérience m’a beaucoup marquée.
    Mis à part ça, aujourd’hui ma vie n’est pas très différente de celle de l’année passée. Mis à part la distance sociale et le port du masque. Je m’y suis bien habituée et je ne vais pas râler pour ça. Ce sont des détails en comparaison des autres “emmerdes” qui sont en train de nous tomber dessus: chômage, économie en berne, paupérisation, incivilité, etc …. et Trump. 😉

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    • Misère, je ne savais pas que tu y étais passée, ma pauvre!! Ah, toi aussi tu fais partie des optimistes qui pensent qu’il va se faire réélire? C’est douloureux de se dire qu’on va malheureusement avoir bientôt raison, hein? 😭

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      • En fait, en toute logique, il ne devrait pas être réélu, mais …. les dés sont tellement “pipés” que c’est ce qui risque d’arriver, malheureusement. Et pour nous européens, c’est incroyable de penser que des gens puissent voter pour ce type. Son slogan devrait plutôt être: Make America WORST again !

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  9. Je crois que le plus gros changement dans ma vie est à venir, et j’espère que ça se passera sans trop de casse (désolée de ne pas pouvoir en dire plus). Sinon, je n’ai plus d’enfant à l’école primaire. Rien à voir avec la pandémie, mais ça me change la vie, de ne plus avoir à le conduire ou aller le chercher.

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  10. Il y a un an, mon fils aîné venait d’entrer dans la vie active et je me désolais de le voir toujours seul. Ma fille cherchait activement du travail sans beaucoup de retours et apprenait à conduire. La benjamine hésitait (Fac ou classe prépa ?) et se préparait au bac. Nous avions des semaines chargées, beaucoup de réunions en soirée et des week-end passés à courir, d’une activité associative à l’autre. Les grèves de train se succédaient, entrecoupées par des accidents ou pannes, qui rendaient nos trajets boulot/maison aléatoires. Nous avions le projet d’acheter un appartement pour mes beaux-parents mais je ne sentais pas beaucoup d’enthousiasme de leur côté et je voyais que ça risquait de traîner pendant des années, après quoi il serait trop tard et il faudrait les placer en maison de retraite.
    Depuis… mon fiston a trouvé l’amour, a pu vérifier que c’était solide en se confinant 8 semaines avec elle et vient tout juste de déménager ses affaires. Ma grande a eu son permis et trouvé un travail satisfaisant, pour lequel elle ne reçoit que des éloges. La plus jeune a obtenu la prépa de ses rêves et une chambre d’internat en prime. Nous avons passé des mois sans prendre le train, ni sortir en voiture, nous avons remplacé nos activités à l’extérieur par beaucoup de musique en famille et j’ai été agréablement surprise par l’ambiance qui réglait à la maison pendant le confinement (je redoutais bien plus de tensions). L’appartement a été trouvé et le déménagement aura lieu la semaine prochaine (et la maison vendue dans la foulée).
    Mais… outre les soucis de financement immobilier qui ont été infinis et m’ont empêchée de dormir pendant des mois, cette incertitude permanente me pèse : je n’ai plus envie de prévoir quoi que ce soit, de peur que ce soit annulé au dernier moment, j’ai peur que l’un de nous tombe malade et que cela nous coupe du monde. Nous ne sommes pas à risque de développer une forme grave de la maladie mais les conséquences sont lourdes, de toute façon. J’ai peur que mes filles soient cas-contacts, l’une ou l’autre ne voudrait jamais revenir se confiner pendant 15 jours. Je voudrais embrasser mon père pour son anniversaire la semaine prochaine et je vais devoir porter un masque dans sa maison. Nous ne savons même pas si nous pourrons nous réunir pour fêter Noël. Et je le désole de voir un gros retour en arrière en ce qui concerne l’environnement, la pollution et la lutte contre le réchauffement, pourtant c’est urgent !

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    • Oui je crois que c’est ça le plus difficile pour beaucoup de gens: l’incertitude. Et la distance avec la famille! Et je suis moi aussi effarée par tout ce qu’on “oublie” et qu’on détruit à cause de (ou au nom de) ce covid à la noix! Bon courage à vous tous 🙂

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  11. Boeingbleu

    Ce n’est pas si différent, au moins cette année avec mon mari qui travaille et mon nouveau contrat à l’université on n’a plus à se préoccuper de l’argent. Je travaille trop mais je suis relativement chanceuse, il y a surtout ma famille qui me manque.

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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