c'est pas moi je l'jure!

un bateau de papier

Comme je le disais précédemment, je suis en train de faire une sacrée crise d’identité et je commence à en conclure que cautionner la culture militaire, c’est vraiment pas mon truc. Je savais que j’étais antimilitariste AVANT d’accepter ce boulot à la FAK, mais je n’avais vraiment aucune idée de ce qu’était la réalité par rapport à ce qui est présenté dans les livres et films qui parlent de ces sujets. Je ne savais pas non plus ce qu’étaient les forces armées canadiennes par rapport aux forces armées américaines ou d’ailleurs. Et je ne savais pas non plus comment une université pouvait fonctionner dans un univers si différent de ce que je connaissais.

La réalité, c’est que tout est pire que ce que j’ai lu, vu, entendu, et imaginé dans le passé. Et en plus de la culture militaire hyper toxique, il faut faire face au quotidien aux imbroglios du gouvernement qui rendent la vie universitaire impossible.

La seule chose de positive dans cette embrouille, ce sont les gens avec qui je travaille et qui se démènent dans des labyrinthes ubuesques pour faire marcher l’affaire le mieux possible et avec le sourire (sauf quand ils s’engueulent). La taille de la FAK (avec ses 1700 étudiants et 170 profs), aussi, est bien plus agréable et gérable que la taille de mon université en Alberta (avec 38000 étudiants et 1700 profs). J’ai aussi beaucoup plus d’autonomie et de soutien, ici, et mon travail est beaucoup plus valorisé qu’il ne l’était auparavant.

J’ai donc maintenant les choix suivants: 1) je me casse d’ici le plus rapidement possible; 2) je reste et j’attends simplement de voir ce qui se passe dans les deux-trois ans qui viennent; ou 3) je reste et j’attends de voir ce qui se passe dans les deux-trois ans qui viennent MAIS pendant ce temps-là je me bats contre vents et marées pour changer les choses autant que possible.

La décision n’est pas difficile à prendre, parce que je n’ai aucun choix: 1) avec la réputation qu’on vient de se tailler, il me serait très difficile de trouver du boulot ailleurs; 2) mon job (avec un contrat académique) n’existe pratiquement plus nulle part; et 3) mes exigences salariales et “tenuriales” sont bien trop élevées pour que je puisse trouver un boulot de ce niveau où que ce soit.

Je suis donc coincée ici jusqu’à ce que la FAK ferme ou que je crève, whichever comes first. Mais arriver à vivre avec moi-même dans cet environnement que je désapprouve à nonante-huit pour cent va requérir deux gros efforts: 1) vérifier régulièrement que je n’y perds pas mon âme; et 2) travailler d’arrache-pied pour tout changer autour de moi le plus possible pour combattre* déjouer les nausées quotidiennes.

Heureusement (pour moi), ma chouette voisine de bureau fait quotidiennement face aux mêmes dissonances morales, et on peut donc se soutenir l’une-l’autre dans les mauvais moments!

Je suis donc en train de lire “Radical Writing Center Praxis: A Paradigm for Ethical Political Engagement,” et je peux vous dire que c’est pas du pipeau, mortecouille!

* et 3) faire hyper attention de ne plus jamais utiliser d’expressions militaires à l’oral et à l’écrit!

13 comments

  1. Bleck

    J’écrirais bien un conseil ici et maintenant mais ce serait une énième redite, de plus je semble être le seul ici à penser que la fuite est salutaire… achète donc un stock de Paracétamol.

    Bleck

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  2. catandfivecats

    tu t’es tirée de situations très compliquées pour toi déjà auparavant, et je n’ai aucune incertitude sur tes futures années (?) à la FAK, si la KAK est toujours là..tu es une combattante!
    Passe un bon WE et à bientôt de te lire, bises
    Ton balcon est très coloré, ça fait plaisir à admirer!

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  3. Magali

    Ce sont les moutons que l’on élève sur le Larzac, les chèvres c’est dans les Cévennes 😉
    Tu as de belles fleurs bien colorées.
    La FAK ne disparaîtra pas et tu feras comme ta voisine de bureau ; une grosse colère de temps en temps pour supporter la bêtise et la goujaterie militaires. Les militaires n’ont pas envie de changer, inutile de perdre la santé à essayer de faire bouger les choses.
    Profite du bon et méprise le moins bon.

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    • Mmmmmmmm non, ne rien faire me déprimerait trop, je fais déjà partie du problème, alors si en plus j’accepte le problème et n’essaye pas de changer au moins un peu les choses, je ne pourrais plus vivre avec moi-même.

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  4. Pingback: vivre cent vies | c'est pas moi je l'jure!

Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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