c'est pas moi je l'jure!

nobody someday

Les p’tits loups, j’ai été interviewée parce que j’ai écrit un article en mai 2020 grâce à un défit lancé par une ex-camarade de classe de doctorat. Cet article racontait mes mésaventures lorsque j’ai commencé un énorme projet de recherche et que tout s’est horriblement mal passé, techniquement, financièrement, psychologiquement, et intellectuellement, et que je n’ai jamais réussi à terminer le projet. Je me suis dit que ça ferait peut-être rire quelqu’un de lire comment j’étais tombée de Charybde en Scylla en plus après from the frying pan into the fire! 

Mon article n’était pas du tout catholique. Normalement, on commence avec une introduction qui explique le but du bidule, et puis ensuite on détaille plein d’autres études qui n’ont pas démontré ce qu’on veut démontrer pour prouver la raison-d’être de notre étude, et puis ensuite on décrit le projet, les participants, la méthode, et ensuite on décrit les résultats, et finalement on conclue en expliquant qu’on a prouvé ce qu’on voulait prouver et que notre étude était la meilleure au monde mais que bon, il y avait peut-être deux-trois trucs qu’on aurait pu mieux faire.

L’organisation de mon article est la suivante: l’introduction explique pourquoi mon article n’est pas comme les autres, ensuite je raconte toutes mes mésaventures, les unes après les autres (et il y en avait beaucoup), et finalement je conclue en disant qu’on devrait peut-être s’encourager à discuter de nos difficultés avec nos collègues et amis et étudiants, quand on fait de la recherche, parce que ça aiderait les gens à se sentir moins stupide et seuls quand tout merdoie, et tout merdoie souvent!

Evidemment, les gens qui ont lu et évalué mon article n’étaient pas contents du tout! Personne ne m’a dit que j’aurais dû envoyer mon article à l’éditeur des Contes de Grimm mais presque. Mais pour la première fois de ma vie, j’ai dit que non, je refusais de faire les changements requis, parce que le style-même de mon article représentait ce que j’avais appris grâce à ce projet de recherche échoué et que j’essayais précisément d’expliquer dans cet article! (Merde, je n’ai jamais réussi à l’énoncer aussi bien que dans cette dernière phrase!)

Après quelques mois de négociations ardues, mon article a été accepté.

Quelques mois avant que l’article ne soit publié (ça prend toujours des plombes ces publications), l’éditeur en chef du journal m’a demandé si je voulais bien 1) que mon article soit en tête d’une édition spéciale de son journal, 2) qu’elle introduise mon article en proposant de commencer une discussion sur le sujet dont je parle parce que c’est un sujet très important, et 3) si je voulais bien être interviewée pour donner envie aux gens de lire cet article insolite.

Et donc cet après-midi j’ai été interviewée! Mais je suis très conflicted parce je ne sais pas si l’éditeur a fini par accepter mon article pour se débarrasser de moi et a donc dû trouver une façon d’expliquer pourquoi elle publiait ce torchon, ou si ce que j’ai écrit était vraiment bien. Toujours ce foutu imposter syndrome, même encore après toutes ces années…

Mortecouille!

11 comments

  1. Mme Chapeau

    Bravo pour ces trois bonnes nouvelles.
    Maintenant, vous avez assez d’autres soucis à gérer pour laisser toutes ces petites voix qui vous parlent d’imposture gagner. Depuis le temps, ça se saurait si vous étiez un imposteur, non?
    Alors, « please, shut up Little Voices, let Dr CaSo enjoy the good news in peace. »

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  2. L’article est sûrement bon. Mais comme les gens qui vont le lire ne sont pas habitués à sa forme peu académique, il fallait bien leur expliquer, sinon ils auraient hurlé que c’était normal que tu te soit plantée, vu que tu ne sais pas écrire correctement.

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  3. Dom

    Il est bien évident qu’un éditeur se débarrasse comme il le veut d’un auteur, mais sûrement pas en publiant son article !!!! Non non, accepte l’idée que ce que tu écris est vraiment, vraiment bien.

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  4. Ils n’auraient pas fait tout ça juste pour se débarrasser de toi! Ça serait de l’énergie inutile….si je regarde bien la photo et fais une interprétation psychologique de café comptoir: ce serait toi la petite maison devant les immeubles ? Elle n’est pas du tout un imposteur, elle était là avant, na!

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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