c'est pas moi je l'jure!

madame ma voisine

Comme j’ai déménagé très souvent dans ma vie, je n’ai jamais créé de liens avec mes voisins. A Yverdon, je ne connaissais qu’un seul type, qui qui battait sa femme. A Morges et à Chavannes, je ne me souviens de personne. En Utah, je vivais dans les dortoirs puis avec des colocs. En Indiana, mes voisins avaient adopté un chien qu’ils laissaient hurler seul toute la journée. A Toronto, personne ne parlait à personne.

Ce n’est qu’ici que j’ai fait la connaissance de voisins, mais même après presque 12 ans au même endroit, je connais relativement peu de gens (mais je sais qu’eux “me connaissent“). La première voisine dont j’ai fait la connaissance ici était un vieux couple de Néerlandais. Ils avaient immigré au Canada 40 ans plus tôt, eu des enfants et des petits enfants, et emménagé dans l’immeuble trois mois avant moi à cause des graves problèmes de santé du mari. Ils habitaient dans l’appartement juste à côté du mien et je crois qu’on avait commencé à papoter botanique depuis nos balcons respectifs, parce qu’elle faisait toujours pousser des jolies fleurs sur leur balcon (et moi sur le mien aussi parfois).

Cette gentille voisine Néerlandaise (GVN) et son mari étaient rapidement devenus des amis et elle m’invitait parfois pour boire un verre de vin et grignoter des pistaches sur leur balcon. Elle me racontait souvent les exploits de hockey de ses petits-enfants. A chaque fois qu’elle venait chez moi, elle me disait combien elle était jalouse de ma cuisine si lumineuse alors que la sienne est sombre et elle l’a toujours détestée.

La dernière fois que j’ai vu son mari, c’est quand j’avais organisé une petite fête pour célébrer ma nouvelle citoyenneté canadienne. Ils allaient toujours passer l’hiver au Mexique, et lors d’un retour à ATPN, le mari avait fait un infarctus dans l’avion qui avait dû atterrir à San Francisco, où il était mort.

Après quelques temps difficiles, nos discussions balconiques ont repris, mais ma GVN passait maintenant plus de temps chez ses enfants et petits-enfants, et sa famille aux Pays Bas, donc je la voyais moins. Mais Calinette adorait aller dans son appartement, et ma pauvre GVN la laissait s’y balader malgré ses sérieuses allergies aux chats!

Avec la pandémie, elle ne voyage plus, donc on peut se voir plus souvent. On a beaucoup rigolé et gueulé ensemble quand j’ai eu mes problèmes de balcon l’été dernier, et elle a pris tous mes pots de tomates sur son balcon! Et elle me parle maintenant souvent des soucis de ses enfants et petits-enfants qui travaillent pratiquement tous dans le pétrole et ont donc tous perdu leurs jobs récemment. Elle est profondément conservatrice à cause de ça, et donc nos discussions sur la politique sont toujours très animées! Je comprends son point de vue et c’est intéressant d’entendre ses idées et les expériences de sa famille en ces moments très particuliers. L’un de ses petit-fils devait aussi commencer à jouer au hockey dans une ligue semi-professionnelle, mais maintenant que tout est annulé, il ne sait pas s’il aura une autre chance de jouer professionnellement un jour.

Ma GVN vit vraiment dans un autre monde que le mien et je ne sais pas si on pourrait devenir de proches amies, mais je la trouve malgré tout très chouette, généreuse, drôle, pleine d’énergie, et… parfois très difficile à comprendre, avec son accent néerlandais très prononcé!

Les gens qu’on aime #14: quelqu’un qui est une voisine

24 comments

  1. Céline de Belgique

    #14: J’ai beaucoup de mal à me lier avec mes voisins mais j’ai forcé le destin rt j’ai eu une colloc à Paris! Lise est arrivée, très énergique à Paris. Je lui avais laissé la plus grande chambre car j’étais encore bien dans la petite. Mon coloc initial venait de partir (je ne souviens plus de son nom et plus grand chose de lui, ça avait duré combien de temps? Ça alors !)
    Donc Lise a débarqué avec son énergie et sa fraîcheur. Elle a invité beaucoup de ses amis sue j’ai appris à connaître et à apprécier, sa famille est aussi venue nous rendre visite. Le salon commun était plein de vie et j’ai de bons souvenirs des brunchs du dimanche matin chez nous.
    Débordante de vie, elle s’est lancée dans des cours de mosaïque, de salsa, du volley…
    J’ai passé un week-end agréable en Normandie chez sa tante, avec sa soeur et leurs copains. Avec un passage par Giverny au retour. Une belle découverte que j’ai partagée ensuite avec ma maman.
    Elle faisait aussi des expériences culinaires -enfin ce que je prenais à l’époque pour des expériences (pois chiche…)
    Elle a été un tourbillon dans ma vie et l’appart après son départ était bien vide et la présence du coloc suivant ne changeait rien.
    Nous avons gardé le contact, mais on ne se voit que trop peu. Après un déménagement à Lille pour suivre son mari elle est de retour à Paris depuis quelques années tandis que moi, je suis en Belgique. Ses enfants sont super chouettes, j´ai pu les rencontrer tous les trois lors d’un week-end mère-fille à Paris. J’espère à nouveau bientôt pouvoir organiser un week-end parisien pour les revoir.

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  2. Je réalise que je n’ai jamais vraiment échangé avec mes voisins du dessous, qui habitent là depuis une année. La voisine précédente était une vraie garce, ça m’a un peu refroidie. Mais à te lire, je réalise qu’il faut tout de même que j’essaie de leur parler. Ce sont peut-être des voisins aussi chouettes que ta GVN. Mais bon, c’est difficile d’aborder les gens tout en gardant nos distances. Ma voisine a accouché cet été mais je n’osais pas trop m’approcher pour voir son joli bébé…

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  3. ton ourson est charmant, j’ai l’impression qu’il nous sourit😉
    j’ai pensé que tu nous parlerais de ta voisine anglaise, mais on découvre une autre voisine avec qui tu as lié connaissance, c’est sympa😊
    # 14 j’ai eu quantités de voisins, plus ou moins débiles, celui qui habitait au dessous de nous, qui jouait du piano électrique pendant la sieste de notre premier bébé, et nous engueulait quand elle courrait dans le couloir😣, celui qui empoisonnait nos chats, lorsque nous étions en maison (mon mari les réanimait avec une piqûre de valium) (pourquoi on n’a pas porté plainte?), mais ceux dont je me souviens le mieux, et qui ont changé notre vie, c’était nos voisins bretons, lui était militaire, c’était il y a plus de 30 ans en Lorraine. Ils étaient très sympa, ils nous ont rendu des services, comme l’hiver où il a fait moins 20°C pendant 15 jours, et où notre compteur d’eau a gelé, plus d’eau donc, et ils nous ont approvisionné en eau pendant plusieurs jours. Ils nous ont tant vanté la Bretagne, son climat, sa beauté, que nous avons choisi de nous y installer! il faut dire qu’à l’époque les Bretons faisaient beaucoup d’enfants, et cela nous arrangeait bien 😉
    Voili!
    bon dimanche, quelques câlins à Miss Penny et des bises pour toi

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  4. # 14 Comme tout à chacun j’ai, j’ai eu plusieurs voisins des gens intéressants, des gens que nous n’avons pas fréquentés parce que le “feeling” n’y était pas, d’autres pas nombreux mais sombres connards et plusieurs qui sont devenus des amis (tu remarqueras que j’utilise ici le terme amis, pas fréquent pour moi)
    Nous habitions au rez de jardin d’une belle résidence avec un parc arboré, des coins tranquilles, une grande piscine et un terrain de tennis avec un couple de gardiens pour entretenir tout ça… top.
    Depuis toujours a chaque fois ou nous avons emménagé nous nous sommes présentés à nos voisins directs, ce qui me semble la moindre des choses. 3 semaines après notre installation c’est le printemps il fait un temps splendide Robert et Jo nos voisins du dessus tocquent à la porte “voilà, on fait un picnic avec d’autres voisins si ça vous dit ?”
    Nous nous joignons à eux, on s’installe derrière le tennis un endroit plutôt discret et on se retrouve à 3 – 4 couples de nos âges avec enfants, chacune a apporté son repas mais vite on partage une assiette etc, à l’heure du dessert ce sont 1 ou 2 personnes qui se joignent au groupe…
    Ça a duré 17 ans pour nous, 17 années de grands souvenirs nos enfants ont raffolé d’une ambiance un peu spéciale ou ça pouvait déconner sévère, mais où nous avons trouvé notre place, tout était simple on participait ou pas sans jugement de la part du groupe (certes ce n’était pas vu d’un bon oeil par l’ensemble des co-propriétaires alors on tentait de ne pas trop provoquer)
    L’hiver c’était autre chose, le cercle était beaucoup plus restreint, c’est à cette période qu’on s’est mis à jouer au cartes “sérieusement” Une période superbe.
    Les 2 couples amis, ont évolué également personne de connaissance n’habite plus cette résidence mais nous évoquons toujours cette période avec tendresse.

    Bleck

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  5. wam

    C’était dans ce quartier qui a baigné mon enfance de bonheur, de liberté et de convivialité.
    Elle s’appelait Mxxx et nous étions les meilleures copines du monde. Elle habitait en face de chez moi, dans un pavillon un peu différent et de plein pied. Je me souviens de séances de jeux de poupées chez elle, de séances de confection de gâteaux avec sa mère, de jeux dans le « petit bois » derrière chez elle, qui nous semblait être une immense forêt, je ne comprenais pas pourquoi on disait « petit « bois. Je me souviens de débats pour savoir si les basket faisaient vraiment courir plus vite, ou quoi du bois ou du métal brulait le mieux. Les parents du quartier s’étaient organisés pour conduire ramener les enfants à l’école. Donc, certains matins, j’allais chez elle et ses parents nous conduisaient. Je me souviens de la regarder coiffer ses longs cheveux noirs devant le lavabo blanc. Je me souviens d’un livre à colorier dont nous nous étions partagé les pages et du débat s’il fallait colorier l’intérieur de la bouche entr’ouverte d’un des personnages en noir ou en rouge.
    Sa tante avait écrit des livres pour enfants dont le nom du héros s’inspirait du prénom de ma copine. J’étais très impressionnée. [impossible de trouver quoique ce soit sur le net, en revanche]
    Puis ma famille a déménagé à plus de 300 km. Elle m’a manqué comme jamais. Je pense qu’on s’est écrit. Nos parents ont tenté de maintenir le contact. Je me souviens d’avoir passé au moins une journée, si ce n’est quelque jours, chez sa grand-mère, qui habitait à seulement 100 km de notre nouveau chez nous. Elle nous a demandé de chercher du persil dans le jardin. Nous avons pris des carottes. Ca nous a valu un fou rire pendant longtemps. On a appelé ca l’épisode « persil carotte » et j’y pense encore souvent, quand je prépare des carottes ou du persil.
    Plus tard, j’étais au collège, nous nous étions arrêtés chez eux sur la route de vacances, je présume. Déjà, les liens se distendaient. Si je me souviens bien, elle avait commencé à fumer, ce qui était inconcevable dans ma tête de petite collégienne sage.
    Ce qui devait arriver arriva. On a fini par se perdre de vue.
    Mes parents ont, je ne sais plus pourquoi ni comment, eu à nouveau contact avec ses parents. Ils étaient étonnés de constater qu’ils avaient repris les discussions là où elles s’étaient arrêtées 40 ans plus tôt. Mais il n’y a pas eu non plus de suite. Il faudrait que je leur demande, tiens ! Je sais grâce à ça (ou au net ?) qu’elle est devenue juriste, et universitaire. Son frère, une tête brulée turbulente est devenu journaliste et multi-entrepreneur. Je suis contente de savoir, vraiment. Mais je ne me vois pas tenter de reprendre le contact. Je pense qu’on n’a plus grand-chose à se dire, en fait.

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    • Je trouve ce genre d’histoire (qui arrive fréquemment lors de déménagements et changements d’école) triste, et en même temps, je me dis que rien ne garantissait que votre amitié durerait toute une vie. Peut-être qu’on a la chance de passer du temps avec certaines personnes pendant un moment où on a besoin de ces personnes, ou elles ont besoin de nous, et puis c’est tout. J’essaye de me consoler de tous ces amis que j’ai perdus à chacun de mes très nombreux déménagements 😉

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  6. Geneviève

    Quand on s’est installés dans cet appartement que nous sommes en train de quitter, il y a plus de 13 ans, j’ai très souvent fait jouer mes deux tout petits enfants dans la ruelle en arrière. Au bout d’un an, il y a eu une petite fille de l’âge de mon aîné qui s’est pointée de temps en temps quand on sortait, et qui, du haut de ses 4 ans avec son sourire malicieux, m’a assurée qu’elle s’appelait Caroline. Derrière elle marchait sa mère en poussant une poussette dans laquelle se trouvait une autre petite fille d’environ 1 an. Grâce à nos enfants respectifs, j’ai rencontré celle que je déclare aujourd’hui ma soeur canadienne. Moi qui ne connaissais pas le concept de “meilleure amie”, je l’ai découvert ici.
    Nos enfants ont grandi ensemble — sa plus vieille, qui m’avait menée en bateau avec son prénom, vient de fêter ses 16 ans, comme mon plus vieux dans 2 jours. Sa deuxième est une boule d’énergie et de confiance en elle. Il y a 11 ans, leur immeuble est passé au feu. À l’époque, c’est le fait que je ne décide pas de déménager qui l’a aidée à accepter d’attendre — ça a quand même pris 2 ans — la reconstruction pour revenir habiter là. Entre-temps moi j’ai eu un 3e bébé, qu’elle m’a longtemps jalousé (c’est son filleul d’ailleurs), elle en aurait tellement voulu un elle aussi…
    Ces dernières années on ne se voyait plus trop. Elle est réalisatrice à la radio et a eu un poste très difficile, sur l’émission du matin, qui la faisait se lever à 3h30 tous les jours de semaine. Anxieuse de nature, elle a fini par faire une dépression. Et moi, sans le savoir, je m’enfonçais dans la mienne… en pensant qu’elle m’ignorait volontairement… On s’est retrouvées cette année, je ne sais plus à cause de quoi. Ce qu’on peut être con des fois quand même !
    Ça me fait mal au coeur, pour elle, de quitter le quartier. Je suis longtemps restée dans le déni (“Mais non, notre appart est assez grand”) à cause de sa présence à elle : je ne voulais pas quitter cette soeur miraculeuse. Maintenant que c’est quasiment fait, c’est elle qui déprime. L’autre jour elle m’a dit “Je veux pas rentrer dans ton appart et voir que les murs sont rendus tout blancs, qu’il n’y a plus ta personnalité dedans, que tu es partie pour vrai.” Ça m’a fendu le coeur…

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    • Ton histoire est belle et triste! Est-ce que vous allez habiter loin l’une de l’autre maintenant? Il faut vous forcer à vous rencontrer une fois par semaine par exemple, et ne pas laisser la distance vous déprimer toutes les deux, parce que visiblement, vous êtes toutes les deux des personnes qui valent bien la peine de faire ce petit effort 🙂

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  7. j’aimerais bien avoir une voisine sympa et tout du moins pouvoir avoir quelques échanges… depuis qu’on est dans notre maison actuelle, on est tombé sur le quartier des gueules de cons… des petits jeunes sont arrivés récemment juste à côté, espérons qu’ils soient plus sympas!
    Je vais essayer de participer et de publier aussi à ce sujet!

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  8. Jenny

    # quelqu’un qui était une voisine : ma voisine a déménagé en août parce que son copain s’est vu proposer un super boulot à Montpellier. La première année où F. a emménagé dans l’appartement en-dessous du mien avec son copain et son fils, je ne l’ai jamais rencontrée et je ne lui ai jamais parlé non plus. Et puis, un jour je l’ai croisée au CMP où elle allait avec son fils de 7 ans et où j’ai emmené mon fils quatre ou cinq fois. Nous avons parlé un peu et je lui ai dit de ne pas hésiter à frapper à ma porte si elle avait besoin de quelque chose. De fil en aiguille, je suis allée prendre le thé chez elle plusieurs fois et nous avons papoté longuement. Elle m’a raconté sa vie, une vie à la Cosette. C’était sympa d’avoir une voisine qu’on apprécie. Quand j’ai appris qu’elle allait déménager, j’ai été un peu déçue. Ce n’était pas une amie mais une voisine sympa. On se tient au courant des nouvelles importantes par textos depuis août. Pour combien de temps ?

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Merci pour vos commentaires que j'adore :)

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