c'est pas moi je l'jure!

si loin de vous

En 2006, j’ai commencé un job un peu merdique à Toronto. Disons que c’était un très bon job mais que la fille qui bossait là-bas depuis 15 ans et qui avait essayé d’avoir mon job n’était pas trop contente de travailler pour moi! A part ça, dans le département, il y avait un couple sympa, une blonde qui n’a jamais rien dit, une Allemande qui se prenait pour Angela Merkel, une maigre toujours malade, un homosexuel qui s’ignorait encore, une fille qui a reçu le “prix goncourt canadien,” un Indien qui me draguait, une Américaine sympa, une vieille qui portait des perles et gueulait contre tout, un Américain hyper ambitieux et snob, une secrétaire qui empestait le parfum, la cheffe de département qui faisait une depression, et un mec beaucoup trop intelligent pour nous tous et qui a réussi à changer énormément de choses (en bien) parce que la nullité ambiante le tuait.

Tout le monde dans le département enseignait la littérature sauf moi bien sûr, et ce type hyper intelligent, donc tous les deux, on était un peu isolés et différents, et en plus on était les deux seuls profs célibataires dans le département, donc on est devenus amis. Il avait aussi, comme moi, fait ses études aux Etats Unis donc il était le seul à comprendre de quoi je parlais quand j’essayais d’expliquer des trucs à mes collègues avant de me rendre compte que les Américains et les Canadiens ne parlaient pas la même langue! Quand mon monde s’est effondré en janvier 2009, il a été l’un des seuls à avoir pris ma défense.

On est restés en contact quand j’ai quitté Toronto, et deux ans plus tard, il a déménagé à Ottawa. Depuis, à chaque fois que j’envoie un dossier de candidature pour un boulot, il m’écrit des chouettes lettres de recommendation. On se texte souvent, on se FaceTime parfois. Parfois c’est le silence pendant des mois mais ensuite on se retrouve comme si de rien n’était. Il me fait toujours rire, il écrit des bouquins et des articles acerbes sur les prisons et les militaires canadiens, il a un chien qui vieillit et des parents qui vieillissent, et il est, comme moi, toujours célibataire.

Ottawa, c’est loin d’ici! Je suis allée lui rendre visite en 2015 en profitant d’une conférence et c’était très sympa, mais à part ça, on ne s’est pas revus depuis 2009! Mais si je déménage à Kingston, je serai beaucoup plus proche d’Ottawa, et j’espère qu’on pourra se voir souvent.

Ce qui est aussi sympa, c’est que comme il se peut que je travaille un jour avec les militaires canadiens, j’ai pu lui poser plein de questions et il m’a raconté plein d’horreurs! Comme je suis moi aussi très antimilitariste et que ça me dérange un peu (beaucoup) de peut-être un jour travailler avec les militaires, je lui ai dit que si ça m’arrivait, on serait obligés de bruncher ensemble chaque semaine pour qu’il vérifie que le lavage de cerveau que je recevrais des militaires ne me montait pas trop à la tête!

C’est vraiment un chouette copain!

Les gens qu’on aime #1: quelqu’un qui habite loin.

18 comments

  1. ah ton (futur) boulot se précise bien😁 quelle chance d’avoir un ami tel que lui!
    alors pour te suivre, mes parents habitent très loin de chez moi, ça compte? je les aime de tout mon coeur, je les vois peu, j’espère qu’ils vivront longtemps encore, qu’ils deviendront tous les deux centenaires. Les souvenirs d’enfance que je préfère, ce sont les ceux des vacances en Espagne, et le bonheur de se baigner dans la (chaude) Méditerrannée🥰, d’être libre toute la journée, à ne rien faire d’important ou de vital!😉
    Ai je bien répondu? 😏
    bonne journée, bises

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  2. Geneviève

    Quand on était petites c’était celle de mes sœurs qui me donnait le plus d’envies de meurtre. Sans aucune exagération : je me rappelle de moments de rage rentrée où je l’aurais étranglée si ça avait été socialement acceptable. Je ne la supportais pas et c’était réciproque !
    Elle a 6 ans et demi de moins que moi, et une jumelle. J’aimais bien mieux sa jumelle, plus “gentille”, plus effacée, plus douce, plus tranquille… Elle, la jumelle “voyante”, c’était celle que les gens retenaient de la paire. Elle était — elle est toujours — colorée, grande gueule, et elle n’a peur de rien ni de personne. Ça me rendait dingue ! Moi la bonne fille à papa qui faisait tout ce qu’on attendait d’elle…
    Cette petite sœur me hérissait littéralement le poil. En plus elle avait la chambre contiguë à la mienne, et elle aimait les mêmes choses que moi. L’horreur !!
    Pendant mes années lycée et prépa, pendant que je planchais sur des sujets de philo ou d’histoire, je me tapais les gammes de sa clarinette de l’autre côté du mur, toujours les mêmes couacs aux mêmes endroits. Aujourd’hui je ne peux plus écouter de la clarinette…
    Et pourtant, c’est de cette sœur là que je m’ennuie le plus. Me manquent sa vivacité, son énergie infatigable, son humour décapant, son autodérision à toute épreuve. Et puis elle m’aide à décoder ma propre fille, qui semble plutôt prendre le bord de sa tante que de sa mère quand on parle d’attitude familiale et sociale…
    Le fait qu’on se soit tout dit, tout fait quand on était jeunes a visiblement aplani les aspérités. Avec elle je sais que je suis en sécurité quoi que je dise. Je lui parlerais tous les jours si je pouvais…enfin…si j’osais. Je ne pense pas que ça la tente autant que moi hahaha !
    Comble de bonheur, j’aime aussi beaucoup l’homme qu’elle a choisi, et ses enfants me font absolument craquer, au moins autant que les miens aux mêmes âges. C’est une chouette fille, une sœur parfaite, comme j’en souhaiterais a tout le monde. Et en plus, tu la connais ! ☺️

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  3. wam

    Les gens qu’on aime….
    Quand j’avais environ 8 ans, nous avons déménagé. j’ai vécu ce changement de ville comme un déchirement et j’ai longtemps dit que cela a signé la fin de mon enfance. Néanmoins, le but était de se rapprocher de la famille paternelle, en particulier de ma grand mère. Nous n’avions en effet aucune famille dans la ville où nous habitions précédement.
    Avec le recul, je me rends compte que c’est sans doute une des personnes qui a le plus marqué ma vie, en dehors bien sûr de mes parents et de mon frère. Justement, mon frère et moi allions chez elle de mardi soir à mercredi matin. Je ne pense pas que cette organisation était la norme de toutes mes jeunes années passées là bas, mais dans mon esprit, si, tellement ca a marquée. Je me souviens de l’eau de source locale au nom qui me paraissait imprononcable. Je repense à ma grand mère à chaque fois que j’en vois une bouteille. Je me souviens des pommes de terre épluchées au son du “jeu des 1000 francs” et de la petite sonnette de ce même jeu, presque un sentiment de transgression, tellement ce n’était pas ce que mes parents écoutaient. Transgression double, car nous avions souvent des frites, ce qui n’arrivait jamais à la maison [ceci dit, nous allions à la cantine les autres jours, avec donc son lot de frites. Point trop n’en faut pour les enfants]. Je me souviens des plats traditionnels qu’elle préparait parfois. Je me souviens de son far aux pruneaux, doux, moelleux, sucré, avec une petite attaque salée qui réveillait les papilles parce qu’elle beurrait son plat avec du beurre salé.je me souviens de sa petite maison, minuscule, mal foutue, mais mon frère et moi n’en avions cure.
    Elle était gentille, ma grand mère. Elle était raisonnable. Elle a choisit seule d’aller sur ses vieux jours en foyer logement. J’étais pleine d’admiration qu’elle ait pu prendre cette décision, qui ne doit pas être facile.
    J’étais déjà sur la fin du lycée à ce moment là, voire au début de mes études supérieures. Mes cours n’étaient pas très loin de son logement, je passais la voir autant que je pouvais, sans doute 1 fois par semaine, j’étais en prépa, je n’avais vraiment pas beaucoup de temps, et je lui racontais ma vie. Elle écoutait. Elle était contente, je crois.
    C’est aussi à ce moment là, que j’ai réalisé à quel point non seulement sa vie a été dure, mais aussi elle a tout traversé. Née, au début du 20è siecle, dans la campagne bretonne, le breton était sa langue maternelle. Elle a appris le francais de force, et seulement à l’école, où elle n’est pas restée longtemps. Il fallait bien travailler. Elle a vu son grand frère adoré partir à la guerre (14-18), pétri de trouille. Et ne jamais revenir. Elle a connu la 2e guerre mondiale, les bombardements, l’exode, la trouille au ventre de son mari et de l’ainé de ses enfants en age de travailler, restés sous les bombes. Il fallait travailler. Elle a connu la banqueroute du restau qu’elle et son mari avaient montés, du fait entre autre d’un associé pas fiable. Elle a connu la banqueroute de l’entreprise de transport de son mari. La guerre (39-45) a réquisitionné le camion. Elle a connu par 2 fois la destruction de son logement : bombardement, accident. Elle a vécu la mort d’un enfant en bas âge, la mort de son mari de maladie, de son fils ainé aussi. Elle est donc née bretonnante à la campagne et a vu les bouleversements du 20è Siècle : généralisation de l’eau courante, de l’électricité, des voitures, des salles de bain dans les maisons, de la vie en ville, du téléphone, et j’en passe, bien entendu…
    Elle est décédée à l’aube de ses 95 ans, alors que toute la famille arrivait de toute la France pour les fêter avec elle. Je suis certaine que de savoir tout le monde près d’elle l’a aidée à partir sereine.

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  4. Seer

    Tout le monde semble si loin dans les temps actuels… au bout du compte c’est moi qui suis loin, et je commence à arriver au stade où je devrais changer ça.
    Au collège, il y avait P. Il était sympa, il ne se moquait pas de moi comme les autres garçons. Une fois, nos deux mères, collègues de travail, nous ont emmenés pour préparer une sortie. Il me plaisait vraiment…Je n’ai jamais rien dit, on est trop timide à 12 ans… et là, paf, juin arrive et il déménage à Toulouse. Le bout du monde pour moi. Je n’ai jamais su ce qu’il est devenu, même avec la modernité, les réseaux sociaux, rien. Il a résisté à tout.
    Est-ce que je suis curieuse ?
    Oui. Parfois.

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  5. Céline de Belgique

    #2: j’ai voyagé avec elle au Maroc, presque sur un coup de tête: je cherche qqn pour visiter le Maroc et une amie? Banco je suis dispo!
    On A appris à mieux se connaître pendant ce voyage: se perdre dans les lieux peu touristiques, tester des plats typiques, aller au hammam avec la femme du bijoutier dont on connaissait le cousin de Paris, prendre le train et avoir soif!!
    Puis se revoir tous les 6 ans avec des enfants en plus à chaque fois et se retrouver comme si on avait fermé la porte hier…
    Bises à tous les amis de voyage

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  6. Jenny

    #2 Mon copain D. avec qui je pars en vacances depuis 2009. A l’époque, on était tous les deux célbataires. Depuis trois ans, je suis en couple mais nous partons quand même une semaine ensemble. D. est un ami d’études et nous partageons l’amour de l’art, de l’opéra, de la bonne nourriture et d’une bière bien fraîche en terrasse ! Quand nous partons tous les deux, nous parlons beaucoup et nous rions aussi de nos bêtises ! C’est un chouette compagnon de voyage.

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