c'est pas moi je l'jure!

difficile à croire

Ma copine Katrina est la fille la plus malchanceuse que je connaisse. J‘ai déjà un peu parlé d’elle donc je ne vais pas tout répéter, mais tout ce qui peut arriver comme complications dans sa vie lui arrive. C’est absolument dingue! Par exemple elle divorce et se remarie avec un mec qui, avec le temps, développe de sérieux problèmes de santé et va perdre son boulot et ne plus arriver à en trouver d’autre. Elle quitte l’Alberta parce qu’on lui offre un job en Colombie Britannique et hop, le covid débarque et elle perd son boulot avant même d’avoir commencé. Elle se trouve malgré tout une jolie maison mais la proprio développe un Alzheimer et les enfants de la proprio virent Katrina et sa famille de la baraque. Le mari de sa fille se découvre des problèmes psychologiques sérieux avec la naissance de leur premier enfant et se suicide, et quelques semaines plus tard, la fille découvre qu’elle est enceinte d’un deuxième. Par exemple.

tente

C’est avec Katrina que je suis allée visiter Fort McMurray, capitale des sables bitumineux au nord d’ici. Comme elle avait fait un reportage sur le coin dix ans auparavant, quand elle était journaliste, c’était vraiment passionnant de visiter cet endroit mythique avec elle. Notre visite d’une raffinerie sous la pluie et notre balade en avion au-dessus des mines à ciel ouvert resteront parmi les moments les plus choquants de ma vie!

C’est grâce à Katrina que j’ai essayé de prendre des jeunes en difficulté chez moi pendant quelques temps. Steven est venu passer quelques jours chez moi et c’était une expérience fascinante et aussi un peu traumatisante. (Pour ceux que ça intéresse, je vais déjeuner avec Steven environ une fois tous les six mois.)

C’est aussi Katrina qui nous a suggérées à Valvita et moi d’aller visiter Drumheller et ses environ, ce qui nous a permis de découvrir la beauté de l’Alberta et de bien rigoler aussi pendant une semaine fabuleuse!

 

C’est Katrina qui voulait le boulot à Vancouver pour lequel j’avais envoyé un dossier de candidature, et c’est donc pour elle j’ai retiré mon dossier (et j’ai appris plus tard qu’elle ne l’avais pas eu pour une raison stupide et c’était très dommage). Et c’est dans le magnifique jardin de Katrina que ma Sosso adorée est enterrée.

D’habitude, je vais souvent dans ce jardin magnifique passer du temps avec mon amie et profiter des fruits et légumes qu’elle m’offre (comme cette délicieuse rhubarbe qui a fini en oeuvre d’art). J’ai failli aller la voir quand son beau-fils s’est suicidé, mais finalement ça n’a pas été possible.

Avec Katrina, on a invité des tas d’étudiants étrangers à venir passer une chouette soirée de Noël avec nous, on a fait des cherry pies et des apple pies délicieux et moches, et on a écrit un article qui a enfin été accepté cet été après deux de révisions–mais j’aimais beaucoup travailler sur cet article avec elle, on était parfaitement complémentaires dans nos façons de travailler.

On s’est fâchées une ou deux fois, mais on s’est toujours réconciliées. Je fais toujours techniquement partie de son comité de thèse, mais sa vie est trop compliquée pour qu’elle arrive un jour à finir ce doctorat, j’en ai peur. Malgré toutes ses difficultés (et celles de sa famille), elle est généreuse, drôle, et toujours là pour soutenir ses amis même dans les pires moments. Elle me manque terriblement.

Les gens qu’on aime #25: quelqu’un qui a une vie vraiment compliquée

15 comments

  1. Jenny

    # quelqu’un qui a une vie vraiment compliquée ou difficile
    J’ai rencontré M. quand j’ai commencé à travailler dans mon ancienne boîte, en 2007. M. était très bavarde, très curieuse et elle m’a tout de suite posé beaucoup de questions. Nous partagions le fait d’avoir vécu une partie de notre enfance en Belgique, en banlieue de Bruxelles (elle portait un prénom original qui est le titre d’une chanson de Brel).
    Peutit à petit, j’ai appris l’histoire de M. : à 24 ans, elle faisait un stage dans un cabinet d’avocat après des études réussies et s’apprêtait à se marier. Et puis elle a eu des problèmes de santé et le verdict est tombé : elle avait une myopathie mitochondriale. La partie de la cellule qui fournissait de l’énergie ne fonctionnait pas.
    Son fiancé l’a plaqué, elle a perdu son boulot dans le cabinet d’avocats et elle a trouvé un travail à mi-temps dans les cours de langue.
    Lorsque je l’ai connue, elle habitait chez ses parents mais ceux-ci ont fini par lui demander de partir et elle s’est installée dans un studio aménagé pas très loin de chez eux. M. parlait à tout le monde et avait un appétit de vivre intense. Tant qu’elle a pu, elle est restée dans son studio et je l’aidais parfois, comme je pouvais. Mais son état s’est empiré en 2012, je crois, et elle a été hospitalisée dans un service gériatrique (l’horreur !) où je suis allée la voir quelquefois puis dans un hôpital plus éloigné où je ne suis pas allée… Par manque de tems et aussi par peur, je pense…
    Elle est décédée jusqte avant ses 39 ans, le soir de l’attentat au Bataclan.

    Like

  2. Geneviève

    Ahlalala la fille que je connais avec la vie la.plus compliquée, j’ai déjà parle d’elle au chapitre “quelqu’un avec qui on a travaillé” mortecouille ! Alors je te jase de mon fils.
    Il a 16 ans et beaucoup d’ambition. Son but dans la vie, c’est devenir violoniste professionnel, et il fait tout pour — et ses profs du Conservatoire estiment qu’il a un “potentiel exceptionnel”. Sauf que ça lui met des bâtons dans les roues de tout en fait : à chaque fois que ses potes organisent un truc, il est déjà booké, soit pour une répétition, soit pour un concert, soit pour une pratique de groupe, soit pour un examen ou une audition… Alors il essaie de se rattraper en jouant à des jeux de réseaux avec ses potes le soir, mais là faut pas qu’il parle trop fort rapport que son petit frère de 9 ans partage sa chambre. Déjà qu’il nous fasse tous les oreilles avec ses pratiques personnelles multi-quotidiennes et ultra répétitives…
    Ajouté à ça ensuite l’école : il est bon, mais pour ça il faut qu’il bosse, contrairement à sa sœur ou son frère qui n’en foutent pas une et réussissent bien (enfin quoique, pour la sœur faudrait qu’elle finisse par se réveiller). Alors il bosse, entre ses pratiques, examens, auditions, répétitions, etc. Calcul d’algèbre (heureusement que papa est là), analyse grammaticale (avec maman), essais d’anglais, etc. Et l’empire c’est que quand il se compare aux autres, il est sans doute celui qui bosse le plus.
    Sport : difficile de le caser dans cet agenda de ministre, alors il fait du vélo, parfois, pour se rendre à l’école.
    Vacances : généralement monopolisées par des stages de musique (qu’il se paie parfois lui-même parce qu’il est plein aux as, rapport qu’il a participé à des tournages US comme figurant), ou des répétitions intensives. C’est déjà arrivé deux fois qu’il ne puisse pas partir en même temps que nous !
    Bref, sa vie est compliquée pour un ado standard. Mais avec de l’amour et de l’humour, rien d’insurmontable…

    Like

  3. Bleck

    # 25 Quelqu’un qui a une vie vraiment compliquée.

    Ursula a une vie vraiment compliquée. Ursula est fonctionnaire de l’éducation nationale, Ursula ne s’appelle pas Ursula en fait c’est Martine mais elle préfère Ursula (authentique, Ursula est vraiment compliquée)
    Bon à la base, les fonctionnaires de l’éducation nationales sont compliqués, évident. (je n’ajoute pas de smiley, n’est-ce pas)
    Mais là je te parle d’un cas spécial, Ursula pour son alimentation l’éducation de sa fille, ses relations humaine rien n’est simple pour Ursula elle est vraiment compliquée, juste un exemple, l’immobilier :
    Jeune, Ursula a décidé d’arrêter de travailler le plus tôt possible elle mise donc tout sur l’immobilier, se prive de beaucoup de petits plaisirs afin de se constituer un capital pierre, et ça marche petit à petit elle engrange les apparts, mieux elle se maque avec un maçon, pas fénéant le maçon, ils construisent, ils construisent et ils retapent ils n’arrêtent pas de bosser pas de vacances, pas de superflu tout pour le projet d’immobilier et ça marche, ils trouvent le temps de faire un gosse (youpiii)
    Le maçon bosse trop il n’arrête plus, Ursula s’ennuie elle vire le maçon, essaie d’élever seule leur fille.
    La séparation se passe très mal, vraiment très mal le maçon est très bosseur, n’est pas con, il s’entoure d’avocats l’affaire traîne des années et des années… aujourd’hui rien n’est réglé le capital immobilier est bien présent mais gelé, Ursula n’en a pas le bénéfice, dans deux ans elle sera à la retraite comme tout fonctionnaire de l’éducation nationale.

    (leur fifille elle, se régale crois-moi)

    Bleck

    Like

    • Punaise, les histoires de séparations de couples c’est si souvent l’horreur!!! Pauvre Ursula! Quand j’ai acheté un appartement à Toronto, je suis allée signer les papiers chez l’avocate et la première chose qu’elle m’a dit, même avant “bonjour,” c’était “ne te marie jamais!” Elle m’a dit que même si c’était la femme qui avait payé à 100% pour l’achat de l’appartement, le mari avait droit à 50% lors d’un divorce!

      Like

  4. wam

    #25: quelqu’un qui a une vie vraiment compliquée
    Elle a plus de 70 ans maintenant. Elle n’est pas du genre à se plaindre, à se lamenter sur son sort. Je la vois plutôt comme le brave soldat qui avance quoiqu’il arrive.
    Néanmoins : elle est brouillée avec son frère, ils ne se parlent plus que par voies de justice, pour des histoires de sous, je crois. La petite entreprise de son mari, où elle travaillait, bénévolement, de ce que j’ai compris, comme c’était trop souvent le cas dans les années 70, a fait faillite. Ils ont donc dû retourner vivre chez ses parents, pauvre maison dénuée de confort, puis à 4 dans un studio quand ca commencait à aller un peu mieux. Les travaux pour la maison qu’ils faisaient construire ont dû être interrompus. Et n’ont jamais pu reprendre. Son mari a retrouvé du boulot, loin, ils ont déménagé plusieurs fois, toujours dans des conditions d’hébergement difficiles. Elle a dû laisser ses enfants Lycéens / tout juste en études supérieures se débrouiller seuls. Quand ils ont pu revenir auprès de leurs enfants, son mari est tombé malade. Période difficile pour toute la famille, dont personne ne s’est bien remis à mon sens. Elle a du travailler tard, longtemps, n’ayant pas cotisé assez longtemps du fait du travail “bénévole” dans l’entreprise familiale. Elle s’est occupée de sa vieille mère qui est morte d’une fausse route sous ses yeux. Elle a vu mourir son mari. Et son fils ainé dans ses bras.
    Mais elle reste enjouée, solide, aidante.
    (c’est un peu déprimant, ce sujet, non ?)

    Like

  5. Céline de Belgique

    #26: j’ai beau me creuser la tête, je ne vois personne qui ait une vie compliquée. Je ne cherche pas à ´surpasser’ les vies compliquées lues ici, je dois seulement m’entourer de gens au parcours simple.
    Je peux parler de S qui a eu une vie compliquée mais je dois avouer qu’elle n’est que l’amie d’une amie.
    Elle est arrivée dans notre classe au lycée en fauteuil roulant. Elle venait de Yougoslavie où un accident de guerre lui a coûté sa mobilité. Et sa mère n’avait pas survécu.
    Elle avait des difficultés à parler français et une toute petite voix. Grâce à des aides diverses, elle a pu passer son bac- je parle d’aides pour le côté physique, car elle était bonne élève. Et a bien rattrapé son retard en français. J’ai participé parfois pour l’aider quand qn me le demandait mais je n’étais pas proche d’elle. Et je n’étais pas spontanée ni empathique.
    Elle a pu faire des études à Strasbourg et mon amie a gardé le contact et me transmettait des nouvelles. J’ai dû la revoir ine ou deux fois.
    Sa vie était difficile car elle souffrait de son dos et avait besoin régulièrement de chirurgies et récemment nous avions été sollicité pour participer financièrement à l’achat d’un nouveau fauteuil.
    Rn février dernier, j’ai appris qu’elle s’était laissée mourir dans son appartement. Je pense que c’était devenu trop difficile pour elle.
    J’ai eu de la peine pour elle, de connaître les conditions de sa mort et l’isolement dans lequel elle était. Et jr me suis demandée pourquoi je n’avais pas suivi mon amie qui avait gardé le contact. Peut-être avais-je peur de n’être guidée que par la pitié ? Je n’avais pas ressenti les pepites de l’amitié. Est-ce que je m’eloigne de ce type de personnes pour me protéger ?
    Je n’aurai peut-être pas dû écrire sur elle, d’après la consigne initiale ?
    Et bien voilà j’ai ajouté ma pierre à l’édifice pour ce post un peu déprimant…

    Like

Merci pour vos commentaires que j'adore :)

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: